Avers
Tête de Marianne tournée vers la droite, bonnet phrygien orné d'une couronne de feuilles de chêne. Inscription circulaire « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

| Métal | Or à 900 ‰ ; 897,3 ‰ pour les frappes de 1951-1960 |
|---|---|
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Épaisseur | Environ 1,25 mm |
| Années inscrites | 1899 à 1914 |
| Atelier | Paris, sans lettre |
| Frappe d'époque | 117 448 888 pièces |
| Frappes 1951-1960 | 37 483 500 pièces, datées 1907 à 1914 |
| Démonétisation | 25 juin 1928 |
| Références | F.534 (1899-1906) et F.535 (1907-1914) ; KM 857 pour le second type |
| Catégories | françaises, or |
Une Marianne au bonnet phrygien d'un côté, un coq dressé de l'autre, et aucune lettre d'atelier : c'est le 20 francs or de Jules-Clément Chaplain, dernier type de « napoléon » mis en circulation en France. Il a été émis de 1899 à 1914, puis refabriqué en masse dans les années 1950 avec d'anciennes dates. Ces deux vagues de frappe expliquent qu'on le rencontre plus que tout autre 20 francs dans les tiroirs de famille.
Tête de Marianne tournée vers la droite, bonnet phrygien orné d'une couronne de feuilles de chêne. Inscription circulaire « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
Coq debout vers la gauche, poitrail en avant ; sous lui, « 20 Fcs » et l'année. Inscription « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Pas de lettre d'atelier : la fabrication a eu lieu à Paris.
Une ligne par année, avec le nombre de pièces sorties à l'époque. Retenez deux repères : les années 1899 à 1906 n'ont jamais été refabriquées, alors que chaque date de 1907 à 1914 peut cacher une pièce des années 1950. Les petits tirages se concentrent au début de la série, en 1900, 1899, 1902 et 1901.
| Année | Inscription de tranche | Tirage d'époque | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1899 | Dieu protège la France | 1 500 000 | Année de lancement ; version sur flan mat |
| 1900 | Dieu protège la France | 605 982 | Le plus petit tirage ; 9 443 flans mats en plus |
| 1901 | Dieu protège la France | 2 643 350 | Faible |
| 1902 | Dieu protège la France | 2 393 707 | Faible |
| 1903 | Dieu protège la France | 4 405 175 | Fréquente |
| 1904 | Dieu protège la France | 7 705 674 | Fréquente |
| 1905 | Dieu protège la France | 9 158 132 | Fréquente |
| 1906 | Dieu protège la France | 14 613 010 | Fin du premier type |
| 1907 | Liberté égalité fraternité | 17 715 935 | Le plus gros tirage ; reprise dans les années 1950 |
| 1908 | Liberté égalité fraternité | 6 721 325 | Reprise dans les années 1950 |
| 1909 | Liberté égalité fraternité | 9 636 955 | Reprise dans les années 1950 |
| 1910 | Liberté égalité fraternité | 5 779 072 | Reprise dans les années 1950 |
| 1911 | Liberté égalité fraternité | 5 346 044 | Reprise dans les années 1950 |
| 1912 | Liberté égalité fraternité | 10 331 805 | Reprise dans les années 1950 |
| 1913 | Liberté égalité fraternité | 12 163 138 | Reprise dans les années 1950 |
| 1914 | Liberté égalité fraternité | 6 720 141 | 202 359 pièces fabriquées en 1921 ; reprise dans les années 1950 |
Chiffres d'époque selon Wikipédia (d'après Le Franc) et BDOR, recoupés avec Numista pour 1907 à 1913. Seule divergence : 1900, où BDOR compte 615 425 pièces en additionnant flans normaux et flans mats. Les 37 483 500 pièces des années 1950 ne sont pas incluses, et aucune source consultée ne les ventile par année.
Avant toute loupe, deux lectures suffisent à classer votre pièce. Regardez d'abord l'année sous le coq. Faites ensuite tourner la pièce entre deux doigts pour lire l'inscription de la tranche.
Une année de 1899 à 1906 doit s'accompagner de « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ». Une année de 1907 à 1914 doit porter la devise « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Ce changement de tranche est le seul écart de dessin entre les deux types, et les deux n'ont jamais été mélangés à l'atelier. Un 1903 à devise républicaine sur la tranche, ou un 1912 qui invoque Dieu, n'est donc pas une variété : c'est une fabrication frauduleuse.
La date répond aussi à une autre question. Entre 1899 et 1906, la pièce est forcément d'époque, puisque ces années n'ont pas été refabriquées. Entre 1907 et 1914, elle peut être d'époque ou sortie de la Monnaie de Paris quarante ans plus tard (voir plus bas). Sur une pièce très usée, sachez que c'est souvent la tranche, protégée des frottements, qui reste la plus lisible.
