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Monnaies françaises · XIXe siècle

10 francs or

1850-1914 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

10 francs or Napoléon III tête nue, 1855, avers10 francs or 1855, atelier A, revers
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr à 900 ‰
Poids3,2258 g, arrondi à 3,22 g
Or fin2,903 g
Diamètre19 mm ; environ 17 mm pour le petit module de 1854-1855
Épaisseur (Coq)Environ 0,8 mm
Périodes de frappe1850-1851 ; 1854-1868 ; 1878-1899 ; 1899-1914
AteliersA (Paris) pour tous les types ; BB (Strasbourg) pour Napoléon III seulement
Démonétisation (Coq)25 juin 1928
RéférencesLe Franc F.504 à F.509 ; Coq : KM 846, Gadoury 1017
Catégoriesfrançaises, or

Petite pièce de 19 mm pour 3,22 g, le 10 francs or porte la moitié du métal d'un 20 francs, d'où son surnom de demi-napoléon. La France l'a fabriqué entre 1850 et 1914 avec quatre dessins successifs : Cérès, Napoléon III tête nue, Napoléon III tête laurée et Coq. Plus discret que son grand frère, il apparaît pourtant régulièrement dans les héritages, et certaines années à faible tirage retiennent l'attention des collectionneurs.

Identification

10 francs or : reconnaître la pièce

10 francs or Napoléon III tête nue, 1855, avers

Avers

Quatre possibilités. Tête de Cérès couronnée d'épis, inscription « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1850-1851, puis 1878-1899). Tête nue, puis laurée, de Napoléon III avec « NAPOLEON III EMPEREUR » (1854-1868). Marianne coiffée du bonnet phrygien avec « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1899-1914).

10 francs or 1855, atelier A, revers

Revers

Pour la Cérès et Napoléon III : « 10 FRANCS » et l'année, entourés de l'inscription de la République ou de « EMPIRE FRANÇAIS », avec la lettre d'atelier sous la mention de la dénomination. Pour le Coq : un coq debout et « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ », sans lettre d'atelier.

Tranche
Cannelée en règle générale. Le Napoléon III de 1854 en petit module existe aussi avec une tranche lisse.
Graveur
Louis Merley (Cérès) ; Jacques-Jean Barre, puis son fils Albert-Désiré Barre (Napoléon III) ; Jules-Clément Chaplain (Coq).
Millésimes et tirages

10 francs or : les dates à connaître

Les types se suivent dans l'ordre où ils ont été frappés. Pour chacun, le tableau garde surtout les années extrêmes : les plus abondantes et les plus maigres. À regarder de près : les lignes de 1855 et 1858 de Strasbourg (BB), la Cérès de 1895 et de 1850, et le Coq de 1909.

10 francs or : millésimes et tirages
TypeAnnéeAtelierTirageRemarque
Cérès, IIe République1850A592 051Deux coiffures : oreille relevée ou basse
Cérès, IIe République1851A3 115 226Abondante
Napoléon III tête nue, petit module1854A3 899 802Tranche lisse ou cannelée
Napoléon III tête nue, petit module1855A959 190Fin du petit module
Napoléon III tête nue1855BB32 188Tirage de 32 188 pièces
Napoléon III tête nue1857A14 498 136Année la plus abondante de tous les 10 francs
Napoléon III tête nue1858BB677 326Moins d'un million
Napoléon III tête nue1859BB3 214 583Plus de trois millions
Napoléon III tête nue1860A6 363 1316 fermé, 6 ouvert, différent abeille
Napoléon III tête laurée1862A2 844 037Aussi en type hybride à petit 10
Napoléon III tête laurée1862BB1 461 785Première tête laurée de cet atelier
Napoléon III tête laurée1863BB1 905 372Lettres petites ou grandes
Napoléon III tête laurée1866A3 719 748Année la plus abondante de la tête laurée
Napoléon III tête laurée1867A1 204 755Plus petit tirage parisien de la tête laurée
Napoléon III tête laurée1868BB1 225 954Fin du type
Cérès, IIIe République1878A30Flan bruni à tranche lisse
Cérès, IIIe République1889A100Flan bruni
Cérès, IIIe République1895A213 999Plus petit tirage courant de la IIIe République
Cérès, IIIe République1896A585 010Moins d'un million
Cérès, IIIe République1899A1 600 000Fin de la Cérès
Coq1899sans lettre698 503Lancement ; aussi sur flan mat
Coq1900sans lettre1 570 433Aussi sur flan mat
Coq1906sans lettre3 665 353Année la plus abondante du Coq
Coq1909sans lettre598 795Année la plus maigre du Coq
Coq1914sans lettre3 047 863Fin de la série

