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Monnaies étrangères · Royaume-Uni

Souverain et demi-souverain or

Royaume-Uni · depuis 1817 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

Souverain or de George V, aversSouverain, revers à saint Georges terrassant le dragon
Photos : Snd3054, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
PaysRoyaume-Uni
MétalOr 916,7 ‰ (22 carats)
PoidsSouverain : 7,988 g ; demi-souverain : 3,994 g
Or finSouverain : 7,322 g ; demi-souverain : 3,66 g
DiamètreSouverain : 22,05 mm ; demi-souverain : 19,30 mm
Dénomination1 livre (souverain) ; 10 shillings, puis 50 pence (demi-souverain)
Années de frappeDepuis 1817, avec de longues interruptions
AteliersLondres (sans lettre), Sydney (S), Melbourne (M), Perth (P), Ottawa (C), Bombay (I), Pretoria (SA)
TrancheCannelée
Catégoriesétrangères, or

Pièce d'or d'une livre sterling, le souverain est né en 1817 et se frappe encore aujourd'hui ; son demi, de dix shillings, a suivi presque le même chemin. Deux revers suffisent à le reconnaître : saint Georges à cheval combattant le dragon, ou les armes royales dans un écu couronné. De l'autre côté de la Manche, c'était l'or du quotidien jusqu'en 1914, et l'on en retrouve beaucoup dans les familles françaises.

Identification

Souverain et demi-souverain or : reconnaître la pièce

Souverain or de George V, avers

Avers

Tête du roi ou de la reine de l'époque, avec son nom et ses titres en latin abrégé autour du portrait. Exemple sous George V : « GEORGIVS V D.G.BRITT:OMN:REX F.D.IND:IMP: ». Les premières pièces de Victoria se contentent de « VICTORIA DEI GRATIA ».

Souverain, revers à saint Georges terrassant le dragon

Revers

Soit le saint Georges de Pistrucci, signé « B.P. » à côté du millésime sur le souverain ; soit un écu aux armes du royaume, sous une couronne et entouré de laurier, utilisé à Londres sous Victoria jusqu'en 1874 pour le souverain. Le demi-souverain a gardé l'écu plus longtemps : il ne reçoit le saint Georges, sans les initiales de Pistrucci, qu'en 1893.

Tranche
Cannelée pour les pièces destinées à la circulation ; quelques émissions récentes de collection ont un bord lisse.
Graveur
Benedetto Pistrucci a dessiné le saint Georges ; les écus du demi-souverain des premiers règnes sont dus à Jean-Baptiste Merlen et William Wyon. Les portraits changent avec chaque règne : Wyon, Boehm, Brock, de Saulles, Mackennal, puis Gillick, Machin, Maklouf, Rank-Broadley et Clark pour Élisabeth II, Jennings pour Charles III.
Millésimes et tirages

Souverain et demi-souverain or : les dates à connaître

Le tableau mêle souverains et demi-souverains, car leurs dates rares ne coïncident pas. Pour situer une pièce, cherchez la lettre d'atelier : sous les pattes du cheval, juste au-dessus du millésime, quand le revers montre saint Georges ; sous la couronne de laurier quand il montre l'écu. Pas de lettre : Londres. Les années 1920 des ateliers australiens et les débuts de Pretoria demandent un examen attentif.

