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Monnaies françaises · IIIe République

20 francs or Coq Marianne

1899-1914 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

20 francs or 1907, avers à la Marianne de Chaplain20 francs or 1907, revers au coq
Photos : The Metropolitan Museum of Art, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr à 900 ‰ ; 897,3 ‰ pour les frappes de 1951-1960
Poids6,45 g
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
ÉpaisseurEnviron 1,25 mm
Années inscrites1899 à 1914
AtelierParis, sans lettre
Frappe d'époque117 448 888 pièces
Frappes 1951-196037 483 500 pièces, datées 1907 à 1914
Démonétisation25 juin 1928
RéférencesF.534 (1899-1906) et F.535 (1907-1914) ; KM 857 pour le second type
Catégoriesfrançaises, or

Une Marianne au bonnet phrygien d'un côté, un coq dressé de l'autre, et aucune lettre d'atelier : c'est le 20 francs or de Jules-Clément Chaplain, dernier type de « napoléon » mis en circulation en France. Il a été émis de 1899 à 1914, puis refabriqué en masse dans les années 1950 avec d'anciennes dates. Ces deux vagues de frappe expliquent qu'on le rencontre plus que tout autre 20 francs dans les tiroirs de famille.

Identification

20 francs or Coq Marianne : reconnaître la pièce

20 francs or 1907, avers à la Marianne de Chaplain

Avers

Tête de Marianne tournée vers la droite, bonnet phrygien orné d'une couronne de feuilles de chêne. Inscription circulaire « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».

20 francs or 1907, revers au coq

Revers

Coq debout vers la gauche, poitrail en avant ; sous lui, « 20 Fcs » et l'année. Inscription « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Pas de lettre d'atelier : la fabrication a eu lieu à Paris.

Tranche
Lettres en relief. « DIEU PROTÈGE LA FRANCE » sur les années 1899 à 1906 ; « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ » sur les années 1907 à 1914, et donc aussi sur les pièces refabriquées dans les années 1950.
Graveur
Jules-Clément Chaplain, graveur en médailles, a dessiné l'avers et le revers.
Millésimes et tirages

20 francs or Coq Marianne : les dates à connaître

Une ligne par année, avec le nombre de pièces sorties à l'époque. Retenez deux repères : les années 1899 à 1906 n'ont jamais été refabriquées, alors que chaque date de 1907 à 1914 peut cacher une pièce des années 1950. Les petits tirages se concentrent au début de la série, en 1900, 1899, 1902 et 1901.

20 francs or Coq Marianne : millésimes et tirages
AnnéeInscription de trancheTirage d'époqueRemarque
1899Dieu protège la France1 500 000Année de lancement ; version sur flan mat
1900Dieu protège la France605 982Le plus petit tirage ; 9 443 flans mats en plus
1901Dieu protège la France2 643 350Faible
1902Dieu protège la France2 393 707Faible
1903Dieu protège la France4 405 175Fréquente
1904Dieu protège la France7 705 674Fréquente
1905Dieu protège la France9 158 132Fréquente
1906Dieu protège la France14 613 010Fin du premier type
1907Liberté égalité fraternité17 715 935Le plus gros tirage ; reprise dans les années 1950
1908Liberté égalité fraternité6 721 325Reprise dans les années 1950
1909Liberté égalité fraternité9 636 955Reprise dans les années 1950
1910Liberté égalité fraternité5 779 072Reprise dans les années 1950
1911Liberté égalité fraternité5 346 044Reprise dans les années 1950
1912Liberté égalité fraternité10 331 805Reprise dans les années 1950
1913Liberté égalité fraternité12 163 138Reprise dans les années 1950
1914Liberté égalité fraternité6 720 141202 359 pièces fabriquées en 1921 ; reprise dans les années 1950

Chiffres d'époque selon Wikipédia (d'après Le Franc) et BDOR, recoupés avec Numista pour 1907 à 1913. Seule divergence : 1900, où BDOR compte 615 425 pièces en additionnant flans normaux et flans mats. Les 37 483 500 pièces des années 1950 ne sont pas incluses, et aucune source consultée ne les ventile par année.

Le premier tri : la date et la tranche

Avant toute loupe, deux lectures suffisent à classer votre pièce. Regardez d'abord l'année sous le coq. Faites ensuite tourner la pièce entre deux doigts pour lire l'inscription de la tranche.

Une année de 1899 à 1906 doit s'accompagner de « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ». Une année de 1907 à 1914 doit porter la devise « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Ce changement de tranche est le seul écart de dessin entre les deux types, et les deux n'ont jamais été mélangés à l'atelier. Un 1903 à devise républicaine sur la tranche, ou un 1912 qui invoque Dieu, n'est donc pas une variété : c'est une fabrication frauduleuse.

La date répond aussi à une autre question. Entre 1899 et 1906, la pièce est forcément d'époque, puisque ces années n'ont pas été refabriquées. Entre 1907 et 1914, elle peut être d'époque ou sortie de la Monnaie de Paris quarante ans plus tard (voir plus bas). Sur une pièce très usée, sachez que c'est souvent la tranche, protégée des frottements, qui reste la plus lisible.

