Aller au contenu
Monnaies françaises · Royales

Louis d'or des rois de France

1640-1792 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

Louis d'or de Louis XVI à la tête nue, 1786, aversLouis d'or de 1786, revers aux écus accolés de France et de Navarre
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr à 22 carats (917 ‰)
Poids légal6,75 g jusqu'en 1709 ; 8,158 g pour le louis au soleil et de 1726 à 1785 ; 7,649 g après la réforme de 1785 ; poids variables de 1716 à 1725
DiamètreDe 22 à 26 mm selon le type
Période1640 à 1792, louis constitutionnel jusqu'en 1793
DénominationsDemi-louis, louis, double louis ; pièces de 4, 8 et 10 louis en 1640
AteliersA (Paris), B (Rouen), D (Lyon), K (Bordeaux), T (Nantes), W (Lille) et une vingtaine d'autres lettres
RéférencesGadoury (Monnaies royales françaises), Duplessy, Droulers (Répertoire général), Friedberg
Catégoriesfrançaises, or

Une pièce d'or au portrait d'un roi Louis, datée du XVIIe ou du XVIIIe siècle : c'est un louis d'or, la monnaie d'or du royaume entre 1640 et la Révolution. Son revers montre des L couronnés, des lis ou deux écus, et une lettre y désigne l'atelier de fabrication. Beaucoup de familles normandes en gardent un ou deux, parfois montés en pendentif, et une bonne partie porte le B de Rouen.

Identification

Louis d'or des rois de France : reconnaître la pièce

Louis d'or de Louis XVI à la tête nue, 1786, avers

Avers

Tête ou buste d'un roi Louis : regard vers la droite sous Louis XIII et Louis XIV, vers la gauche sous Louis XV et Louis XVI. La légende en latin abrégé nomme le roi et ses royaumes, par exemple « LVD. XIIII. D. G. FR. ET NAV. REX » pour Louis XIV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu. Selon les types, le millésime et la lettre d'atelier se trouvent sous le buste.

Louis d'or de 1786, revers aux écus accolés de France et de Navarre

Revers

Le dessin change avec les refontes : croix de huit L couronnés, quatre L, insignes royaux, soleil au centre de la croix, puis écus de France et de Navarre, ovales et accolés (« lunettes ») ou carrés à la fin du règne de Louis XVI. On y lit presque toujours « CHRS. REGN. VINC. IMP. », pour « Christus regnat, vincit, imperat ».

Tranche
Cordonnée pour la plupart des types ; Numista indique une tranche lisse sur le louis de Louis XIII, et Coinvarieties sur le louis à la mèche longue.
Graveur
Jean Warin grave le premier louis en 1640. Les Roettiers (Joseph, Norbert puis Joseph-Charles) signent la plupart des types de Louis XIV et de Louis XV. Benjamin Duvivier grave la tête nue de Louis XVI, signée DUVIV.
Millésimes et tirages

Louis d'or des rois de France : les dates à connaître

Les types se succèdent dans l'ordre chronologique, du premier louis de 1640 au louis constitutionnel. Pesez votre pièce et rapprochez le résultat de la colonne des poids : c'est le contrôle le plus rapide. La dernière colonne donne, quand nous l'avons trouvé, un exemple de louis portant la lettre B de Rouen, avec son tirage publié.

