# 10 francs or

> Petite pièce de 19 mm pour 3,22 g, le 10 francs or porte la moitié du métal d'un 20 francs, d'où son surnom de demi-napoléon. La France l'a fabriqué entre 1850 et 1914 avec quatre dessins successifs : Cérès, Napoléon III tête nue, Napoléon III tête laurée et Coq. Plus discret que son grand frère, il apparaît pourtant régulièrement dans les héritages, et certaines années à faible tirage retiennent l'attention des collectionneurs.

Mise à jour : 2026-10-31

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or à 900 ‰ |
| Poids | 3,2258 g, arrondi à 3,22 g |
| Or fin | 2,903 g |
| Diamètre | 19 mm ; environ 17 mm pour le petit module de 1854-1855 |
| Épaisseur (Coq) | Environ 0,8 mm |
| Périodes de frappe | 1850-1851 ; 1854-1868 ; 1878-1899 ; 1899-1914 |
| Ateliers | A (Paris) pour tous les types ; BB (Strasbourg) pour Napoléon III seulement |
| Démonétisation (Coq) | 25 juin 1928 |
| Références | Le Franc F.504 à F.509 ; Coq : KM 846, Gadoury 1017 |

## 10 francs or : reconnaître la pièce

- **Avers** : Quatre possibilités. Tête de Cérès couronnée d'épis, inscription « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1850-1851, puis 1878-1899). Tête nue, puis laurée, de Napoléon III avec « NAPOLEON III EMPEREUR » (1854-1868). Marianne coiffée du bonnet phrygien avec « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1899-1914).
- **Revers** : Pour la Cérès et Napoléon III : « 10 FRANCS » et l'année, entourés de l'inscription de la République ou de « EMPIRE FRANÇAIS », avec la lettre d'atelier sous la mention de la dénomination. Pour le Coq : un coq debout et « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ », sans lettre d'atelier.
- **Tranche** : Cannelée en règle générale. Le Napoléon III de 1854 en petit module existe aussi avec une tranche lisse.
- **Graveur** : Louis Merley (Cérès) ; Jacques-Jean Barre, puis son fils Albert-Désiré Barre (Napoléon III) ; Jules-Clément Chaplain (Coq).

## 10 francs or : millésimes et tirages

Les types se suivent dans l'ordre où ils ont été frappés. Pour chacun, le tableau garde surtout les années extrêmes : les plus abondantes et les plus maigres. À regarder de près : les lignes de 1855 et 1858 de Strasbourg (BB), la Cérès de **1895** et de **1850**, et le Coq de **1909**.

| Type | Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Cérès, IIe République | 1850 | A | 592 051 | Deux coiffures : oreille relevée ou basse |
| Cérès, IIe République | 1851 | A | 3 115 226 | Abondante |
| Napoléon III tête nue, petit module | 1854 | A | 3 899 802 | Tranche lisse ou cannelée |
| Napoléon III tête nue, petit module | 1855 | A | 959 190 | Fin du petit module |
| Napoléon III tête nue | 1855 | BB | 32 188 | Tirage de 32 188 pièces |
| Napoléon III tête nue | 1857 | A | 14 498 136 | Année la plus abondante de tous les 10 francs |
| Napoléon III tête nue | 1858 | BB | 677 326 | Moins d'un million |
| Napoléon III tête nue | 1859 | BB | 3 214 583 | Plus de trois millions |
| Napoléon III tête nue | 1860 | A | 6 363 131 | 6 fermé, 6 ouvert, différent abeille |
| Napoléon III tête laurée | 1862 | A | 2 844 037 | Aussi en type hybride à petit 10 |
| Napoléon III tête laurée | 1862 | BB | 1 461 785 | Première tête laurée de cet atelier |
| Napoléon III tête laurée | 1863 | BB | 1 905 372 | Lettres petites ou grandes |
| Napoléon III tête laurée | 1866 | A | 3 719 748 | Année la plus abondante de la tête laurée |
| Napoléon III tête laurée | 1867 | A | 1 204 755 | Plus petit tirage parisien de la tête laurée |
| Napoléon III tête laurée | 1868 | BB | 1 225 954 | Fin du type |
| Cérès, IIIe République | 1878 | A | 30 | Flan bruni à tranche lisse |
| Cérès, IIIe République | 1889 | A | 100 | Flan bruni |
| Cérès, IIIe République | 1895 | A | 213 999 | Plus petit tirage courant de la IIIe République |
| Cérès, IIIe République | 1896 | A | 585 010 | Moins d'un million |
| Cérès, IIIe République | 1899 | A | 1 600 000 | Fin de la Cérès |
| Coq | 1899 | sans lettre | 698 503 | Lancement ; aussi sur flan mat |
| Coq | 1900 | sans lettre | 1 570 433 | Aussi sur flan mat |
| Coq | 1906 | sans lettre | 3 665 353 | Année la plus abondante du Coq |
| Coq | 1909 | sans lettre | 598 795 | Année la plus maigre du Coq |
| Coq | 1914 | sans lettre | 3 047 863 | Fin de la série |

