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Monnaies françaises · Après-guerre

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet

1950-1958

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

AversRevers
Photo à venir.
Fiche technique
MétalBronze-aluminium (10, 20 et 50 F) ; cupronickel (100 F)
Poids10 F : 3 g ; 20 F : 4 g ; 50 F : 8 g ; 100 F : 6 g
Diamètre10 F : 20 mm ; 20 F : 23,5 mm ; 50 F : 27 mm ; 100 F : 24 mm
TrancheLisse (Guiraud) ; cannelée (Cochet)
Années de frappe10 F : 1950 à 1958 (pas de 1956) ; 20 F : 1950 à 1954 ; 50 F : 1950 à 1954, puis 1958 ; 100 F : 1954 à 1958
AteliersParis (sans lettre), Beaumont-le-Roger (B)
GraveursGeorges Guiraud ; Robert Cochet
DifférentsAile (Lucien Bazor) ; chouette (Raymond Joly) sur une partie des 100 F de 1958
RéférencesLe Franc F.363 (10 F), F.401 et F.402 (20 F), F.425 (50 F), F.450 (100 F) ; KM 915 à 919
Catégoriesfrançaises

Ce sont les pièces de la poche des Français dans les années 1950, juste avant le nouveau franc. Les 10, 20 et 50 francs de Georges Guiraud, jaune doré, montrent Marianne d'un côté et un coq de l'autre ; la 100 francs de Robert Cochet, blanche, porte une Marianne au flambeau et un bouquet d'épis. Frappées par centaines de millions, elles dorment encore dans beaucoup de tiroirs, mais quelques dates et variétés sortent du lot.

Identification

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : reconnaître la pièce

Avers

Guiraud (10, 20 et 50 F) : tête de Marianne tournée à gauche, légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE » et signature du graveur derrière la tête, le long du bord. Cochet (100 F) : buste de Marianne à droite, coiffée du bonnet phrygien à cocarde, tenant un flambeau allumé ; monogramme « RC » derrière la nuque, même légende.

Revers

Guiraud : coq debout à droite au-dessus d'une branche, la dénomination (« 10 FRANCS », « 20 FRANCS » ou « 50 FRANCS ») et le millésime, avec la devise « LIBERTE EGALITE FRATERNITE ». La lettre B, quand elle existe, se trouve sous la date. Cochet : bouquet de trois épis et de deux rameaux d'olivier, « 100 FRANCS », le millésime, la même devise et la signature « R. COCHET » ; le différent du graveur général est placé sous la date.

Tranche
Lisse sur les 10, 20 et 50 francs ; cannelée sur la 100 francs.
Graveur
Georges Guiraud (1901-1989), sculpteur et médailleur toulousain, prix de Rome en 1926, pour les 10, 20 et 50 francs. Robert Cochet pour la 100 francs.
Millésimes et tirages

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : les dates à connaître

Le tableau retient les dates courantes et celles qui demandent un examen attentif. Regardez d'abord la lettre B sous la date ou entre les rameaux, puis, sur une 20 francs de 1950, la signature et le nombre de plumes de la queue du coq. Les dates à surveiller sont la 20 francs 1954 B, la 50 francs 1958, les 10 et 50 francs de 1954 sans lettre, et la 100 francs 1958 à la chouette.

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : millésimes et tirages
AnnéePièceAtelierTirageRemarque
195010 FParis13 354 000 ou 13 534 000Premier millésime ; les catalogues ne donnent pas le même chiffre.
195010 FB4 807 500Plus petit tirage de Beaumont pour la 10 F.
195020 F « GEORGES GUIRAUD »Parisn. c.Signature en toutes lettres, coq à 3 plumes.
195020 F « GEORGES GUIRAUD »Bn. c.Existe à 3 et à 4 plumes ; la version à 4 plumes est la plus recherchée.
195020 F « G. GUIRAUD »Parisn. c.Signature abrégée, 3 ou 4 plumes.
195020 F « G. GUIRAUD »B43 355 000Chiffre global, 3 et 4 plumes confondues.
195110 FParis153 689 000Date très courante.
195320 FParis60 158 000Date courante.
195410 FParis2 207 000Date peu courante.
195410 FB21 634 454Courante.
195420 FB1 573 000Seule 20 F datée 1954, absente de Paris ; très rare. Tirage inconnu selon Le Franc.
195450 FParis1 083 200Date peu courante.
1954100 FParis97 285 500Première année de la Cochet, très courante.
195510 FParis50 034 000Courante.
1955100 FParis152 517 500Le Franc distingue deux variétés pour 1955, à Paris comme à B.
195710 FParis26 351 000Courante.
1957100 FB25 702 000Courante.
195810 FParis27 213 000Dernier millésime de la 10 F.
195850 FParis500 738Dernière 50 F et plus petit tirage du type.
1958100 FParisn. c.Différent aile de Lucien Bazor ; Coin Varieties donne 3 256 000 pour Paris 1958 sans séparer clairement les deux différents.
1958100 FParis2 646 500Différent chouette de Raymond Joly ; rare.
1958100 FB54 072 000Dernière frappe de Beaumont-le-Roger pour ce type.

