Reconnaître la pièce en quelques secondes
La couleur trie d'emblée : les trois Guiraud sont jaunes, en bronze-aluminium, la Cochet est blanche, en cupronickel. Ensuite, la taille suffit. Une 10 francs fait 20 mm et 3 g, une 20 francs 23,5 mm et 4 g, une 50 francs 27 mm et 8 g. La 100 francs, 24 mm et 6 g, a une tranche cannelée, alors que les Guiraud ont un bord lisse.
Sur les Guiraud, le dessin reste le même pour les trois pièces : Marianne de profil à gauche, coq debout de l'autre côté. Seuls changent la dénomination et le module. La signature du graveur se lit derrière la tête. Sur la plupart des pièces, elle est abrégée en « G. GUIRAUD ».
Une partie des 20 francs de 1950 porte au contraire « GEORGES GUIRAUD » en toutes lettres. Le catalogue Le Franc en fait un type à part (F.401), distinct de la 20 francs « G. GUIRAUD » (F.402). Les pièces signées en entier n'existent qu'à la date de 1950.
La Cochet se reconnaît à sa Marianne tournée à droite, flambeau au poing, et au bouquet d'épis du revers. Elle n'a qu'un seul dessin de 1954 à 1958 ; ce sont la lettre d'atelier et le petit différent sous la date qui distinguent les variétés.
Paris ou Beaumont-le-Roger : la lettre B
Ces pièces ont été frappées dans deux ateliers. Paris ne met aucune lettre. Beaumont-le-Roger, établissement de la Monnaie de Paris installé dans l'Eure, signe d'un B : sous la date sur les Guiraud, entre les rameaux d'olivier sur la Cochet.
Ce B n'a rien à voir avec celui de l'ancien atelier de Rouen, qui utilisait la même lettre au XIXe siècle mais a cessé de frapper en 1857, près d'un siècle plus tôt. Une pièce des années 1950 marquée B vient toujours de Beaumont-le-Roger. Le guide des ateliers monétaires explique ces homonymies.
Le partage entre les deux ateliers varie selon les années, ce qui crée des combinaisons rares. La 20 francs de 1954 n'a été frappée qu'à Beaumont ; la 50 francs de 1958 et la 10 francs de 1955, 1957 et 1958 ne l'ont été qu'à Paris. À l'inverse, la 10 francs 1954 de Paris a un tirage réduit, alors que la même date marquée B est courante. Relevez donc toujours la date et la présence ou l'absence de la lettre avant de conclure.
Plumes, différents et essais
La variété la plus connue concerne la 20 francs de 1950. La queue du coq compte soit trois, soit quatre grandes plumes en forme de faucille. Le Franc recense les deux versions à Paris comme à Beaumont pour la signature « G. GUIRAUD », et à Beaumont pour la signature en toutes lettres. La 20 francs « GEORGES GUIRAUD » de Beaumont à quatre plumes est la combinaison la plus recherchée. Comptez les plumes à la loupe : sur une pièce usée, la quatrième peut se confondre avec le dessin de la queue.
Sur la 100 francs, l'année 1958 se dédouble à Paris. Lucien Bazor, graveur général jusqu'en 1958, signait d'une aile d'oiseau ; son successeur Raymond Joly a pris une chouette. Les pièces à la chouette sont les plus recherchées. Le Franc distingue aussi deux variétés en 1955, sans que les sources consultées décrivent clairement leur différence.
Il existe enfin des essais, marqués du mot ESSAI, pour les 10, 20 et 50 francs de 1950, la 20 francs de 1951, la 50 francs de 1952 et la 100 francs de 1954, ainsi que des piéforts. Ce sont des pièces de présentation, jamais mises en circulation.
10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : les pièces à ne pas confondre
Les 10 et 20 centimes à la Marianne de Lagriffoul, émis à partir de 1962 dans un alliage jaune, reprennent les modules des 10 et 20 francs Guiraud (20 mm et 3 g, 23,5 mm et 4 g). La 50 centimes de la même série est un peu plus petite que la 50 francs (25 mm et 7 g). La date et l'effigie différente règlent la question. De même, la pièce de 1 franc Semeuse de 1960, en nickel, a la taille de la 100 francs Cochet : 24 mm pour 6 g. Elle porte la semeuse d'Oscar Roty, pas la Marianne au flambeau. Ces pièces du nouveau franc sont présentées dans la rubrique francs de 1960 à 2001.
Plus anciennes, les 10 francs de Pierre Turin en cupronickel (1945-1949) sont blanches, plus grandes que la 10 francs Guiraud, et montrent des épis au revers. Ne prenez pas non plus une 20 francs de 1950 à quatre plumes sur un simple comptage rapide : seule la combinaison signature, atelier et plumes permet de la classer. Pour les pièces rares, méfiez-vous des retouches : une lettre ajoutée ou un chiffre modifié se repère à la loupe, par une surface différente autour du détail.
10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : les états de conservation
Le bronze-aluminium s'use vite et prend des taches brunes ou verdâtres qui ne partent pas. Sur les Guiraud, regardez d'abord la joue et la chevelure de Marianne, puis la coiffure. Au revers, le poitrail du coq, la crête et les plumes de la queue s'aplatissent les premiers : sur une pièce très usée, on ne distingue plus les nervures des plumes, ce qui gêne le comptage de la 20 francs de 1950.
Sur la Cochet, la joue de Marianne, le bonnet et la flamme du flambeau sont les points hauts ; au revers, les grains des épis et les olives se fondent avec l'usure. Le cupronickel résiste mieux, mais il se raye facilement.
On rencontre encore des exemplaires restés en état de frappe, avec leur brillant d'origine. Un frottage pour les faire briller laisse des micro-rayures définitives : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi s'en abstenir, et l'échelle de notation figure dans états de conservation.