Chiffres tirés des tableaux de BDOR, type par type ; découpage des types d'après Le Franc (F.504 à F.509). Pour le Coq, Numista (d'après Le Franc) concorde sauf en 1899, où il indique 689 503 ; il ne liste aucune frappe en 1902, 1903, 1904 et 1913. CoinVarieties compte 32 146 pièces au lieu de 32 188 pour la ligne 1855 BB. Lorsqu'une année a plusieurs variétés, le chiffre les additionne.

## Mesurer avant de lire

Sur une pièce usée, la mention de la dénomination se lit parfois mal. Un pied à coulisse et une balance de cuisine précise au centième lèvent le doute en quelques secondes. Un 10 francs or mesure **19 mm** et pèse **3,22 g** ; le 20 francs, 21 mm et 6,45 g. La seule exception est le petit module de 1854-1855, d'environ 17 mm pour le même poids.

Attention à ne pas le confondre avec le **5 francs or** de Napoléon III, plus petit encore et deux fois plus léger. Le portrait est le même, mais la mention « 5 FRANCS » figure au revers.

Il n'existe **pas de 10 francs or au Génie** : ce dessin a été réservé aux pièces de 20, 50 et 100 francs. Si l'on vous présente un « 10 francs Génie », il s'agit d'une confusion avec le [20 francs Génie](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/20-francs-or-genie/) ou d'une imitation.

Le Coq de 10 francs reprend trait pour trait le dessin du [20 francs Coq](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/20-francs-or-coq-marianne/). Seule la mention « 10 Fcs » sous l'oiseau, et bien sûr la taille, les séparent.

## Quatre visages de 1850 à 1914

**Cérès** (1850-1851, puis 1878-1899). La déesse des moissons porte une couronne d'épis. Sa première apparition, sous la IIe République, se fait à plus de trois millions d'exemplaires en 1851. Son retour sous la IIIe République reste confidentiel, autour de 2,4 millions de pièces en vingt ans.

**Napoléon III tête nue** (1854-1860). L'empereur apparaît sans couronne. En 1854 et 1855, la pièce est frappée en petit module ; elle passe ensuite à 19 mm en devenant plus mince, d'où la coexistence des deux tailles en 1855. C'est le type le plus produit, avec plus de 60 millions de pièces en grand module selon BDOR.

**Napoléon III tête laurée** (1862-1868). Une couronne de laurier ceint la tête de l'empereur. En 1862, un premier revers, dit hybride, montre un « 10 » plus petit que celui du type définitif.

**Coq** (1899-1914). Marianne au bonnet phrygien et coq dressé, par Jules-Clément Chaplain, sans lettre d'atelier. Environ 23,9 millions de pièces, toutes de Paris, sur douze années de frappe. Numista date sa démonétisation du 25 juin 1928. Pour situer ces règnes, voyez les [monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## Les années à surveiller

Le tableau montre des écarts considérables. L'année 1857, à Paris, dépasse 14 millions de pièces ; la ligne 1855 BB, frappée à Strasbourg, n'en compte que 32 188, le plus petit tirage de toutes les pièces de 10 francs or destinées à la circulation. Celle de 1858, à 677 326 pièces, est également recherchée.

Sous la République, la Cérès de **1895** (213 999) est la plus faible des années courantes, suivie de 1896 (585 010). La Cérès de **1850**, à 592 051 exemplaires, intéresse aussi les collectionneurs, avec ses deux variétés de coiffure. Pour le Coq, **1909** se distingue avec 598 795 pièces, et 1899 reste sous les 700 000.

Deux familles sont à part : les flans brunis de 1878 (30 pièces) et de 1889 (100 pièces), frappés pour des présentations, et les Coq sur flan mat de 1899 et 1900. On ne les trouve pas dans un héritage courant. Pour une date faible, la vérification par un numismate est utile : la page [estimation de pièces](https://numismatique-le-havre.fr/estimation-pieces/) explique la démarche.