Tirages d'après les fiches CGB (10 F 1951, 1954 B, 1957, 1958 ; 20 F 1950 B ; 50 F 1958 ; 100 F 1958 chouette), les pages CoinVarieties qui citent Gadoury, Krause et Le Franc, et Numista pour la 10 F 1950. Liste des années et ateliers recoupée avec le catalogue Le Franc en ligne. Tableau sélectif, non exhaustif.

Reconnaître la pièce en quelques secondes

La couleur trie d'emblée : les trois Guiraud sont jaunes, en bronze-aluminium, la Cochet est blanche, en cupronickel. Ensuite, la taille suffit. Une 10 francs fait 20 mm et 3 g, une 20 francs 23,5 mm et 4 g, une 50 francs 27 mm et 8 g. La 100 francs, 24 mm et 6 g, a une tranche cannelée, alors que les Guiraud ont un bord lisse.

Sur les Guiraud, le dessin reste le même pour les trois pièces : Marianne de profil à gauche, coq debout de l'autre côté. Seuls changent la dénomination et le module. La signature du graveur se lit derrière la tête. Sur la plupart des pièces, elle est abrégée en « G. GUIRAUD ».

Une partie des 20 francs de 1950 porte au contraire « GEORGES GUIRAUD » en toutes lettres. Le catalogue Le Franc en fait un type à part (F.401), distinct de la 20 francs « G. GUIRAUD » (F.402). Les pièces signées en entier n'existent qu'à la date de 1950.

La Cochet se reconnaît à sa Marianne tournée à droite, flambeau au poing, et au bouquet d'épis du revers. Elle n'a qu'un seul dessin de 1954 à 1958 ; ce sont la lettre d'atelier et le petit différent sous la date qui distinguent les variétés.

Paris ou Beaumont-le-Roger : la lettre B

Ces pièces ont été frappées dans deux ateliers. Paris ne met aucune lettre. Beaumont-le-Roger, établissement de la Monnaie de Paris installé dans l'Eure, signe d'un B : sous la date sur les Guiraud, entre les rameaux d'olivier sur la Cochet.

Ce B n'a rien à voir avec celui de l'ancien atelier de Rouen, qui utilisait la même lettre au XIXe siècle mais a cessé de frapper en 1857, près d'un siècle plus tôt. Une pièce des années 1950 marquée B vient toujours de Beaumont-le-Roger. Le guide des ateliers monétaires explique ces homonymies.

Le partage entre les deux ateliers varie selon les années, ce qui crée des combinaisons rares. La 20 francs de 1954 n'a été frappée qu'à Beaumont ; la 50 francs de 1958 et la 10 francs de 1955, 1957 et 1958 ne l'ont été qu'à Paris. À l'inverse, la 10 francs 1954 de Paris a un tirage réduit, alors que la même date marquée B est courante. Relevez donc toujours la date et la présence ou l'absence de la lettre avant de conclure.

Plumes, différents et essais

La variété la plus connue concerne la 20 francs de 1950. La queue du coq compte soit trois, soit quatre grandes plumes en forme de faucille. Le Franc recense les deux versions à Paris comme à Beaumont pour la signature « G. GUIRAUD », et à Beaumont pour la signature en toutes lettres. La 20 francs « GEORGES GUIRAUD » de Beaumont à quatre plumes est la combinaison la plus recherchée. Comptez les plumes à la loupe : sur une pièce usée, la quatrième peut se confondre avec le dessin de la queue.

Sur la 100 francs, l'année 1958 se dédouble à Paris. Lucien Bazor, graveur général jusqu'en 1958, signait d'une aile d'oiseau ; son successeur Raymond Joly a pris une chouette. Les pièces à la chouette sont les plus recherchées. Le Franc distingue aussi deux variétés en 1955, sans que les sources consultées décrivent clairement leur différence.

