# La 100 francs or, de Napoléon III au Génie

> Le franc germinal n'a jamais connu de pièce d'or plus grande : la 100 francs mesure 35 mm et pèse 32,26 g, à 900 millièmes. Napoléon III l'introduit en 1855 avec son portrait, d'abord sans couronne puis lauré ; la IIIe République la reprend en 1878 avec le Génie de Dupré, jusqu'au millésime 1914. Les pièces impériales, peu nombreuses, viennent de deux ateliers ; le Génie sort tout entier de Paris.

Mise à jour : 2026-10-31

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or, titre 900 ‰ |
| Poids | 32,26 g |
| Or fin | 29,032 g |
| Diamètre | 35 mm |
| Frappes | 1855 à 1859, 1862 à 1870, puis 1878 à 1914 (Génie) |
| Ateliers | Paris (A) et atelier BB de 1855 à 1869 ; Génie : Paris uniquement |
| Graveurs | Famille Barre ; modèle du Génie : Augustin Dupré |
| Tranche | En relief : formule religieuse jusqu'en 1906, devise républicaine ensuite |
| Quantités frappées | Environ 443 000 pièces impériales (346 514 + 96 950), 438 595 Génie |
| Numéros de catalogue | F.550, F.551, F.552, F.553 (Le Franc) ; KM 786, KM 802, KM 832 pour le Génie de 1878-1906 ; Gadoury 1135 à 1137 (CoinVarieties) |

## La 100 francs or, de Napoléon III au Génie : reconnaître la pièce

- **Avers** : Napoléon III de profil, tourné à droite, entouré de la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » : tête nue de 1855 à 1859, tête laurée de 1862 à 1870, le nom du graveur BARRE lisible sous la troncature du cou. Génie : personnage ailé debout qui grave une tablette, un faisceau couronné d'une main de justice d'un côté, un coq de l'autre ; légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
- **Revers** : Second Empire : grandes armes impériales, aigle sur foudre au centre du collier de la Légion d'honneur, devant un manteau ; légende « EMPIRE FRANÇAIS » ; valeur « 100 FRS » séparée par l'écu ; lettre d'atelier et millésime en bas. IIIe République : valeur et millésime à l'intérieur d'une couronne.
- **Tranche** : Lettres en relief sur toute la circonférence. Formule « DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour l'Empire et pour le Génie de 1878 à 1906, devise « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ » pour le Génie de 1907 à 1914. Les essais et les flans brunis n'ont pas d'inscription.
- **Graveur** : Tête laurée et Génie : Désiré-Albert Barre, le Génie reprenant une composition d'Augustin Dupré de 1792. Tête nue : Désiré-Albert d'après BDOR et Abacor, son père Jacques-Jean d'après CoinVarieties.

## La 100 francs or, de Napoléon III au Génie : millésimes et tirages

Ce relevé insiste sur les dates de Paris sous la tête laurée, souvent oubliées, et sur l'évolution du Génie, des années creuses de la fin du XIXe siècle aux tirages réguliers d'avant 1914. Les deux plus petits chiffres de toute la série : **1889** (100) et **1894** (143).

| Année | Atelier | Pièces frappées | Note |
| --- | --- | --- | --- |
| 1855 | A | 50 901 | Année de création |
| 1856 | A | 56 803 |  |
| 1857 | A | 103 447 | Plus gros tirage impérial |
| 1858 | A | 92 050 |  |
| 1858 | BB | 1 928 | Très faible |
| 1859 | A | 21 626 | Dernière tête nue de Paris |
| 1863 | BB | 5 078 | Seul atelier actif cette année |
| 1864 | A | 5 536 | Retour de Paris |
| 1865 | A | 1 517 | Plus faible tirage impérial |
| 1867 | A | 4 309 |  |
| 1868 | A | 2 315 | Faible |
| 1868 | BB | 1 982 | Faible |
| 1869 | A | 28 872 |  |
| 1870 | A | 10 460 | Refonte presque totale selon BDOR |
| 1878 | A | 12 814 | Exposition universelle ; 30 flans brunis |
| 1879 | A | 38 601 | Ancre simple et ancre barrée |
| 1885 | A | 2 894 |  |
| 1889 | A | 100 | Exposition universelle |
| 1904 | A | 20 000 |  |
| 1907 | A | 20 000 | Nouvelle tranche |
| 1911 | A | 30 067 |  |
| 1913 | A | 30 184 |  |
| 1914 | A | 1 281 | Frappé en 1921 |

Chiffres issus de BDOR et d'Abacor, qui concordent ; découpage des types d'après Le Franc. Dates BB non reprises ici : 1855 (5 049), 1859 (14 710 selon BDOR, 14 698 selon CGB d'après Le Franc 2023, 9 305 selon CoinVarieties), 1862 (3 078), 1866 (3 075), 1867 (2 807), 1869 (12 230 selon BDOR, 14 412 selon CoinVarieties). Autres dates faibles du Génie : 1887 (234) et 1896 (400). Pour 1879, un seul total est connu pour les deux différents.

