Par où commencer
Relevez d'abord la valeur faciale et le millésime. Ils renvoient le plus souvent à une seule ligne du tableau, mais pas toujours au même alliage : une 10 € Semeuse de 2009 pèse 12 g à 900 ‰, une 10 € Haute-Normandie de 2012 seulement 10 g à 500 ‰.
Passez ensuite la pièce sur une balance précise et mesurez-la. Ces deux chiffres départagent les séries mieux que l'œil, car le titre de métal est rarement gravé. Une 10 € de 17 g et 31 mm appartient aux séries illustrées de 2014-2015, à 333 ‰ seulement.
Regardez enfin l'emballage, qui fait partie de la pièce : blister ou carte pour le brillant universel, écrin et certificat numéroté pour la belle épreuve.
Huit années de séries à valeur faciale
À partir de 2008, la Monnaie de Paris propose au grand public des pièces d'argent et d'or vendues à leur nominal. La Semeuse en marche ouvre le bal jusqu'en 2010, avec des valeurs de 5 € à 500 €.
Viennent ensuite les euros des régions, de 2010 à 2012 : une 10 € par région et par an, à 900 ‰ la première année puis à 500 ‰. L'Hercule, de 2011 à 2013, reprend le groupe gravé par Augustin Dupré sous la Révolution, dans la version de Joaquin Jimenez. La série Valeurs de la République suit de 2013 à 2015, illustrée par Sempé puis par Uderzo.
Les émissions deviennent ensuite plus thématiques : Excellence à la française, Schtroumpfs en 2020, bicentenaire de la mort de Napoléon en 2021. La rubrique pièces en euros présente les autres émissions récentes.
Blister, coffret et contrefaçons
On ne connaît presque pas de variétés de frappe sur ces pièces. Ce qui sépare deux exemplaires, c'est leur finition, BU ou BE, et l'état de l'emballage. Une même émission a parfois existé dans les deux finitions, avec des tirages sans commune mesure.
Chaque région a son dessin et son nom en toutes lettres ; les tirages varient beaucoup de l'une à l'autre, de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers.
Les faux se concentrent sur l'or. Un écart de poids, une corne d'abondance mal dessinée ou un certificat sans numéro sont autant d'alertes ; voir reconnaître une fausse pièce.
Ce qui ressemble à un euro de collection
- Les jetons touristiques de la Monnaie de Paris, vendus sur les sites et monuments : sans valeur faciale ni cours légal, ce sont des souvenirs.
- Les 2 euros commémoratives : bimétalliques, valables dans toute la zone euro, elles ne contiennent ni or ni argent.
- Les pièces repeintes ou dorées par des sociétés privées : l'ajout ne change rien au métal.
- Les francs Semeuse et Hercule en argent, ancêtres directs des séries de 2008 à 2013 : la mention « francs » les écarte. Voir les francs de 1960 à 2001.
Préserver l'éclat d'origine
Une pièce qui n'a jamais circulé ne s'use pas : elle s'abîme par les manipulations et le temps.
- Doigts : sur un fond miroir, chaque contact laisse une trace qui s'incruste.
- Air et humidité : les 10 € titrés 333 ‰ ou 500 ‰ sont surtout faits de cuivre et se tachent une fois sortis du blister.
- Essuyage : un chiffon suffit à rayer une belle épreuve.
- Chocs : les modules de 41 et 50 g marquent facilement sur la tranche.
Plus de détails dans les états de conservation et nettoyer une pièce, ou plutôt ne pas le faire.