Il existe enfin des essais, marqués du mot ESSAI, pour les 10, 20 et 50 francs de 1950, la 20 francs de 1951, la 50 francs de 1952 et la 100 francs de 1954, ainsi que des piéforts. Ce sont des pièces de présentation, jamais mises en circulation.

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : les pièces à ne pas confondre

Les 10 et 20 centimes à la Marianne de Lagriffoul, émis à partir de 1962 dans un alliage jaune, reprennent les modules des 10 et 20 francs Guiraud (20 mm et 3 g, 23,5 mm et 4 g). La 50 centimes de la même série est un peu plus petite que la 50 francs (25 mm et 7 g). La date et l'effigie différente règlent la question. De même, la pièce de 1 franc Semeuse de 1960, en nickel, a la taille de la 100 francs Cochet : 24 mm pour 6 g. Elle porte la semeuse d'Oscar Roty, pas la Marianne au flambeau. Ces pièces du nouveau franc sont présentées dans la rubrique francs de 1960 à 2001.

Plus anciennes, les 10 francs de Pierre Turin en cupronickel (1945-1949) sont blanches, plus grandes que la 10 francs Guiraud, et montrent des épis au revers. Ne prenez pas non plus une 20 francs de 1950 à quatre plumes sur un simple comptage rapide : seule la combinaison signature, atelier et plumes permet de la classer. Pour les pièces rares, méfiez-vous des retouches : une lettre ajoutée ou un chiffre modifié se repère à la loupe, par une surface différente autour du détail.

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : les états de conservation

Le bronze-aluminium s'use vite et prend des taches brunes ou verdâtres qui ne partent pas. Sur les Guiraud, regardez d'abord la joue et la chevelure de Marianne, puis la coiffure. Au revers, le poitrail du coq, la crête et les plumes de la queue s'aplatissent les premiers : sur une pièce très usée, on ne distingue plus les nervures des plumes, ce qui gêne le comptage de la 20 francs de 1950.

Sur la Cochet, la joue de Marianne, le bonnet et la flamme du flambeau sont les points hauts ; au revers, les grains des épis et les olives se fondent avec l'usure. Le cupronickel résiste mieux, mais il se raye facilement.

On rencontre encore des exemplaires restés en état de frappe, avec leur brillant d'origine. Un frottage pour les faire briller laisse des micro-rayures définitives : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi s'en abstenir, et l'échelle de notation figure dans états de conservation.

Au Havre

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet en Normandie

La lettre B de ces pièces désigne Beaumont-le-Roger, dans l'Eure, en Normandie : un atelier de la Monnaie de Paris actif de 1943 à 1958 (dès 1940 selon certaines sources), venu épauler Paris pendant et après la guerre. Il ne faut pas le confondre avec l'ancien atelier de Rouen, fermé un siècle plus tôt. Ces pièces sont celles de la reconstruction du Havre : le chantier de l'hôtel de ville d'Auguste Perret et Jacques Tournant commence en 1953 et le bâtiment est inauguré le 14 juillet 1958, l'année des dernières Guiraud et Cochet. On les retrouve aujourd'hui en vrac dans les boîtes de monnaies des familles normandes.

10, 20, 50 francs Guiraud et 100 francs Cochet : questions fréquentes

Ma pièce porte un B : vient-elle de Rouen ?

Non. Sur une pièce des années 1950, le B désigne l'atelier de Beaumont-le-Roger, dans l'Eure. Rouen employait la même lettre au XIXe siècle mais ne frappait plus depuis 1857.

Comment savoir si ma 20 francs de 1950 est la variété à quatre plumes ?

Comptez les grandes plumes recourbées de la queue du coq, à la loupe. Notez aussi la signature (« GEORGES GUIRAUD » ou « G. GUIRAUD ») et la présence du B : c'est la combinaison des trois qui situe la pièce.

Quelles dates regarder en priorité ?

La 20 francs 1954 B, la 50 francs 1958, la 100 francs 1958 à la chouette, puis les 10 et 50 francs de 1954 sans lettre. Les autres dates ont été frappées en très grand nombre.

Peut-on encore payer avec ces pièces ?

Non. Elles ont perdu cours légal quelques années après l'arrivée du nouveau franc : en 1966 pour la 100 francs Cochet, un peu plus tard pour certaines Guiraud selon les catalogues. Elles n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt de collection, que l'estimation gratuite permet de préciser pièce par pièce.

Sources