Louis d'or des rois de France : millésimes et tirages
TypeRègneAnnéesPoids légalExemple frappé à Rouen (B)
Louis à la croix de huit LLouis XIII1640-16436,75 gNon relevé
À la mèche courteLouis XIV1643-16566,75 gNon relevé
À la mèche longueLouis XIV1646-16606,75 g1647 B, tirage inconnu
À la tête nueLouis XIV1668-16836,75 gNon relevé
À l'écuLouis XIV1690-16936,75 gDouble louis 1691 B : 18 400 sur flans neufs, plus des réformations
Aux quatre LLouis XIV1693-17006,75 g1695 B : 101 141 réformés et 2 899 sur flans neufs
Aux huit L et aux insignesLouis XIV1700-17036,75 gNon relevé
Aux insignesLouis XIV1704-17096,75 gNon relevé
Au soleilLouis XIV1709-17158,158 gNon relevé
De NoaillesLouis XV1716-171812,235 gNon relevé
À la croix du Saint-EspritLouis XV1718-17199,79 gNon relevé
Aux deux LLouis XV1720-17239,79 gNon relevé
MirlitonLouis XV1723-17256,525 g1724 B, grandes palmes : environ 262 400 (estimation)
Aux lunettesLouis XV1726-17408,158 g1726 B : environ 195 200 ; demi-louis seulement en 1727 et 1730
Au bandeauLouis XV1740-17748,158 g1741 B : 23 640
À la vieille têteLouis XV1771-17748,158 gNon relevé
Aux lunettesLouis XVI1774-17858,158 gNon relevé
À la tête nueLouis XVI1785-17927,649 g1786 B : 418 848 ; 1787 B : 30 229
ConstitutionnelLouis XVI1792-17937,649 gNon relevé

Types, dates et poids d'après Numista et Wikipédia ; tirages de Rouen d'après les fiches Coinvarieties, qui citent le répertoire de Droulers. « Non relevé » signifie que nous n'avons pas trouvé de louis B de ce type dans nos sources, pas qu'il n'en existe aucun : la liste complète des frappes rouennaises figure dans le Gadoury et le Droulers. Numista donne d'autres chiffres pour 1786 B (251 000) et 1787 B (87 000).

Lire un louis en quatre étapes

Commencez par le nom du roi dans la légende de l'avers : LVD XIII, LVD XIIII, LVD XV ou LVD XVI. Le portrait aide aussi : Louis XIV apparaît enfant, puis adulte à longue perruque ; Louis XV jeune homme, puis avec un bandeau, puis âgé.

Passez ensuite au revers. Une croix de L couronnés renvoie au XVIIe siècle ou aux débuts du XVIIIe. Deux écus ovales côte à côte désignent le louis « aux lunettes », de Louis XV ou de Louis XVI. Deux écus carrés indiquent la tête nue de 1785-1792.

Cherchez alors la lettre d'atelier, placée selon les types au centre de la croix, sous les écus ou sous le buste. A est Paris, B Rouen, D Lyon, K Bordeaux, T Nantes, W Lille. Le guide des ateliers monétaires donne la liste complète.

Dernière étape : la balance. Un louis de 1726-1785 doit approcher 8,16 g, un louis de 1785-1792 environ 7,65 g. Un écart de plusieurs dixièmes de gramme appelle un examen attentif.

Rouen, un grand atelier d'or

La lettre B désigne Rouen depuis la réforme des différents d'atelier de 1540. Nos sources y relèvent des louis sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, dans plusieurs grands types.

Les répertoires conservent des chiffres parlants. En 1695, Rouen produit plus de 100 000 louis aux quatre L par réformation, c'est-à-dire en refrappant d'anciennes pièces, contre moins de 3 000 sur des flans neufs. En 1724, environ 262 000 mirlitons sortent de l'atelier. En 1786, quand le royaume refond ses louis pour appliquer la réforme de 1785, Rouen dépasse les 400 000 louis à la tête nue d'après Droulers.

D'autres dates sont beaucoup plus discrètes : 23 640 louis au bandeau en 1741, environ 30 000 en 1787. Pour les demi-louis aux lunettes, Coinvarieties ne relève que deux millésimes rouennais, 1727 et 1730, en petit nombre. Un louis B n'est donc pas forcément commun : tout dépend du type et de l'année.

Réformations, montures et copies

Entre 1690 et 1700, les louis ont souvent été refrappés sur des pièces plus anciennes. Sous le nouveau dessin, on devine parfois des lettres ou des contours de l'ancien type. Les catalogues l'indiquent par la mention « flan réformé » : c'est une marque d'époque, pas un défaut.

