Avers
Profil ou buste du roi avec sa titulature latine ; à partir de 1791, légende en français sur les pièces constitutionnelles. Sous Louis XIII, la légende des petites pièces de cuivre nomme souvent la pièce, par exemple « DOUBLE TOURNOIS ».
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le
| Métal | Cuivre (double tournois, liard, sol) ; billon à 250 ‰ d'argent (sou marqué) |
|---|---|
| Système | 1 livre = 20 sols = 240 deniers ; le liard compte pour 3 deniers, soit un quart de sol |
| Poids repères | Liard de Louis XIV : environ 3,8 à 4,1 g ; liard de Louis XVI : 3,06 g ; sol de Louis XVI : 12,24 g ; sou marqué : 2,18 g ; 12 deniers de 1791 : 12,23 g |
| Diamètre | 17 à 31 mm selon la pièce |
| Années de frappe | XVIIe et XVIIIe siècles pour les types présentés, jusqu'en 1793 |
| Frappes à la lettre B | Pont-de-l'Arche pour le liard de France (1655-1658) ; Rouen pour le sou marqué, les liards et sols de Louis XVI et les pièces constitutionnelles |
| Ateliers | A (Paris), B (Rouen), D (Lyon), K (Bordeaux), R (Orléans), W (Lille), & (Aix) et beaucoup d'autres |
| Références | Gadoury 80 (liard de France), 251 (sou marqué), 348 (liard de Louis XVI), 350 (sol de Louis XVI), 15 (12 deniers) ; Droulers ; Duplessy |
| Catégories | françaises |
Liards, deniers et sols forment la petite monnaie de cuivre et de billon de l'Ancien Régime, celle des achats quotidiens. Une pièce brune ou grise, de 17 à 31 mm, au profil royal usé, avec parfois les mots « LIARD DE FRANCE » ou des L couronnés : c'est presque toujours l'une d'elles. Émises par centaines de millions, elles sortent encore des jardins, des greniers et des tiroirs de famille, en Normandie comme ailleurs.
Profil ou buste du roi avec sa titulature latine ; à partir de 1791, légende en français sur les pièces constitutionnelles. Sous Louis XIII, la légende des petites pièces de cuivre nomme souvent la pièce, par exemple « DOUBLE TOURNOIS ».
Selon le règne : trois fleurs de lis, l'écu de France couronné, deux L entrelacés sous une couronne, ou l'inscription « LIARD DE FRANCE ». En 1791-1792, un faisceau dans une couronne de chêne. La lettre d'atelier se place sous l'écu ou dans le champ.
Ces pièces existent en une foule de dates et d'ateliers, souvent illisibles. Le tableau suit les types courants et met en avant les frappes à la lettre B. Pour situer votre pièce, partez du métal, puis du diamètre et du revers.
| Pièce | Règne | Années | Métal et poids | Repère pour la lettre B |
|---|---|---|---|---|
| Double tournois (2 deniers) | Louis XIII | types de 1637-1643 | Cuivre, 2,5 à 3,1 g | Pas de relevé B trouvé |
| Liard de Corbeil | Louis XIV | 1654 | Cuivre, environ 3,8 g | Lettre A ; 4 075 pièces seulement |
| Liard de France | Louis XIV | 1655-1658 | Cuivre, 3,8 à 4,1 g, 22-23 mm | Lettre B frappée à Pont-de-l'Arche : 1655 B, 11 527 000 ; 1656 B, 13 880 000 |
| Sou marqué (2 sols aux deux L couronnés) | Louis XV | 1738-1769 | Billon 250 ‰, 2,18 g | 1738 B : 366 777 ; 1739 B : 2 462 459 ; 1740 B : 1 491 204 |
| Liard à l'écu | Louis XVI | 1777-1791 | Cuivre, 3,06 g, 23,5 mm | Rouen : 1785-1786 et 1788-1791 ; 1791 B : tirage n. c. |
| Sol à l'écu | Louis XVI | 1777-1791 | Cuivre, 12,24 g, 28-31 mm | Rouen : 1785 et 1788-1791 ; 1791 B : 1 833 000 |
| 12 deniers constitutionnel | Louis XVI | 1791-1792 | Cuivre ou métal de cloche, 12,23 g, 29 mm | 1791 B : 5 625 904 |
| 2 sols constitutionnel | Louis XVI | 1791-1792 | Cuivre ou métal de cloche, 24,47 g | 1791 B et 1792 B ; 1791 B : 768 000 selon Numista |
Tirages et années d'après Coinvarieties (qui cite Droulers, Duplessy et Gadoury) pour le liard de 1654, le liard de France 1655 B, les liards, sols et 12 deniers de Rouen ; Numista pour 1656 B et le sou marqué de Rouen, d'après un résumé. Les monnaies féodales et les liards en billon du XVIe siècle ne sont pas traités.
Au XVIIe siècle, la petite monnaie royale de cuivre, ce sont les deniers et doubles tournois, au nom de la pièce écrit en toutes lettres. Sous Louis XIV, une première émission de liards est confiée à Corbeil en 1654, à quelques milliers d'exemplaires. L'année suivante commence le grand programme des liards de France : de 1655 à 1658, des fermiers privés en frappent des millions dans des ateliers ouverts pour l'occasion.