Chiffres tirés des tableaux de BDOR, type par type ; découpage des types d'après Le Franc (F.504 à F.509). Pour le Coq, Numista (d'après Le Franc) concorde sauf en 1899, où il indique 689 503 ; il ne liste aucune frappe en 1902, 1903, 1904 et 1913. CoinVarieties compte 32 146 pièces au lieu de 32 188 pour la ligne 1855 BB. Lorsqu'une année a plusieurs variétés, le chiffre les additionne.

Mesurer avant de lire

Sur une pièce usée, la mention de la dénomination se lit parfois mal. Un pied à coulisse et une balance de cuisine précise au centième lèvent le doute en quelques secondes. Un 10 francs or mesure 19 mm et pèse 3,22 g ; le 20 francs, 21 mm et 6,45 g. La seule exception est le petit module de 1854-1855, d'environ 17 mm pour le même poids.

Attention à ne pas le confondre avec le 5 francs or de Napoléon III, plus petit encore et deux fois plus léger. Le portrait est le même, mais la mention « 5 FRANCS » figure au revers.

Il n'existe pas de 10 francs or au Génie : ce dessin a été réservé aux pièces de 20, 50 et 100 francs. Si l'on vous présente un « 10 francs Génie », il s'agit d'une confusion avec le 20 francs Génie ou d'une imitation.

Le Coq de 10 francs reprend trait pour trait le dessin du 20 francs Coq. Seule la mention « 10 Fcs » sous l'oiseau, et bien sûr la taille, les séparent.

Quatre visages de 1850 à 1914

Cérès (1850-1851, puis 1878-1899). La déesse des moissons porte une couronne d'épis. Sa première apparition, sous la IIe République, se fait à plus de trois millions d'exemplaires en 1851. Son retour sous la IIIe République reste confidentiel, autour de 2,4 millions de pièces en vingt ans.

Napoléon III tête nue (1854-1860). L'empereur apparaît sans couronne. En 1854 et 1855, la pièce est frappée en petit module ; elle passe ensuite à 19 mm en devenant plus mince, d'où la coexistence des deux tailles en 1855. C'est le type le plus produit, avec plus de 60 millions de pièces en grand module selon BDOR.

Napoléon III tête laurée (1862-1868). Une couronne de laurier ceint la tête de l'empereur. En 1862, un premier revers, dit hybride, montre un « 10 » plus petit que celui du type définitif.

Coq (1899-1914). Marianne au bonnet phrygien et coq dressé, par Jules-Clément Chaplain, sans lettre d'atelier. Environ 23,9 millions de pièces, toutes de Paris, sur douze années de frappe. Numista date sa démonétisation du 25 juin 1928. Pour situer ces règnes, voyez les monnaies françaises du XIXe siècle.

Les années à surveiller

Le tableau montre des écarts considérables. L'année 1857, à Paris, dépasse 14 millions de pièces ; la ligne 1855 BB, frappée à Strasbourg, n'en compte que 32 188, le plus petit tirage de toutes les pièces de 10 francs or destinées à la circulation. Celle de 1858, à 677 326 pièces, est également recherchée.

Sous la République, la Cérès de 1895 (213 999) est la plus faible des années courantes, suivie de 1896 (585 010). La Cérès de 1850, à 592 051 exemplaires, intéresse aussi les collectionneurs, avec ses deux variétés de coiffure. Pour le Coq, 1909 se distingue avec 598 795 pièces, et 1899 reste sous les 700 000.