## Variétés et contrefaçons

Les variétés du 10 francs se lisent presque toujours à la loupe. En 1854, le petit module a d'abord reçu une tranche lisse, avec un A de grande ou de petite taille, avant de passer à la tranche cannelée. À Paris en 1860, la forme du 6 (fermé ou ouvert) et le différent abeille distinguent plusieurs émissions. Sous la tête laurée, l'atelier de Strasbourg (BB) a utilisé des lettres d'atelier petites ou grandes selon les années. La Cérès de 1850 se décline enfin selon la position de l'oreille dans la chevelure.

Côté copies, les types Napoléon III et Coq sont les plus imités. Une pièce aussi légère pardonne peu : un écart de plus de quelques centièmes de gramme doit alerter, comme une épaisseur inhabituelle pour 19 mm. Examinez la régularité des cannelures, la finesse des cheveux et la netteté des lettres. Une pièce percée, soudée ou retirée d'une monture de bijou garde son or, mais perd l'essentiel de son intérêt pour une collection. Le [guide des fausses pièces](https://numismatique-le-havre.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) décrit les contrôles à la portée de tous.

## L'usure sur une petite pièce

À 19 mm, les reliefs sont fins et quelques années de poche suffisent à faire perdre un grade. Chaque type a ses points sensibles.

**Napoléon III** : les cheveux au-dessus de l'oreille et la barbiche s'aplatissent d'abord ; sur la tête laurée, ce sont les nervures des feuilles. **Cérès** : les grains des épis et les mèches du front ; quand les grains se confondent, la pièce est au mieux TB. **Coq** : les cheveux sous le bonnet de Marianne, puis le poitrail et l'aile du coq.

Les champs, réduits, rendent chaque rayure plus visible que sur un 20 francs. Ne cherchez pas à raviver l'éclat d'une pièce terne : le nettoyage laisse des traces définitives. Voyez [pourquoi ne pas nettoyer une pièce](https://numismatique-le-havre.fr/guides/nettoyer-une-piece/) et le [guide des états de conservation](https://numismatique-le-havre.fr/guides/etats-de-conservation/), ainsi que la page des [monnaies en or](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-or/).

## 10 francs or au Havre

Le premier 10 francs or est créé en 1850, alors que l'atelier de Rouen (lettre B) fonctionne encore. Il n'en a pourtant frappé aucun : le catalogue Le Franc ne recense, type par type, que Paris (A) et Strasbourg (BB) pour Napoléon III, jamais la lettre B. Après la fermeture de l'atelier normand à la fin des années 1850, la question ne se pose plus pour la Cérès et le Coq. Au Havre et en Normandie, on retrouve donc des 10 francs or de Paris dans les successions, sans variante normande. L'histoire de l'atelier est détaillée sur la page de l'[atelier de Rouen](https://numismatique-le-havre.fr/atelier-de-rouen/).

## Questions fréquentes

### Existe-t-il des 10 francs or frappés à Rouen ?

Non. Le Franc ne recense aucune lettre B pour les 10 francs or, ni pour la Cérès de 1850-1851, ni pour Napoléon III, alors que l'atelier de Rouen était encore ouvert à ces dates.

### Mon 10 francs Coq est daté 1903 : est-ce possible ?

Les tables de Numista et de BDOR ne mentionnent aucune frappe en 1902, 1903, 1904 ni 1913. Une telle date mérite d'être examinée par un numismate.

### Comment distinguer un 10 francs or d'un 5 francs or de Napoléon III ?

Par la mention au revers et par le poids : 3,22 g pour le 10 francs, deux fois moins pour le 5 francs.

### Pourquoi deux 10 francs Napoléon III de 1855 n'ont-ils pas la même taille ?

En 1855, le petit module d'environ 17 mm cède la place au module de 19 mm, plus mince et de même poids. Les deux tailles portent donc la date 1855.

## Sources

- Le Franc, liste des types de 10 francs or
- Le Franc, 10 francs Cérès IIe République (F.504)
- Le Franc, 10 francs Napoléon III petit module tranche cannelée (F.505A)
- Le Franc, 10 francs Napoléon III tête nue (F.506)
- Le Franc, 10 francs Napoléon III tête laurée (F.507A)
- BDOR, 10 francs Cérès 1850-1851
- BDOR, 10 francs Napoléon III petit module
- BDOR, 10 francs Napoléon III grand module
- BDOR, 10 francs Napoléon III lauré
- BDOR, 10 francs Cérès IIIe République
- BDOR, 10 francs Coq Marianne
- Numista, 10 francs Coq, N# 6007
- CoinVarieties, 10 francs 1855 BB
- Numista, atelier B : Rouen (?-1858)

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Source : https://numismatique-le-havre.fr/pieces/10-francs-or/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – LE HAVRE, Maison Or & Bijoux Le Havre, 46 place de l'Hôtel de Ville, 76600 Le Havre, 02 35 55 00 37. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