Au siècle suivant, Louis XV lance en 1738 le sou marqué, une pièce de billon aux deux L couronnés qui compte pour 2 sols. Il circulera jusqu'à sa démonétisation, en 1845. Louis XVI fait graver par Duvivier de nouveaux liards et sols de cuivre à partir de 1777.
En 1791-1792, la monarchie constitutionnelle, à court de petite monnaie, émet des 12 deniers et des 2 sols au faisceau, avec une légende en français. On les frappe en hâte, souvent dans du métal de cloche, d'où leur aspect parfois grossier. Pour replacer ces pièces, voyez les monnaies royales et l'écu d'argent de la même période.
Sur une petite pièce royale, un B renvoie le plus souvent à Rouen, mais pas toujours. Pour le liard de France de 1655-1658, la lettre B correspond à l'atelier temporaire de Pont-de-l'Arche, dans l'Eure, et non à l'atelier de Rouen. Numista distingue les pièces de 1656 à 1658 par un B accompagné d'une étoile. Ces liards normands ont été frappés en masse : plus de onze millions en 1655 selon Coinvarieties, près de quatorze millions en 1656 selon Numista.
Rouen, lui, apparaît au XVIIIe siècle. Il frappe le sou marqué dès les premières années : près de 2,5 millions en 1739. Sous Louis XVI, il produit des liards en 1785-1786 et de 1788 à 1791, et des sols en 1785 puis de 1788 à 1791. En 1791, il fournit aussi plus de 5,6 millions de pièces de 12 deniers et des 2 sols au faisceau.
Lisez la lettre à la loupe : sur le cuivre usé, un B se confond facilement avec un R ou un D. La page sur l'atelier de Rouen et le guide des ateliers monétaires donnent les autres lettres.
Les variétés tiennent aux ateliers, aux bustes et aux différents, les petits signes du directeur et du graveur placés dans la légende. Sur certains sous marqués de Rouen, Numista relève une date regravée, 1740 sur 1739. Les catalogues spécialisés, comme Droulers ou Duplessy, détaillent ces nuances.
Il a existé des imitations d'époque, notamment de sous marqués, souvent plus légères et aux lettres maladroites ; les catalogues les classent à part. Les copies modernes, en revanche, sont rares sur des pièces aussi communes.
Le principal ennemi de ces monnaies reste la corrosion. Une pièce de cuivre sortie de terre se couvre de croûtes vertes ou brunes. Ne la grattez pas, ne la trempez dans aucun produit : vous emporteriez la date et la lettre d'atelier avec la croûte. Le guide pour reconnaître une fausse pièce et celui sur le nettoyage expliquent quoi faire.
Les jetons de compte en cuivre des XVIIe et XVIIIe siècles ont souvent la taille d'un liard. Ils portent une allégorie, une devise ou le nom d'une institution, jamais de lettre d'atelier ni de nom de pièce.
Les cuivres de la République prolongent la série sans roi : les 2 sols aux balances de 1793, connus aussi à la lettre B, puis les décimes et centimes. Leur légende est « REPUBLIQUE FRANÇOISE » ou « FRANÇAISE ».
Les liards et deniers des seigneuries voisines du royaume ont un module proche mais ne donnent pas au prince le titre de roi de France. Enfin, au XIXe siècle, on parlait encore de « sous » pour les pièces de 5 et 10 centimes : une pièce datée en centimes n'est pas un sol royal. Pour les cuivres plus anciens, voyez les monnaies anciennes.
Ces pièces ont changé de main pendant des décennies, parfois plus d'un siècle : la plupart se trouvent en état « beau » ou « très beau », visage aplati et légende incomplète. Une pièce bien lisible est déjà une bonne trouvaille.
Sur le portrait, suivez la chevelure et le profil : tant que les mèches restent distinctes et que l'œil se devine, l'usure est modérée. Au revers, ce sont les fleurs de lis et la couronne qui s'effacent d'abord. Sur le sou marqué, mince et pauvre en argent, les deux L perdent vite leur trait.
Pour le cuivre, la couleur compte : une patine brune homogène est normale et recherchée. Des points verts poudreux qui s'étendent signalent une corrosion active ; rangez la pièce au sec, à l'abri des variations d'humidité. Le guide des états de conservation détaille chaque degré d'usure.
La Normandie a frappé une part de ces petites monnaies. Sous Louis XIV, les liards de France à la lettre B sortent de l'atelier temporaire de Pont-de-l'Arche, en 1655-1658. Au XVIIIe siècle, l'atelier de Rouen, lettre B, frappe des sous marqués de Louis XV, des liards et sols de Louis XVI, puis des 12 deniers et 2 sols constitutionnels en 1791-1792. Ces pièces se retrouvent dans les successions et les jardins du Havre et de toute la région. Voir l'atelier de Rouen.
Non, pour le liard de France de 1655-1658 la lettre B désigne l'atelier de Pont-de-l'Arche, dans l'Eure. Rouen n'apparaît sur les petites monnaies qu'au XVIIIe siècle.
C'est une pièce mince et grise de billon, environ 2,2 g, avec deux L entrelacés sous une couronne. Elle date de Louis XV et comptait pour 2 sols.
Le sol de Louis XVI pèse environ 12 g pour 28 à 31 mm, le liard environ 3 g pour 23,5 mm. Un sol compte quatre liards.
Souvent, oui : le poids, le diamètre et un détail du revers suffisent à un numismate pour situer le type, lors d'une estimation gratuite. Ne la nettoyez pas avant.