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Monnaies françaises · XIXe siècle

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe

1814-1848 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

20 francs or de Charles X, 1830, avers : tête du roi20 francs or de Charles X, 1830, revers : écu de France couronné
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids6,45 g
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Années de frappe1814-1824 (Louis XVIII), 1825-1830 (Charles X), 1830-1848 (Louis-Philippe)
AteliersParis (A), Rouen (B), La Rochelle (H), Bordeaux (K), Bayonne (L), Marseille (MA), Perpignan (Q), Nantes (T), Lille (W)
Frappes de Rouen1815 (buste habillé), 1831 (tête nue), 1832 à 1835 (tête laurée)
Tirages par type5 643 979 (buste habillé), 12 743 702 (buste nu), environ 1,69 million (Charles X), 2 376 202 (tête nue de Louis-Philippe), 6 868 934 (tête laurée)
RéférencesLe Franc F.517 à F.527 ; Gadoury 1026 à 1031 ; KM 706, 750
Catégoriesfrançaises, or

Entre la chute de Napoléon et la révolution de 1848, la pièce de 20 francs or porte le portrait de trois rois successifs, sans changer de poids ni de titre. Un écu aux fleurs de lys au revers signale Louis XVIII ou Charles X ; une simple couronne et la mention « ROI DES FRANÇAIS » signalent Louis-Philippe. Ces pièces ont circulé jusqu'en 1914 et reviennent souvent dans les héritages, y compris avec la lettre B de Rouen.

Identification

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe : reconnaître la pièce

20 francs or de Charles X, 1830, avers : tête du roi

Avers

Portrait du roi avec son titre. « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE » : buste en habit en 1814-1815, buste nu de 1816 à 1824. « CHARLES X ROI DE FRANCE » : tête nue tournée à gauche, signée MICHAUT. « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS » : tête nue signée TIOLIER en 1830-1831, tête laurée de Domard à partir de 1832.

20 francs or de Charles X, 1830, revers : écu de France couronné

Revers

Sous Louis XVIII et Charles X, écu de France aux trois fleurs de lys, couronné, entre deux branches de laurier ; la mention de 20 francs, la lettre d'atelier et l'année figurent en bas. Sous Louis-Philippe, « 20 FRANCS » et l'année au centre d'une couronne de feuillage, la lettre d'atelier en dessous.

Tranche
« DOMINE SALVUM FAC REGEM » pour Louis XVIII et Charles X. « DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour Louis-Philippe, en creux ou en relief sur la tête nue, en relief sur la tête laurée.
Graveur
Pierre-Joseph Tiolier (buste habillé de Louis XVIII), Auguste-François Michaut (buste nu de Louis XVIII et Charles X), Nicolas-Pierre Tiolier (tête nue de Louis-Philippe), Domard (tête laurée).
Millésimes et tirages

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe : les dates à connaître

Le tableau réunit toutes les frappes de Rouen (B) relevées pour ce type, puis, pour chaque règne, les plus gros tirages et les plus petits. Rouen ne frappe le 20 francs qu'en 1815, puis de 1831 à 1835 : aucune pièce B n'est connue pour le buste nu de Louis XVIII ni pour Charles X. Lisez la lettre sous l'écu ou sous la couronne, et comparez avec la colonne des tirages.

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageCe qu'il faut savoir
1814A2 683 837Buste habillé ; chiffre 4 court ou long
1814W59 724Lille ; le 4 long y est la variété rare
1815A2 467 038Fin du buste habillé
1815B23 054Rouen ; unique année rouennaise de Louis XVIII
1815L54 702Bayonne ; variétés de symbole et 5 sur 4
1816L853Le plus petit tirage du buste nu
1818A2 680 950Année la plus abondante du buste nu
1821A11 761Tirage réduit pour Paris
1822H1 253La Rochelle, seule année
1824MA2 001Marseille, seule année
1825A664 472Charles X, première année
1826Q4 574Perpignan sous Charles X
1829A7 783Paris au plus bas sous Charles X
1830A18 391Louis-Philippe, tête nue, première année
1831A2 161 841Tête nue, l'année la plus courante
1831B88 286Rouen, tête nue ; tranche en creux ou en relief
1832A6 360Paris, première année de la tête laurée
1832B14 976Rouen, première année de la tête laurée
1833B155 371Rouen, son plus fort tirage de 20 francs
1834B77 226Rouen
1834L20 938Bayonne, seule année sous Louis-Philippe
1835B25 908Dernier 20 francs de Rouen
1840A2 045 362Année la plus abondante de Louis-Philippe
1845A939Le plus petit tirage parisien de la tête laurée
1846W1 408Dernière frappe lilloise
1848A441 796Fin du règne

