# Bon pour 50 centimes, 1 franc et 2 francs des Chambres de commerce

> Ces pièces jaunes, signées « COMMERCE INDUSTRIE » autour d'un Mercure assis, ont remplacé la petite monnaie d'argent dans les poches des Français au début des années 1920. Le revers ne dit pas « République française » mais « Chambres de commerce de France, bon pour » : il s'agit d'une monnaie de nécessité, frappée en centaines de millions d'exemplaires. On en retrouve donc très souvent dans les boîtes de famille, presque toujours dans des dates courantes.

Mise à jour : 2026-10-31

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Bronze d'aluminium (environ 91 % de cuivre, 9 % d'aluminium) |
| Poids | 2 g (50 centimes), 4 g (1 franc), 8 g (2 francs) |
| Diamètre | 18 mm (50 centimes), 23 mm (1 franc), 27 mm (2 francs) |
| Années de frappe | 1920 à 1927 pour le 1 franc et le 2 francs ; 1920 à 1929 pour le 50 centimes |
| Atelier | Paris, sans lettre d'atelier |
| Graveur | Joseph-François Domard (« DOMARD INV. ») |
| Démonétisation | 5 août 1949 |
| Références | Le Franc F.191 (50 c), F.218 (1 F), F.267 (2 F) ; KM 884, 876 et 877 |

## Bon pour 50 centimes, 1 franc et 2 francs des Chambres de commerce : reconnaître la pièce

- **Avers** : Mercure, dieu du commerce, assis à gauche sur un ballot de marchandises, coiffé du pétase ailé. Il tient un caducée, s'appuie sur un gouvernail antique, et une corne d'abondance apparaît derrière lui. Légende : « COMMERCE INDUSTRIE ». À l'exergue, le millésime est placé entre « DOMARD » et « INV. ».
- **Revers** : Légende circulaire « CHAMBRES DE COMMERCE DE FRANCE ». Au centre, sur trois lignes : « BON POUR », le chiffre, puis « FRANCS » (ou « FRANC », « CENTIMES »). Dessous, la corne d'abondance, différent de la Monnaie de Paris (CGB parle de la marque de la Régie des monnaies), et la mention « BR. AL. » pour bronze d'aluminium. Aucune lettre d'atelier : tout a été frappé à Paris.
- **Tranche** : Cannelée sur le 2 francs. Pour le 1 franc et le 50 centimes, les catalogues consultés ne s'accordent pas (lisse ou cannelée).
- **Graveur** : Joseph-François Domard (1792-1858), graveur de médailles. Le Mercure reprend un de ses modèles du XIXe siècle, d'où la mention « INV. » (il l'a inventé), alors qu'il était mort depuis plus de soixante ans.

## Bon pour 50 centimes, 1 franc et 2 francs des Chambres de commerce : millésimes et tirages

Les trois pièces suivent le même calendrier jusqu'en 1927, puis seul le 50 centimes continue. Les années 1922 à 1925 donnent chaque fois des dizaines de millions d'exemplaires : ce sont les dates ordinaires. Regardez de plus près le **2 francs 1927**, le **1 franc 1926**, le **50 centimes 1929** et toutes les pièces datées **1920**.

| Année | Pièce | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- |
| 1920 | 50 centimes | n. c. | Essai seulement (F.191/1) |
| 1920 | 1 franc | Environ 590 000 | Première année, petit tirage ; essai connu à part |
| 1920 | 2 francs | 14 362 786 (1920 et 1921) | Moins courante que les années suivantes ; essai connu à part |
| 1921 | 50 centimes | 8 691 867 | Première année de circulation ; un essai daté 1921 existe aussi |
| 1921 | 1 franc | 54 571 959 | Courante |
| 1922 | 50 centimes | 86 225 994 | Courante |
| 1922 | 1 franc | 111 342 910 | Courante |
| 1922 | 2 francs | 29 462 887 | Courante |
| 1923 | 50 centimes | 119 583 707 | Plus gros tirage de la série |
| 1923 | 1 franc | 140 137 683 | Plus gros tirage du 1 franc |
| 1923 | 2 francs | 43 960 369 | Plus gros tirage du 2 francs |
| 1924 | 2 francs | 29 631 410 | Courante ; chiffre discuté, voir la note |
| 1925 | 1 franc | 36 522 732 | Courante |
| 1925 | 2 francs | 31 606 872 | Courante |
| 1926 | 1 franc | 1 579 575 | Date la plus rare du 1 franc |
| 1926 | 2 francs | 2 962 351 | Peu courante |
| 1927 | 1 franc | 11 815 745 | Dernière année, moins courante |
| 1927 | 2 francs | 1 678 263 | Date la plus rare du 2 francs |
| 1928 | 50 centimes | 10 329 430 | Le 50 centimes continue seul |
| 1929 | 50 centimes | 6 668 514 | Dernière année, plus petit tirage du 50 centimes |

Tirages relevés sur Stash of Coins et Coinvarieties (qui cite le Gadoury), et pour le 1 franc 1920 sur Numista (qui cite Le Franc) ; le 2 francs 1926 est confirmé par CGB. Numérotation des essais d'après Le Franc. Écarts connus : 29 931 000 pour le 2 francs 1924 chez Coinvarieties ; Coinvarieties donne pour le 1 franc 1921 le chiffre de 1922. Le tirage du 2 francs n'est publié que pour 1920 et 1921 réunis. Les années absentes du tableau ont des tirages ordinaires.

