Avers
Une jeune femme coiffée du bonnet phrygien avance vers la gauche et sème à la volée. En légende, « REPUBLIQUE FRANÇAISE » ; la signature « O. ROTY » se lit près du sol.
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

| Métal | Argent 835 ‰ |
|---|---|
| Poids | 12 g |
| Argent fin | 10 g environ |
| Diamètre | 29 mm (28,98 mm) |
| Tranche | Inscrite |
| Années de frappe | 1960 à 1969 ; essais et présérie datés 1959 |
| Atelier | Monnaie de Paris |
| Démonétisation | 1980 |
| Catégories | françaises, argent, modernes |
Pendant dix ans, la 5 francs du nouveau franc a été une pièce d'argent : 12 g à 835 ‰, avec au droit la Semeuse d'Oscar Roty. En 1970, le même dessin passe au nickel, et les deux versions se mêlent depuis dans les boîtes de famille. Une date entre 1960 et 1969 et une tranche porteuse de la devise républicaine signalent la version en argent.
Une jeune femme coiffée du bonnet phrygien avance vers la gauche et sème à la volée. En légende, « REPUBLIQUE FRANÇAISE » ; la signature « O. ROTY » se lit près du sol.
Un bouquet de rameaux (olivier, chêne et épis de blé) sous l'indication « 5 FRANCS », l'année en bas, et autour « LIBERTE EGALITE FRATERNITE ». Les deux différents encadrent la date : corne d'abondance pour la Monnaie de Paris, chouette pour le graveur général Raymond Joly. Aucune lettre d'atelier.
Les cinq premières années totalisent près de 184 millions de pièces : ce sont celles que vous trouverez le plus. La frappe chute à environ 5 millions en 1965 et 1966, puis passe sous le million de 1967 à 1969. Ces trois dernières années sont les seules dont le tirage justifie un tri attentif.
| Année | Tirage | Remarque |
|---|---|---|
| 1959 | n. c. | Essais (grand 5 et petit 5) et présérie, hors circulation. |
| 1960 | 55 082 000 | Le plus gros tirage de la série. |
| 1961 | 15 630 000 | Abondante. |
| 1962 | 42 500 000 | Très abondante. |
| 1963 | 37 936 000 | Très abondante. |
| 1964 | 32 403 600 | Très abondante. |
| 1965 | 5 156 000 | Abondante. |
| 1966 | 5 017 171 | Abondante. |
| 1967 | 702 305 | Petit tirage. |
| 1968 | 357 000 | Le plus petit tirage en argent. |
| 1969 | 504 050 | Petit tirage, dernière année en argent. |
Chiffres de Wikipédia et BDOR, identiques (195 288 126 pièces au total), recoupés avec Numista pour 1960 et 1968. NGC publie 502 000 pour 1967 et 557 000 pour 1968, chiffres écartés faute de recoupement. Pour 1959, BDOR avance 4 000 exemplaires de chaque essai, donnée non confirmée ailleurs.
Quand le nouveau franc entre en vigueur en 1960 (1 nouveau franc pour 100 anciens), la plus forte pièce de la gamme est cette 5 francs en argent. Elle reprend la Semeuse créée par Oscar Roty en 1897, au même titre de 835 ‰ que les pièces d'argent du début du siècle. Contrairement aux 10 et 50 francs Hercule, elle a réellement servi : on la rendait en monnaie chez les commerçants.
D'après Wikipédia, c'est la dernière pièce française en métal précieux à avoir circulé dans la vie courante. À la fin des années 1960, l'argent renchérit et le métal de la pièce se rapproche de son nominal. En 1970, l'État fait passer la 5 francs au cupronickel recouvert de nickel. Les deux versions coexistent alors, et le public garde l'argent pour payer avec le nickel : c'est la loi de Gresham, selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la bonne. La pièce en argent disparaît peu à peu de la circulation, avant d'être démonétisée en 1980.
Les deux pièces ont presque le même diamètre et le même dessin. Pour les séparer :
La version nickel ne contient aucun métal précieux. Elle a ses propres variétés et dates recherchées, et son différent change en 1975 : la chouette de Raymond Joly cède la place au dauphin d'Émile Rousseau. Pour l'ensemble de la période, voir les francs de 1960 à 2001. Les petites Semeuse en argent du début du XXe siècle (50 centimes, 1 franc, 2 francs) sont une autre famille, plus ancienne.
Ces dates concentrent l'intérêt des collectionneurs pour cette pièce. De 1967 à 1969, la Monnaie de Paris n'en frappe que quelques centaines de milliers par an, contre des dizaines de millions au début de la décennie. Le creux se situe en 1968 avec 357 000 pièces.
Comme ces pièces ont circulé, beaucoup portent les marques de l'usage. Pour une 1967, une 1968 ou une 1969, l'état fait donc une vraie différence. Regardez en priorité :
Les pièces datées 1959 sont d'une autre nature : des essais où le chiffre 5 du revers est grand ou petit (le petit a été retenu), et une présérie. Elles n'ont pas circulé normalement et sont à montrer à un numismate. Voir aussi les états de conservation.
Des faux ont été fabriqués à l'époque même où la pièce circulait, pour être écoulés dans le commerce. Ils trahissent leur origine par plusieurs défauts :
Le son aide aussi : tenue du bout des doigts par la tranche et effleurée avec une autre pièce, une pièce d'argent rend une note claire qui se prolonge, alors que beaucoup de faux sonnent sourd.
Une pièce authentique peut aussi avoir été abîmée par un nettoyage. Brillant artificiel, rayures fines et régulières, reliefs blanchis : ces traces ne s'effacent pas. Ne frottez pas vos pièces. Les guides reconnaître une fausse pièce et nettoyer une pièce détaillent ces points.
La 5 francs Semeuse en argent ne porte aucune lettre d'atelier : elle vient de la Monnaie de Paris. En Normandie, la lettre B a pourtant désigné deux ateliers successifs, Rouen jusqu'au milieu du XIXe siècle, puis Beaumont-le-Roger, dans l'Eure, sur des pièces des années 1940 et 1950 (voir l'atelier de Rouen). Au Havre comme dans le reste de la région, la Semeuse en argent se retrouve dans les successions, mêlée à des 5 francs en nickel qu'il faut écarter d'abord.
Non. À partir de 1970, la 5 francs Semeuse est en cupronickel recouvert de nickel. Seules les pièces datées de 1960 à 1969 sont en argent, avec une tranche inscrite.
Parce que la Semeuse en argent a réellement circulé dans les années 1960, alors que les 10 et 50 francs Hercule ont surtout été gardées. L'usure est donc normale sur cette pièce.
La garder à part et la montrer à un numismate : 1959 correspond aux essais (grand 5 ou petit 5) et à une présérie. Une estimation gratuite permet de l'identifier.