De juin 1951 à 1960, la Monnaie de Paris a remis en route les anciens coins du Coq et produit 37 483 500 pièces, toutes datées entre 1907 et 1914. Les marchands les appellent « refrappes Pinay », d'après Antoine Pinay, président du Conseil à partir de 1952, bien que l'opération ait commencé avant lui. Wikipédia y voit un moyen pour l'État d'agir sur le marché libre de l'or.
Il s'agit de pièces officielles : même atelier, même dessin, même poids. Leur seule différence physique est l'alliage, à 897,3 millièmes d'or et 2,7 millièmes d'argent. Il leur donne parfois une couleur plus cuivrée, mais la patine brouille ce repère. Beaucoup ont dormi en sac et arrivent avec un brillant frais, ce qui est un indice, pas une preuve.
Seule une analyse de composition permet de trancher. Rapporté aux quantités fabriquées, près d'un Coq sur trois aux dates 1907-1914 viendrait de cette seconde vague ; on ignore la proportion parmi les pièces conservées aujourd'hui. Pour un collectionneur qui veut une pièce d'époque sans discussion, une date de 1899 à 1906 lève le doute.
Le 10 francs Coq. Même dessin de Chaplain, mais 19 mm et 3,22 g. La mention « 10 Fcs » sous le coq règle la question ; voyez la fiche du 10 francs or.
Le 20 francs Génie. Son prédécesseur direct, de 1871 à 1898, montre une figure ailée qui grave une tablette et porte la lettre A au revers. Fiche : 20 francs or Génie.
Les essais. Des pièces datées 1898 sont signalées par BDOR comme essais ou présérie. Elles relèvent des collections spécialisées et ne se rencontrent pas dans les successions.
Les copies. Le Coq a été imité, y compris en or au titre exact. Méfiez-vous d'une chevelure de Marianne sans détail, d'un plumage du coq empâté, de lettres de tranche mal alignées ou d'un grènetis flou. Pesez au centième (6,45 g, une usure légère retire quelques centièmes) et mesurez le diamètre (21 mm). Le guide sur les fausses pièces décrit les contrôles simples à faire chez soi.
Sur l'avers, observez les mèches de cheveux sous le bonnet, juste au-dessus du front, et les feuilles de chêne. Tant que les mèches restent séparées et que les feuilles gardent leurs nervures, la pièce est au moins TTB. Quand cheveux et feuillage ne forment plus qu'une surface lisse, on descend vers TB. La pommette est le point suivant à s'aplatir.
Sur le revers, le poitrail du coq est le relief le plus exposé. Viennent ensuite les plumes de l'aile, puis la crête. Une pièce SUP montre encore chaque plume du poitrail.
Les grands champs lisses, autour du coq et derrière la tête, enregistrent tous les chocs. Les Coq longtemps conservés en sac de banque, d'époque comme des années 1950, portent souvent de petites marques de contact sans usure véritable : on les classe alors SUP plutôt que FDC. Ne frottez pas une pièce d'or pour la faire briller, le dommage est définitif. Lisez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.
La IIIe République confie en 1899 un nouveau 20 francs à Jules-Clément Chaplain. Marianne et le coq remplacent le Génie, sans toucher au poids ni au titre fixés en 1803. En 1907, la tranche abandonne « DIEU PROTÈGE LA FRANCE » au profit de la devise républicaine ; plusieurs sources rapprochent ce choix de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.
La guerre de 1914 interrompt la frappe pour la circulation. Une dernière fabrication, datée 1914, a lieu en 1921 (202 359 pièces). La pièce est démonétisée le 25 juin 1928, d'après Numista, date à laquelle le franc est redéfini. Elle reste ensuite une réserve d'or familiale, jusqu'à la reprise des années 1950 décrite plus haut. Pour replacer la pièce dans son époque, consultez les monnaies de la IIIe République et la page des monnaies en or.
L'atelier de Rouen, qui frappait sous la lettre B les monnaies de Normandie, avait fermé à la fin des années 1850 : aucun 20 francs Coq n'en est sorti, toute la série vient de Paris. Une pièce de ce type portant une lettre d'atelier doit donc faire douter. Au Havre comme dans le reste de la Normandie, le Coq revient très régulièrement dans les successions, souvent aux dates 1907 à 1914. Pour l'histoire de l'atelier normand, voyez la page de l'atelier de Rouen.
Non. Toute la série a été fabriquée à Paris et ne porte aucune lettre d'atelier. L'atelier de Rouen avait cessé de fonctionner plusieurs décennies avant la création du Coq.
Non. Les pièces fabriquées entre 1951 et 1960 portent uniquement les dates 1907 à 1914. Un 1904 est d'époque, à condition que sa tranche porte « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ».
Non. Selon Numista, le 20 francs Coq est démonétisé depuis le 25 juin 1928. Il reste une pièce d'or de collection et de patrimoine familial.
C'est une pièce frappée sur un flan à surface sans brillant, préparée volontairement ainsi. Pour le Coq, cela concerne 1899 et 1900 ; ces exemplaires sont rares et à part du reste de la série.