## Pourquoi des pièces au nom des Chambres de commerce

Dès août 1914, l'or puis l'argent disparaissent de la circulation : on les garde chez soi. La petite monnaie manque pour rendre la monnaie au marché ou payer un tramway. Le ministère des Finances laisse alors les chambres de commerce, des villes et des groupements de commerçants émettre leurs propres billets et jetons de quelques centimes à quelques francs. Ce sont les monnaies de nécessité : en papier, en carton, en métal, elles se comptent par centaines de types différents.

Après la guerre, le franc a perdu une grande partie de son pouvoir d'achat. Une pièce de 2 francs en argent contient alors plus de métal que ce qu'elle permet d'acheter, et la **Semeuse** en argent cesse d'être frappée en 1920. Plutôt que de créer une monnaie d'État en métal commun, ce qui aurait reconnu la dépréciation du franc, les pouvoirs publics font frapper par la Monnaie de Paris une série unique au nom de l'ensemble des chambres de commerce. Juridiquement, c'est un bon remboursable, d'où la formule « bon pour ».

Ces pièces circulent jusqu'aux années 1930, aux côtés des types Morlon qui les remplacent à partir de 1931, puis sont démonétisées en 1949. Elles appartiennent à la période des [monnaies de la Troisième République](https://numismatique-le-havre.fr/monnaies-francaises/troisieme-republique/).

## Dates à surveiller, essais et piéforts

Le premier tri se fait sur la date, lisible à l'exergue sous Mercure. Sur le **2 francs**, le millésime 1927 est le plus recherché, avec moins de 1,7 million de pièces ; 1926 et 1920 viennent ensuite. Sur le **1 franc**, c'est 1926 qui sort du lot, avec environ 1,6 million d'exemplaires, devant 1920 et 1927. Sur le **50 centimes**, la date de 1929 clôt la série avec le plus petit tirage.

Les **essais** portent le mot « ESSAI » dans le champ. Le Franc en recense un pour chacune des trois pièces en 1920, et un second pour le 50 centimes en 1921. Des **piéforts**, c'est-à-dire des frappes sur flan nettement plus épais que la normale, datés 1920, sont signalés par certains catalogues pour le 50 centimes et le 1 franc ; Le Franc ne les recense pas. Ces pièces n'ont jamais circulé et restent dans les collections spécialisées.

Pour le reste, la plupart des exemplaires que l'on retrouve datent de 1921 à 1925. Leur intérêt tient surtout à l'état : une pièce aux reliefs nets et à la couleur d'origine se rencontre beaucoup moins qu'une pièce usée et brunie. Un numismate peut examiner un lot lors d'une [estimation gratuite](https://numismatique-le-havre.fr/estimation-pieces/).

## Variétés et faux : ce qu'il faut contrôler

Les catalogues consultés ne signalent pas de variété majeure de coin sur ces types : les distinctions portent sur l'année, l'essai et le piéfort. La vigilance porte donc sur la **date**. Aucun faux de ce type n'est décrit dans les sources consultées, mais une pièce courante dont le dernier chiffre aurait été retouché pour imiter 1926 ou 1927 reste possible. Comparez à la loupe la forme et l'alignement des chiffres avec ceux d'une pièce ordinaire, et cherchez des traces d'outil autour du millésime.

Contrôlez ensuite le **poids** et le **diamètre** : 8 g et 27 mm pour le 2 francs, 4 g et 23 mm pour le 1 franc, 2 g et 18 mm pour le 50 centimes. Une pièce trop légère, à la couleur trop orangée ou au relief mou mérite un second regard.

À l'époque, la loi de finances du 29 avril 1921 a étendu aux monnaies de nécessité la protection pénale contre la contrefaçon. Les méthodes générales sont réunies dans le guide pour [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-le-havre.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Les états de conservation de cette pièce

Le bronze d'aluminium sort de la presse avec une couleur jaune vif, proche du laiton. Avec le temps, il fonce et prend une teinte bronze, parfois avec des taches sombres. Une pièce qui a gardé son éclat d'origine est l'exception.

Sur l'avers, l'usure attaque d'abord les **points hauts de Mercure** : le genou, l'épaule, les ailes du pétase. Le caducée et le gouvernail perdent ensuite leur netteté, puis le ballot se confond avec le champ. Les lettres « DOMARD » et « INV. », très petites, s'effacent vite et permettent de juger d'un coup d'œil une pièce très usée. Au revers, le texte en grandes lettres résiste longtemps ; regardez plutôt la corne d'abondance et la mention « BR. AL. ».

