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Monnaies anciennes

Monnaies gauloises

IIIe-Ier s. av. J.-C.

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

Statère en or des Parisii, tête stylisée, aversStatère en or des Parisii, cheval sous un filet, revers
Photos : Bibliothèque nationale de France (Gallica), domaine public, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétauxOr, électrum, argent, bronze, potin (alliage de bronze riche en étain)
FabricationFrappées au marteau, sauf les potins, coulés en moule
PériodeIIIe au Ier siècle av. J.-C., quelques émissions après la conquête
Modèle de départStatère d'or de Philippe II de Macédoine
Peuples de l'actuelle NormandieCalètes, Véliocasses, Lexoviens, Aulerques Éburovices, entre autres
RéférencesLa Tour (LT), Delestrée et Tache (DT), Scheers (Monnaies gauloises de Seine-Maritime, 1978)
Catégoriesanciennes

Une petite pièce épaisse, sans date ni nom de roi, avec une tête stylisée d'un côté et un cheval de l'autre : c'est très probablement une monnaie gauloise. Les peuples de la Gaule en ont frappé ou coulé du IIIe au Ier siècle avant notre ère, en or, en argent et en bronze. En Normandie, les Calètes du pays de Caux, les Véliocasses du Vexin et les Lexoviens du Lieuvin ont eu leurs propres émissions.

Identification

Monnaies gauloises : reconnaître la pièce

Statère en or des Parisii, tête stylisée, avers

Avers

Le plus souvent une tête de profil, lointaine descendante de l'Apollon des statères grecs : chevelure en mèches ou en S, œil agrandi, traits réduits à des volumes. Certaines pièces portent un symbole sur la joue, comme la roue des hémistatères calètes, ou un nom en lettres latines, comme « RATVMACOS » chez les Véliocasses.

Statère en or des Parisii, cheval sous un filet, revers

Revers

Un cheval, au galop ou attelé, parfois monté par un cavalier ou un aurige à peine esquissé. Autour ou en dessous : roue, sanglier, aigle, lyre, points et cercles. Quelques bronzes normands portent des légendes, comme « SVTICOS » ou « CISIAMBOS CATTOS VERCOBRETO ».

Tranche
Bord irrégulier. Les flans des pièces frappées sont souvent plus petits que les coins, si bien que le dessin sort de la pièce. Les potins, coulés, gardent parfois un reste de la coulée sur le bord.
Graveur
Graveurs anonymes. On identifie les types avec l'Atlas des monnaies gauloises d'Henri de La Tour (1892, numéros LT) et le Nouvel atlas de Delestrée et Tache (numéros DT).
Millésimes et tirages

Monnaies gauloises : les dates à connaître

Une monnaie gauloise ne porte jamais d'année : sa date vient des fouilles, du style et du poids. Le tableau commence par trois repères généraux, puis donne des types attribués aux peuples de l'actuelle Normandie, avec leurs références de catalogue quand elles sont publiées.

Monnaies gauloises : millésimes et tirages
TypePeupleMétalPériodeRepère
Statère imité de Philippe IIPlusieurs peuplesOrIIIe s. av. J.-C.Premières monnaies gauloises, copies du statère macédonien
Potins coulésNombreux peuplesPotinIIe – Ier s. av. J.-C.Coulés en chapelet dans des moules
Statère au nom de VercingétorixArvernesOrVers 52 av. J.-C.Rare ; porte le nom du chef
Hémistatère à la rouelleCalètes (pays de Caux)OrIer s. av. J.-C.Roue sur la joue, roue à double cercle sous le cheval ; DT 103-104
Bronze RATVMACOS au cavalierVéliocasses (région de Rouen)BronzeVers 50 – 40 av. J.-C.Légende liée au nom antique de Rouen ; LT 7372, DT 654
Bronzes SVTICOSVéliocassesBronzeVers 50 – 40 av. J.-C.Plusieurs classes : taureau, lion, tête casquée, cheval
Bronze PVBLICOS LIXOVIOLexoviens (région de Lisieux)BronzeVers 50 – 40 av. J.-C.Revers CISIAMBOS CATTOS VERCOBRETO, avec un aigle
Bronze VIIRICIVSPagus des Catuslugi (Eu)BronzeVers 50 – 40 av. J.-C.161 exemplaires trouvés au sanctuaire du Bois-l'Abbé