## Dater la pièce en quatre gestes

- **Mesurer** : 35 mm et 32,26 g signent une 100 francs ; à 28 mm, c'est une 50 francs du même dessin.
- **Regarder l'avers** : un empereur sans laurier, c'est 1855 à 1859 ; avec laurier, 1862 à 1870 ; un Génie ailé, 1878 à 1914.
- **Chercher la lettre** sous les armes impériales : A pour Paris, BB pour l'autre atelier ; le Génie n'a que A.
- **Lire la tranche** d'un Génie : l'ancienne formule s'arrête en 1906, la devise républicaine commence en 1907.Le [guide des ateliers monétaires](https://numismatique-le-havre.fr/guides/ateliers-monetaires/) reprend les lettres de toutes les monnaies françaises.

## Pourquoi les pièces impériales sont rares

Pour une monnaie d'or, l'Empire a peu frappé ce module : moins de 450 000 pièces en seize ans, deux types confondus. La tête laurée, de 1862 à 1870, n'atteint pas 100 000 exemplaires au total. Certaines dates de Paris descendent à quelques milliers de pièces, comme 1865 (1 517) ou 1868 (2 315), et l'atelier BB ne dépasse jamais 15 000 pièces par an.

La dernière année ajoute une perte : selon BDOR, les 10 460 pièces de 1870 ont presque toutes été refondues. La pièce elle-même avait été créée, avec la 50 francs, par un décret du 12 décembre 1854, d'après BDOR et Abacor. Le [5 francs or Napoléon III](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/5-francs-or-napoleon-iii/) et le [20 francs or Napoléon III](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/) appartiennent à la même famille de portraits, sur de bien plus petits modules.

## 1907 : la tranche change, comme sur le Coq

Repris en 1878 par la République, le module reçoit le Génie de Dupré. Les premières décennies sont irrégulières : les années d'Exposition universelle, 1878 et 1889, encadrent des millésimes à quelques centaines de pièces. Puis, de 1899 à 1913, Paris frappe chaque année de 10 000 à 30 000 exemplaires environ.

En 1907, l'inscription de tranche abandonne « DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Le [20 francs or au Coq](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/20-francs-or-coq-marianne/) connaît le même changement la même année. Une tranche qui ne correspond pas à la date doit éveiller la méfiance.

Le millésime 1914 n'est frappé qu'en 1921, à 1 281 exemplaires, puis la loi du 25 juin 1928 sur le franc Poincaré démonétise la pièce, toujours d'après BDOR et Abacor. Les [monnaies de la IIIe République](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-francaises/troisieme-republique/) présentent le reste de la période.

## Essais, épreuves et imitations

Plusieurs pièces sortent de l'ordinaire. Pour 1855, Le Franc et BDOR citent une épreuve de Paris sans inscription de tranche, avec un A sur l'avers, et des essais. Pour 1861, BDOR seul décrit des épreuves sur flan bruni où une étoile remplace l'abeille du cou (cinq branches) et la lettre d'atelier (six branches). Des essais de 1862 et 1868 complètent l'Empire.

Sous la République, on relève 30 flans brunis et deux essais en 1878, une frappe sur flan bruni datée 1900, et pour 1879 deux différents : l'**ancre simple** et l'**ancre barrée**.

Les imitations existent, en or de faible titre comme en métal doré. Une pièce trop légère ou trop épaisse pour son diamètre, une teinte inhabituelle, des lettres de tranche mal alignées ou un relief mou doivent faire douter. Voir le [guide pour reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-le-havre.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Lire l'état de conservation

Napoléon III tête nue : surveillez les mèches au-dessus de l'oreille et le relief de la joue. Tête laurée : les nervures des feuilles. Revers impérial : plumes de l'aigle, faisceau du foudre, maillons du collier. Génie : l'épaule et la poitrine s'usent avant les ailes et le coq ; au revers, les feuilles de la couronne se lissent.