La majorité des exemplaires conservés dans les familles sont en état TB ou TTB. Ne les frottez pas et n'utilisez aucun produit : le métal prend des rayures et une couleur artificielle qui se repèrent immédiatement. Voir les guides sur les [états de conservation](https://numismatique-le-havre.fr/guides/etats-de-conservation/) et sur le [nettoyage](https://numismatique-le-havre.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## Ne pas confondre avec

**Les billets et jetons des chambres locales.** Chaque chambre de commerce a pu émettre ses propres coupures, souvent en papier, au nom d'une ville ou d'une région. Les pièces « Bon pour » sont différentes : un seul type national, au nom des « Chambres de commerce de France », frappé à Paris.

**Les types Morlon.** À partir de 1931, des pièces de 50 centimes, 1 franc et 2 francs du même métal portent une tête de Marianne et la mention « République française ». Même couleur, même module, mais l'État y signe en son nom.

**La Semeuse en argent.** Les 50 centimes, 1 franc et 2 francs d'avant 1920 ont un dessin et un métal différents. La couleur suffit à les séparer.

**Les monnaies coloniales.** Plusieurs territoires ont reçu des pièces en bronze d'aluminium à la même époque ou plus tard ; leur légende indique toujours le territoire. Voir la fiche sur les [monnaies coloniales françaises](https://numismatique-le-havre.fr/pieces/monnaies-coloniales-francaises/).

## Bon pour 50 centimes, 1 franc et 2 francs des Chambres de commerce au Havre

Comme ailleurs en Normandie et dans toute la France, la Chambre de commerce du Havre a émis pendant la guerre ses propres coupures de petite somme. Des catalogues en ligne signalent ainsi des bons de 1916 et de 1917 au nom de la Chambre de commerce du Havre, dont un bon de deux francs émis avec la Ville du Havre. Les pièces « Bon pour » de 1920 à 1929, frappées à Paris et sans lettre d'atelier, ont pris la suite de ces émissions locales ; aucune n'a été frappée à l'[atelier de Rouen](https://numismatique-le-havre.fr/atelier-de-rouen/), qui ne frappait plus depuis 1857.

## Questions fréquentes

### Ces pièces sont-elles de vraies monnaies ou des jetons ?

Juridiquement, ce sont des bons émis au nom des chambres de commerce, d'où la mention « bon pour ». Dans la pratique, elles ont circulé comme la monnaie ordinaire, ont été frappées par la Monnaie de Paris et n'ont été démonétisées qu'en 1949.

### Quelles dates sont les plus recherchées ?

Le 2 francs 1927, le 1 franc 1926 et le 50 centimes 1929, qui ont les plus petits tirages de chaque série, ainsi que les pièces datées 1920. Les essais marqués « ESSAI » et les piéforts sont à part.

### Pourquoi le nom DOMARD sur une pièce des années 1920 ?

Le Mercure reprend un modèle du graveur Joseph-François Domard, mort en 1858. « INV. » signifie qu'il en est l'inventeur : le dessin a été réutilisé, pas créé pour l'occasion.

### Ma pièce est brune et tachée : faut-il la nettoyer ?

Non. Le bronze d'aluminium fonce naturellement. Un nettoyage laisse des rayures et une couleur artificielle qui se voient tout de suite. Gardez-la telle quelle.

## Sources

- Le Franc, 2 francs Chambres de commerce (F.267), essai 1920 et millésimes
- Le Franc, 1 franc Chambres de commerce (F.218), essai 1920 et millésimes
- Le Franc, 50 centimes Chambres de commerce (F.191), essais 1920 et 1921, millésimes 1921-1929
- CGB, 2 francs Chambres de commerce 1926 (description, tirage, caractéristiques)
- Stash of Coins, 2 francs Chambres de commerce (tirages, démonétisation)
- Stash of Coins, 1 franc Chambres de commerce (tirages, composition)
- Stash of Coins, 50 centimes Chambres de commerce (tirages)
- Coinvarieties, 2 francs 1921 (tirage 1920-1921, Domard, rareté)
- Coinvarieties, 1 franc 1927 (tirage, rareté de 1926)
- Coinvarieties, 50 centimes 1921 (tirage, rareté de 1929)
- Numista, 1 franc Chambres de commerce (tirage 1920 d'après Le Franc)
- Wikipédia, Billet de nécessité (chambres de commerce, loi du 29 avril 1921)
- Paris Musées, musée Carnavalet, Bon pour 1 franc 1922 (Domard, 1792-1858)
- Numista, bon de 2 francs Ville du Havre et Chambre de commerce du Havre, 1916
- British Museum, billet de la Chambre de commerce du Havre, 1917 (C_CIB-17185)
- Coinvarieties, 1 franc 1925 (tirage, tranche, rareté des dates)
- Le Franc, types de 1 franc (Semeuse F.217 1898-1920, Morlon F.219 à partir de 1931)

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Source : https://numismatique-le-havre.fr/pieces/bon-pour-chambres-de-commerce/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – LE HAVRE, Maison Or & Bijoux Le Havre, 46 place de l'Hôtel de Ville, 76600 Le Havre, 02 35 55 00 37. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