Types et dates d'après les notices de CGB.fr (Calètes, Véliocasses, Lexoviens, Bois-l'Abbé), Wikipédia (Véliocasses, Calètes, Monnaie gauloise) et le dossier du musée départemental des Antiquités de Rouen (2009). Les attributions aux peuples sont celles des catalogues : certaines ont changé au fil des recherches et peuvent encore évoluer.

Comment une monnaie gauloise était fabriquée

Les Gaulois ont d'abord imité le statère d'or de Philippe II de Macédoine, arrivé en Gaule avec le commerce et les mercenaires. Son profil d'Apollon et son char à deux chevaux sont repris, puis déformés d'un peuple à l'autre : le char se réduit à un cheval, l'aurige à quelques traits, la tête à un jeu de courbes.

La plupart des pièces sont frappées : un flan de métal chauffé, placé entre deux coins gravés, reçoit un coup de marteau. Les flans étant souvent plus petits que les coins, on ne voit qu'une partie du dessin. Les potins, eux, sont coulés dans un alliage de bronze riche en étain, en chapelet dans des moules.

Au IIe et au Ier siècle avant notre ère, l'or se fait plus rare et plus pâle, et les bronzes se multiplient pour les petits échanges. Quelques chefs, magistrats ou peuples inscrivent alors leur nom. La grande majorité des pièces reste pourtant sans légende. Pour situer cette période dans l'ensemble, voyez les monnaies anciennes.

Les monnaies des peuples de l'actuelle Normandie

Le musée départemental des Antiquités de Rouen situe quatre peuples sur le territoire de l'ancienne Haute-Normandie : les Lexoviens dans le Lieuvin, autour de Lisieux ; les Aulerques Éburovices dans l'Eure, autour d'Évreux ; les Calètes dans les pays de Caux et de Bray ; les Véliocasses dans le Vexin, autour de Rouen. D'après ce dossier, ils commencent à frapper monnaie au IIe siècle avant notre ère, surtout en bronze et en or, le long de l'axe de la Seine.

Chez les Calètes, CGB décrit un hémistatère d'or à la rouelle : tête d'Apollon avec une roue sur la joue, cheval surmonté d'un aurige, roue à double cercle dessous. Les Véliocasses ont signé des bronzes SVTICOS et RATVMACOS, ce dernier nom étant rapproché de Rotomagus, la Rouen antique. Les Lexoviens ont laissé un bronze qui se dit lui-même monnaie publique, PVBLICOS LIXOVIO, au nom d'un magistrat, le vergobret.

Plus au nord, le sanctuaire du Bois-l'Abbé, à Eu, a livré 161 bronzes au nom de VIIRICIVS, étudiés par Louis-Pol Delestrée en 1984.

Copies anciennes, faux modernes et souvenirs

La fraude n'est pas récente. Dès l'Antiquité, des statères fourrés, à âme de bronze recouverte d'une feuille d'or, ont circulé. Ils se trahissent par une fente, un éclat de la pellicule d'or ou un poids trop faible.

Les faux modernes sont de deux sortes. Les pièces coulées montrent une surface granuleuse, des petites bulles et un relief mou, sans les arêtes vives d'une frappe. Les pièces frappées avec des coins récents sont plus difficiles à repérer : style trop régulier, métal trop jaune pour un or gaulois souvent pâle ou rougeâtre, poids hors des normes du type.

Restent les reproductions vendues dans les musées et sur les sites archéologiques, souvent en laiton, parfois marquées discrètement. Un statère d'or « parfait », sans aucun coup, doit inspirer la prudence. Pour les potins, coulés à l'origine, on juge plutôt la patine et l'alliage. Les contrôles de base sont réunis dans le guide pour reconnaître une fausse pièce.