Pièces d'époque et pièces des années 1950

De juin 1951 à 1960, la Monnaie de Paris a remis en route les anciens coins du Coq et produit 37 483 500 pièces, toutes datées entre 1907 et 1914. Les marchands les appellent « refrappes Pinay », d'après Antoine Pinay, président du Conseil à partir de 1952, bien que l'opération ait commencé avant lui. Wikipédia y voit un moyen pour l'État d'agir sur le marché libre de l'or.

Il s'agit de pièces officielles : même atelier, même dessin, même poids. Leur seule différence physique est l'alliage, à 897,3 millièmes d'or et 2,7 millièmes d'argent. Il leur donne parfois une couleur plus cuivrée, mais la patine brouille ce repère. Beaucoup ont dormi en sac et arrivent avec un brillant frais, ce qui est un indice, pas une preuve.

Seule une analyse de composition permet de trancher. Rapporté aux quantités fabriquées, près d'un Coq sur trois aux dates 1907-1914 viendrait de cette seconde vague ; on ignore la proportion parmi les pièces conservées aujourd'hui. Pour un collectionneur qui veut une pièce d'époque sans discussion, une date de 1899 à 1906 lève le doute.

À ne pas confondre avec

Le 10 francs Coq. Même dessin de Chaplain, mais 19 mm et 3,22 g. La mention « 10 Fcs » sous le coq règle la question ; voyez la fiche du 10 francs or.

Le 20 francs Génie. Son prédécesseur direct, de 1871 à 1898, montre une figure ailée qui grave une tablette et porte la lettre A au revers. Fiche : 20 francs or Génie.

Les essais. Des pièces datées 1898 sont signalées par BDOR comme essais ou présérie. Elles relèvent des collections spécialisées et ne se rencontrent pas dans les successions.

Les copies. Le Coq a été imité, y compris en or au titre exact. Méfiez-vous d'une chevelure de Marianne sans détail, d'un plumage du coq empâté, de lettres de tranche mal alignées ou d'un grènetis flou. Pesez au centième (6,45 g, une usure légère retire quelques centièmes) et mesurez le diamètre (21 mm). Le guide sur les fausses pièces décrit les contrôles simples à faire chez soi.

Où l'usure se voit en premier

Sur l'avers, observez les mèches de cheveux sous le bonnet, juste au-dessus du front, et les feuilles de chêne. Tant que les mèches restent séparées et que les feuilles gardent leurs nervures, la pièce est au moins TTB. Quand cheveux et feuillage ne forment plus qu'une surface lisse, on descend vers TB. La pommette est le point suivant à s'aplatir.

Sur le revers, le poitrail du coq est le relief le plus exposé. Viennent ensuite les plumes de l'aile, puis la crête. Une pièce SUP montre encore chaque plume du poitrail.

Les grands champs lisses, autour du coq et derrière la tête, enregistrent tous les chocs. Les Coq longtemps conservés en sac de banque, d'époque comme des années 1950, portent souvent de petites marques de contact sans usure véritable : on les classe alors SUP plutôt que FDC. Ne frottez pas une pièce d'or pour la faire briller, le dommage est définitif. Lisez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.

De 1899 à la démonétisation de 1928

La IIIe République confie en 1899 un nouveau 20 francs à Jules-Clément Chaplain. Marianne et le coq remplacent le Génie, sans toucher au poids ni au titre fixés en 1803. En 1907, la tranche abandonne « DIEU PROTÈGE LA FRANCE » au profit de la devise républicaine ; plusieurs sources rapprochent ce choix de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.

La guerre de 1914 interrompt la frappe pour la circulation. Une dernière fabrication, datée 1914, a lieu en 1921 (202 359 pièces). La pièce est démonétisée le 25 juin 1928, d'après Numista, date à laquelle le franc est redéfini. Elle reste ensuite une réserve d'or familiale, jusqu'à la reprise des années 1950 décrite plus haut. Pour replacer la pièce dans son époque, consultez les monnaies de la IIIe République et la page des monnaies en or.

Au Havre

20 francs or Coq Marianne en Normandie

L'atelier de Rouen, qui frappait sous la lettre B les monnaies de Normandie, avait fermé à la fin des années 1850 : aucun 20 francs Coq n'en est sorti, toute la série vient de Paris. Une pièce de ce type portant une lettre d'atelier doit donc faire douter. Au Havre comme dans le reste de la Normandie, le Coq revient très régulièrement dans les successions, souvent aux dates 1907 à 1914. Pour l'histoire de l'atelier normand, voyez la page de l'atelier de Rouen.

20 francs or Coq Marianne : questions fréquentes

Existe-t-il un 20 francs Coq frappé à Rouen ?

Non. Toute la série a été fabriquée à Paris et ne porte aucune lettre d'atelier. L'atelier de Rouen avait cessé de fonctionner plusieurs décennies avant la création du Coq.

Mon Coq est daté 1904 : peut-il venir des années 1950 ?

Non. Les pièces fabriquées entre 1951 et 1960 portent uniquement les dates 1907 à 1914. Un 1904 est d'époque, à condition que sa tranche porte « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ».

Peut-on encore payer avec cette pièce ?

Non. Selon Numista, le 20 francs Coq est démonétisé depuis le 25 juin 1928. Il reste une pièce d'or de collection et de patrimoine familial.

Que signifie « flan mat » ?

C'est une pièce frappée sur un flan à surface sans brillant, préparée volontairement ainsi. Pour le Coq, cela concerne 1899 et 1900 ; ces exemplaires sont rares et à part du reste de la série.