Tirages d'après les tableaux de BDOR par type ; la liste des années et ateliers suit le catalogue Le Franc (F.517/11 pour 1815 B, F.524/3 pour 1831 B, F.527/2, /5, /8 et /12 pour 1832 à 1835 B). Coinvarieties donne des chiffres voisins tirés du Le Franc : 22 982 pour 1815 B, 88 184 pour 1831 B, 155 197 pour 1833 B. Quand une année connaît plusieurs variétés, le tirage couvre l'ensemble.

Trois rois, trois portraits

La loi de germinal an XI (1803) a fixé le 20 francs à 6,45 g d'or au titre de 900 ‰. Les rois revenus en 1814 conservent cette norme : seuls le portrait, la légende et le revers changent.

Louis XVIII apparaît d'abord en buste, vêtu de l'habit, en 1814-1815, puis le cou nu de 1816 à 1824. Sur le revers, l'écu aux trois lys couronné marque le retour de la monarchie. Pendant les Cent-Jours de 1815, Napoléon reprend brièvement la frappe à son effigie : la même année porte donc des pièces royales et impériales.

Charles X, roi de 1824 à 1830, garde l'écu aux lys et confie son portrait à Michaut. Son monnayage d'or est le plus mince des trois règnes, autour de 1,7 million de pièces.

Louis-Philippe, porté au trône par la révolution de juillet 1830, se dit « roi des Français ». Le revers abandonne l'écu pour une couronne de feuillage. Sa tête nue de 1830-1831 cède la place dès 1832 à une tête laurée, frappée jusqu'en 1848. Pour situer ces règnes, voyez les monnaies du XIXe siècle.

Les 20 francs de Rouen, de 1815 à 1835

L'atelier de Rouen n'a frappé ce type qu'à deux moments. En 1815, il produit 23 054 pièces au buste habillé de Louis XVIII : c'est sa seule contribution au 20 francs de ce roi, et l'année 1814 n'existe pas avec la lettre B.

Rouen revient à l'or sous Louis-Philippe. En 1831, il frappe 88 286 pièces à la tête nue de Tiolier d'après BDOR. Le Franc distingue deux variétés pour ce millésime, avec l'inscription de tranche en creux ou en relief. De 1832 à 1835, quatre années de tête laurée suivent : 14 976, 155 371, 77 226 puis 25 908 pièces. Après 1835, plus aucun 20 francs ne porte la lettre B ; l'atelier ferme en 1857-1858, comme Lille, Lyon et Marseille.

Au total, Rouen a donc frappé moins de 400 000 pièces de ce type, une petite part des quelque 29 millions sortis de tous les ateliers. Sur une pièce marquée B, vérifiez que l'année figure bien parmi 1815, 1831, 1832, 1833, 1834 et 1835 : une autre date signale une lettre mal lue ou une pièce retouchée. Le guide des ateliers présente les autres lettres.

Petites variétés et pièces retouchées

Les catalogues spécialisés détaillent plusieurs variétés faciles à vérifier à la loupe. En 1814, le 4 de la date se présente court ou long. En 1815, des ateliers de province ont regravé un 5 sur le 4 de l'année précédente. Sous Charles X, la couronne de laurier du revers compte quatre feuilles et demie ou cinq feuilles sur une branche, et un 1830 parisien montre un 0 refait sur un 9. Quelques pièces de 1830 ont une tranche cannelée au lieu de l'inscription.