Apprécier l'état d'une pièce gauloise

Ici, l'état se juge d'abord à ce qui reste lisible du type. À l'avers, la ligne du nez, l'œil et les mèches disparaissent les premiers ; au revers, les pattes et la tête du cheval, puis les petits symboles. Un exemplaire bien centré, qui montre le cheval en entier et, s'il y en a une, la légende complète, est plus recherché qu'une pièce peu usée mais décentrée.

Les bronzes et les potins sortent de terre avec une patine verte, brune ou noire. Elle protège la pièce et témoigne de son ancienneté. Une poudre vert clair ou des petits cratères indiquent au contraire une corrosion active, à montrer rapidement à un numismate.

L'or ne s'oxyde pas, mais il garde les coups et les entailles de contrôle faites par des marchands anciens. Dans tous les cas, ne lavez pas et ne brossez pas une monnaie gauloise : la patine et les dépôts aident à juger de son authenticité. Voyez le guide des états de conservation.

Ce qui n'est pas gaulois

Les monnaies de Marseille, colonie grecque, ont circulé en Gaule bien avant les premières frappes gauloises. Leur style et leur légende sont grecs : elles relèvent des monnaies anciennes grecques, même si elles ont été imitées dans le sud.

Les petits bronzes romains très usés, surtout les imitations du IIIe siècle de notre ère, sont souvent pris pour des gaulois. Cherchez une trace de portrait impérial, une couronne radiée ou des lettres latines régulières sur le pourtour.

Les monnaies celtiques d'Europe centrale et de Grande-Bretagne appartiennent à d'autres séries, avec leurs propres catalogues. Enfin, des jetons et des méreaux médiévaux, ronds et usés, peuvent tromper au premier regard ; leur fabrication sur flan mince les distingue d'une monnaie gauloise épaisse.

Si vous trouvez vous-même des objets dans le sol, rappelez-vous que la recherche au détecteur de métaux d'objets archéologiques demande une autorisation administrative (article L542-1 du Code du patrimoine).

Au Havre

Monnaies gauloises en Normandie

Le Havre se trouve sur l'ancien territoire des Calètes, qui ont donné leur nom au pays de Caux. Wikipédia leur attribue plusieurs oppida, dont celui de Sandouville, l'un des plus vastes de Gaule avec 144 hectares ; Harfleur est l'ancienne Caracotinum et Lillebonne, Juliobona, devient leur chef-lieu romain. En Normandie, les Calètes, les Véliocasses du Vexin et les Lexoviens du Lieuvin ont frappé leurs propres monnaies. Le musée départemental des Antiquités de Rouen en a publié un catalogue en 1978, « Monnaies gauloises de Seine-Maritime », signé Simone Scheers.

Monnaies gauloises : questions fréquentes

Ma pièce gauloise porte une roue sur la joue : qu'est-ce que c'est ?

C'est l'un des signes de l'hémistatère d'or attribué aux Calètes du pays de Caux, décrit par CGB avec une seconde roue à double cercle sous le cheval. La comparaison avec le Delestrée-Tache (DT 103-104) permet de confirmer.

Que veut dire RATVMACOS sur un bronze ?

C'est une légende des bronzes attribués aux Véliocasses, rapprochée de Rotomagus, le nom antique de Rouen. Ces bronzes au cavalier sont datés des années 50 à 40 avant notre ère.

Comment dater une monnaie gauloise sans millésime ?

Par comparaison avec les pièces trouvées en fouille, dans des contextes datés, et par le style, le métal et le poids. Les catalogues donnent des fourchettes de quelques décennies.

Faut-il signaler une monnaie gauloise trouvée dans un champ ?

Une découverte fortuite de vestiges archéologiques doit être déclarée au maire, qui la transmet aux services de l'État. Montrez-la sans la nettoyer ; un numismate peut aussi l'examiner lors d'une estimation.

Sources