Le louis a beaucoup servi de bijou. Une bélière soudée sur la tranche, une trace de lime, un trou rebouché ou un cordon écrasé sont fréquents. Ces pièces restent des louis authentiques, mais leur intérêt de collection baisse nettement. Ne cherchez pas à effacer ces traces.

Il existe aussi des copies en or de faible titre ou en métal doré. Contrôlez le poids au centième de gramme, le diamètre, la netteté des lettres et le cordon de tranche. Une couleur trop jaune et uniforme, des lettres molles ou un portrait sans finesse sont des signaux d'alerte. Le guide pour reconnaître une fausse pièce décrit la méthode.

Où regarder l'usure

L'usure d'un louis se lit d'abord sur le portrait : les mèches au-dessus de l'oreille, le laurier ou le bandeau, puis la joue. Sur les louis de Louis XV et de Louis XVI, la chevelure est le premier détail à s'aplatir.

Au revers, suivez les couronnes posées sur les L ou sur les écus : leurs perles disparaissent vite. Les fleurs de lis des écus perdent ensuite leur relief central. Quand la légende du revers devient difficile à lire sur le bord, la pièce a longtemps circulé.

Un louis frotté au produit ou à la brosse porte des rayures fines et parallèles, et un éclat trop vif. Ce nettoyage fait baisser l'état, même sur une pièce peu usée : lisez pourquoi il ne faut pas nettoyer une pièce. Les grades TB, TTB et SUP sont expliqués dans notre guide des états de conservation.

Louis d'or des rois de France : les pièces à ne pas confondre

Le napoléon, c'est-à-dire la pièce de 20 francs or, est souvent appelé « louis » dans les familles. Il date de 1803 et après, pèse 6,45 g et indique « 20 FRANCS » : voyez le 20 francs or Napoléon Ier et le 20 francs des rois de 1814 à 1848.

Les écus d'argent de Louis XIV à Louis XVI reprennent les mêmes portraits et parfois des revers proches, mais en argent et sur un module plus large : voyez les écus royaux en argent. Les grands multiples de 1640 (4, 8 et 10 louis) sont des pièces de prestige, que l'on ne rencontre presque jamais hors des collections publiques et des ventes spécialisées.

Dernier piège : les médailles et jetons royaux en or, frappés pour des événements ou des corporations. Ils portent aussi le portrait du roi, mais leur revers montre une scène, une devise ou une date d'événement, sans lettre d'atelier ni L couronnés.

Au Havre

Louis d'or des rois de France en Normandie

Pour un louis trouvé au Havre ou ailleurs en Normandie, regardez d'abord s'il porte un B : c'est la lettre de l'atelier royal de Rouen, qui a frappé des louis sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Les répertoires relèvent par exemple 101 141 louis aux quatre L réformés à Rouen en 1695, 23 640 louis au bandeau en 1741 et plus de 400 000 louis à la tête nue en 1786. La page sur l'atelier de Rouen retrace son histoire.

Louis d'or des rois de France : questions fréquentes

Mon louis porte un B : est-ce Rouen ?

Oui. Sur les monnaies royales françaises, la lettre B seule désigne l'atelier de Rouen. Le type et le millésime précisent ensuite le tirage, très variable d'une année à l'autre.

Pourquoi deux louis de même taille n'ont-ils pas le même poids ?

Parce que le poids légal a changé avec les refontes : 6,75 g jusqu'en 1709, 8,158 g pendant la plus grande partie du XVIIIe siècle, 7,649 g après 1785, et des poids changeants sous la Régence.

Qu'appelle-t-on un louis « réformé » ?

Un louis refrappé avec un nouveau dessin sur une pièce plus ancienne, sans refonte, surtout dans les années 1690. Des traces du type précédent restent parfois visibles.

Faut-il retirer la bélière d'un louis monté en bijou ?

Non. Présentez-le tel quel à un numismate lors d'une estimation : un dessoudage laisse des traces souvent plus gênantes que la bélière elle-même.