Les grosses pièces d'or portent aussi des chocs de manipulation, sur la tranche comme dans les champs. Même sans usure, de nombreuses marques font baisser l'état. Ne cherchez pas à nettoyer la pièce. Le [guide des états de conservation](https://numismatique-le-havre.fr/guides/etats-de-conservation/) détaille la méthode ; la page [sur le nettoyage des pièces](https://numismatique-le-havre.fr/guides/nettoyer-une-piece/) dit pourquoi s'en abstenir.

## Même nom, autre pièce

Trois pièces au moins portent la même valeur sans être la même monnaie. La 100 francs or Bazor (1929-1936) mesure 21 mm pour 6,55 g et montre une tête de la République au bonnet phrygien ; elle n'a jamais servi dans la vie courante. Les 100 francs en argent commémoratives de 1982 à 2001 et les 100 francs en or de collection de la Monnaie de Paris sont des émissions modernes. Monaco a enfin frappé à Paris, sous Charles III et Albert Ier, des 100 francs or au même module, reconnaissables aux armes princières et à la mention « CENT FRANCS ».

Pour replacer la pièce parmi ses contemporaines, consultez les [monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/) et les [monnaies d'or](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-or/).

## La 100 francs or, de Napoléon III au Génie au Havre

L'atelier normand de Rouen, dont les pièces portent la lettre B, aurait pu frapper la 100 francs : il fonctionnait encore quand elle est née en 1855. Il n'en a pourtant produit aucune. Les catalogues ne connaissent pour ce module que les lettres A et BB, et les dernières frappes rouennaises sont des bronzes de 1857, avant la fermeture de l'atelier en 1858. Une 100 francs trouvée dans une famille du Havre vient donc forcément de Paris ou de l'atelier BB. L'histoire de l'atelier normand est racontée sur la page de l'[atelier de Rouen](https://numismatique-le-havre.fr/atelier-de-rouen/) ; pour votre pièce, l'[estimation gratuite](https://numismatique-le-havre.fr/estimation-pieces/) permet de la montrer à un numismate.

## Questions fréquentes

### Existe-t-il une 100 francs or frappée à Rouen ?

Non. Seuls Paris (A) et l'atelier BB ont frappé ce module sous Napoléon III, et le Génie ne porte que la lettre A. Rouen a cessé de frapper après ses bronzes de 1857.

### Ma 100 francs Génie est datée 1914 : est-elle de 1914 ?

Elle porte cette date, mais BDOR et Abacor indiquent qu'elle a été fabriquée en 1921, à 1 281 exemplaires seulement.

### Combien de 100 francs tête laurée ont été frappées ?

96 950 au total entre 1862 et 1870, Paris et atelier BB réunis, d'après BDOR et Abacor.

### Les 100 francs or de 1878 et de 1889 ont-elles un lien avec les Expositions universelles ?

Elles portent les dates des deux Expositions universelles de Paris. En 1889, seulement 100 pièces ont été frappées, le plus petit tirage de la série.

## Sources

- Le Franc, 100 francs or (F.550 à F.554)
- Le Franc, 100 francs Napoléon III tête nue (F.550)
- Le Franc, 100 francs Napoléon III tête laurée (F.551)
- Le Franc, 100 francs Génie tranche « Dieu protège la France » (F.552)
- Le Franc, 100 francs Bazor (F.554)
- BDOR, 100 francs Napoléon III tête nue
- BDOR, 100 francs Napoléon III tête laurée
- BDOR, 100 francs Génie
- BDOR, 100 francs Bazor
- BDOR, 100 francs Albert Ier (Monaco)
- Abacor, 100 francs or Génie
- CGB, 100 francs or Napoléon III tête nue 1859 BB (F.550/8)
- CoinVarieties, 1859-BB 100 francs
- CoinVarieties, 1869-BB 100 francs
- CoinVarieties, 1879-A 100 francs
- Wikipédia, Jacques-Jean Barre
- Wikipédia, Pièce de 20 francs Coq (changement de tranche en 1907)
- CGB, 10 centimes Napoléon III tête nue 1857 Rouen (F.133/42)
- Numista, atelier B de Rouen (actif jusqu'en 1858)

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Source : https://numismatique-le-havre.fr/pieces/100-francs-or/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – LE HAVRE, Maison Or & Bijoux Le Havre, 46 place de l'Hôtel de Ville, 76600 Le Havre, 02 35 55 00 37. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