Les faibles tirages attirent les retouches : une lettre d'atelier modifiée ou un chiffre regravé peut transformer une date courante en date recherchée. Regardez si le champ est creusé ou rayé autour de la lettre et du millésime, et si leurs contours ont la même netteté que le reste de la légende.

Il circule aussi des contrefaçons, parfois en or. Les contrôles de base restent 6,45 g, 21 mm, un portrait net et une inscription de tranche régulière, bien alignée. Le guide pour reconnaître une fausse pièce les détaille.

Juger l'usure sur ces portraits

La plupart des exemplaires retrouvés ont longtemps circulé et se situent entre TB et TTB. Sur l'avers, la chevelure au-dessus de l'oreille et la pommette s'effacent en premier. Le buste habillé de 1814-1815 perd vite le détail des broderies ; sur la tête laurée de Louis-Philippe, ce sont les nervures des feuilles qui renseignent le mieux.

Au revers de Louis XVIII et de Charles X, observez la couronne au-dessus de l'écu, puis le centre des fleurs de lys, avant les branches de laurier, qui résistent mieux. Au revers de Louis-Philippe, une couronne dont on distingue encore chaque feuille indique un TTB ; si elles se fondent en un bourrelet, la pièce est plutôt en TB.

Un éclat d'origine subsistant autour des lettres caractérise les pièces SUP. Un frottement pour faire briller laisse des rayures fines impossibles à effacer : voyez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.

Pièces voisines à distinguer

Le 20 francs de Napoléon Ier a exactement le même module ; sa légende parle d'Empire ou de République, et ses portraits sont impériaux. Le 40 francs or des mêmes rois reprend leurs effigies sur une pièce plus grande et plus lourde. Les écus de 5 francs en argent portent aussi ces portraits, sur un grand module.

Après 1848, la Deuxième République adopte le 20 francs Génie, puis vient le 20 francs Napoléon III. Enfin, les épreuves sur flan bruni, au champ miroir, sont des pièces de présentation et non de circulation.

Attention aussi à l'année 1815, qui réunit des 20 francs de Louis XVIII et des 20 francs des Cent-Jours à l'effigie de Napoléon. Le portrait et la légende suffisent à les séparer. Pour les pièces de Rouen, un B accompagné d'une date comprise entre 1816 et 1830 ne correspond à aucune frappe relevée : relisez la lettre et la date à la loupe.

Au Havre

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe en Normandie

L'atelier de Rouen a frappé ce 20 francs or en 1815 pour Louis XVIII (23 054 pièces), puis de 1831 à 1835 pour Louis-Philippe, avec un pic de 155 371 pièces en 1833. Aucune pièce B n'est relevée pour Charles X ni pour le buste nu de Louis XVIII. Ces 20 francs B, comme ceux de Paris et de Lille, se retrouvent aujourd'hui dans les successions du Havre et de la Normandie. L'histoire de l'atelier est présentée sur la page de l'atelier de Rouen.

20 francs or de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe : questions fréquentes

Quelles années portent la lettre B de Rouen ?

1815 au buste habillé de Louis XVIII, 1831 à la tête nue de Louis-Philippe, puis 1832, 1833, 1834 et 1835 à la tête laurée. Les catalogues consultés n'en signalent pas d'autre.

Mon 20 francs aux lys est-il de Louis XVIII ou de Charles X ?

Lisez le nom autour du portrait. Les deux rois partagent le même revers à l'écu ; Charles X a une tête nue tournée vers la gauche, signée MICHAUT sous le cou.

Pourquoi deux pièces de 1831 n'ont-elles pas la même tranche ?

La tête nue de Louis-Philippe existe avec l'inscription « DIEU PROTEGE LA FRANCE » en creux ou en relief. Les catalogues les classent comme deux variétés distinctes, y compris pour Rouen.

Peut-on encore payer avec ces pièces ?

Non. Elles ont cessé de circuler pendant la Première Guerre mondiale et ont été démonétisées depuis ; elles relèvent aujourd'hui de la collection et du métal. Un numismate peut les examiner lors d'une estimation gratuite.