Deux familles sont à part : les flans brunis de 1878 (30 pièces) et de 1889 (100 pièces), frappés pour des présentations, et les Coq sur flan mat de 1899 et 1900. On ne les trouve pas dans un héritage courant. Pour une date faible, la vérification par un numismate est utile : la page estimation de pièces explique la démarche.

Variétés et contrefaçons

Les variétés du 10 francs se lisent presque toujours à la loupe. En 1854, le petit module a d'abord reçu une tranche lisse, avec un A de grande ou de petite taille, avant de passer à la tranche cannelée. À Paris en 1860, la forme du 6 (fermé ou ouvert) et le différent abeille distinguent plusieurs émissions. Sous la tête laurée, l'atelier de Strasbourg (BB) a utilisé des lettres d'atelier petites ou grandes selon les années. La Cérès de 1850 se décline enfin selon la position de l'oreille dans la chevelure.

Côté copies, les types Napoléon III et Coq sont les plus imités. Une pièce aussi légère pardonne peu : un écart de plus de quelques centièmes de gramme doit alerter, comme une épaisseur inhabituelle pour 19 mm. Examinez la régularité des cannelures, la finesse des cheveux et la netteté des lettres. Une pièce percée, soudée ou retirée d'une monture de bijou garde son or, mais perd l'essentiel de son intérêt pour une collection. Le guide des fausses pièces décrit les contrôles à la portée de tous.

L'usure sur une petite pièce

À 19 mm, les reliefs sont fins et quelques années de poche suffisent à faire perdre un grade. Chaque type a ses points sensibles.

Napoléon III : les cheveux au-dessus de l'oreille et la barbiche s'aplatissent d'abord ; sur la tête laurée, ce sont les nervures des feuilles. Cérès : les grains des épis et les mèches du front ; quand les grains se confondent, la pièce est au mieux TB. Coq : les cheveux sous le bonnet de Marianne, puis le poitrail et l'aile du coq.

Les champs, réduits, rendent chaque rayure plus visible que sur un 20 francs. Ne cherchez pas à raviver l'éclat d'une pièce terne : le nettoyage laisse des traces définitives. Voyez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation, ainsi que la page des monnaies en or.

Au Havre

10 francs or en Normandie

Le premier 10 francs or est créé en 1850, alors que l'atelier de Rouen (lettre B) fonctionne encore. Il n'en a pourtant frappé aucun : le catalogue Le Franc ne recense, type par type, que Paris (A) et Strasbourg (BB) pour Napoléon III, jamais la lettre B. Après la fermeture de l'atelier normand à la fin des années 1850, la question ne se pose plus pour la Cérès et le Coq. Au Havre et en Normandie, on retrouve donc des 10 francs or de Paris dans les successions, sans variante normande. L'histoire de l'atelier est détaillée sur la page de l'atelier de Rouen.

10 francs or : questions fréquentes

Existe-t-il des 10 francs or frappés à Rouen ?

Non. Le Franc ne recense aucune lettre B pour les 10 francs or, ni pour la Cérès de 1850-1851, ni pour Napoléon III, alors que l'atelier de Rouen était encore ouvert à ces dates.

Mon 10 francs Coq est daté 1903 : est-ce possible ?

Les tables de Numista et de BDOR ne mentionnent aucune frappe en 1902, 1903, 1904 ni 1913. Une telle date mérite d'être examinée par un numismate.

Comment distinguer un 10 francs or d'un 5 francs or de Napoléon III ?

Par la mention au revers et par le poids : 3,22 g pour le 10 francs, deux fois moins pour le 5 francs.

Pourquoi deux 10 francs Napoléon III de 1855 n'ont-ils pas la même taille ?

En 1855, le petit module d'environ 17 mm cède la place au module de 19 mm, plus mince et de même poids. Les deux tailles portent donc la date 1855.