Souverain et demi-souverain or : millésimes et tirages
AnnéePièceAtelierTirageRemarque
1817SouverainLondresn. c.Premier millésime, saint Georges de Pistrucci.
1817Demi-souverainLondresn. c.Premier millésime, revers à l'écu.
1819SouverainLondres3 574Tirage minuscule : date très rare.
1821Demi-souverainLondresn. c.Écu vite retiré, trop proche d'un sixpence doré.
1838-1874SouverainLondresn. c.Victoria jeune, revers à l'écu (rien en 1840 et 1867).
1855-1870SouverainSydneyn. c.Dessin propre à Sydney, « SYDNEY MINT AUSTRALIA ».
1871SouverainSydney2 814 400Passage au dessin de Londres, lettre S.
1872SouverainMelbournen. c.Premières frappes de Melbourne (M).
1893Demi-souverainLondresn. c.Le saint Georges arrive sur le demi-souverain.
1899SouverainPerthn. c.Premières frappes de Perth (P).
1908SouverainOttawan. c.Premier souverain canadien (C).
1916SouverainOttawa6 111Date la plus difficile d'Ottawa.
1917SouverainLondres1 014 714Dernier grand millésime londonien de circulation, rare.
1918SouverainBombay1 294 372Unique millésime indien (I).
1918Demi-souverainPerthn. c.Aucune frappe enregistrée cette année-là ; peu d'exemplaires connus.
1920SouverainSydney360 000Fondu en quasi-totalité.
1921SouverainMelbourne240 121Très rare.
1923SouverainPretoria406Ouverture de Pretoria (SA) ; s'y ajoutent 655 épreuves.
1923Demi-souverainPretorian. c.Frappé seulement en qualité épreuve.
1925SouverainLondresn. c.Millésime refrappé en 1949, 1951 et 1952 : courant.
1926Demi-souverainPretorian. c.Derniers demi-souverains de circulation.
1931SouverainMelbourne57 809Fin de Melbourne.
1932SouverainPretoria1 066 680Dernier souverain émis comme monnaie courante.
1957SouverainLondresn. c.Reprise, portrait de Mary Gillick.
1980Demi-souverainLondresn. c.Retour du demi-souverain, en épreuve.

Tirages repris de Wikipédia (1819, 1918 Bombay) et des tableaux par atelier de goldsovereigns.co.uk, avec des notices Heritage pour 1916 C ; faits sur le demi-souverain d'après Wikipédia (en). Les chiffres officiels trompent souvent : une grande partie des souverains australiens a été refondue. Liste sélective, non exhaustive.

Souverain ou demi-souverain : faire la différence

Les deux pièces partagent le portrait, les légendes et souvent le revers : la confusion est fréquente quand on les voit séparément. Le plus sûr est la mesure. Le souverain fait un peu plus de 22 mm et pèse près de 8 g ; le demi-souverain tourne autour de 19 mm et pèse la moitié. Posées côte à côte, la différence saute aux yeux.

Le revers aide aussi à dater. Sur le demi-souverain, saint Georges n'apparaît qu'en 1893, avec la vieille tête de Victoria : un demi-souverain de Victoria jeune porte donc toujours l'écu. Le souverain, lui, montre saint Georges de 1817 à 1825, puis à nouveau depuis 1871, ce qui laisse une longue période où les deux revers coexistent selon l'atelier.

Les dates rares ne sont pas les mêmes. Le demi-souverain de 1821, retiré parce qu'il ressemblait trop à un sixpence d'argent doré, ou celui de Perth daté 1918, n'ont pas d'équivalent pour le souverain. À l'inverse, le souverain de 1819 n'a pas de demi : aucun demi-souverain ne porte cette date. Les demi-souverains de circulation s'arrêtent en 1926 à Pretoria, six ans avant les souverains.

Une pièce de part et d'autre de la Manche

Le souverain naît d'une loi de 1816 qui place le Royaume-Uni sur l'étalon-or et remplace la guinée. Les débuts sont difficiles : les Britanniques préfèrent leurs billets d'une livre, et beaucoup de pièces neuves partent à la fonte. Robert Peel estimait que, en 1819, les trois quarts de l'or employé en France provenaient de souverains refondus.

Au XIXe siècle, la pièce devient la monnaie d'or de référence bien au-delà des îles britanniques, du Portugal au Brésil et dans tout l'Empire. Sydney, Melbourne et Perth en frappent tant qu'en 1900, environ quatre souverains sur dix en circulation au Royaume-Uni viennent d'Australie.

La circulation s'arrête en août 1914, quand les billets remplacent l'or dans les paiements britanniques. Londres frappe jusqu'à fin 1917, puis Bombay, Ottawa et Pretoria prennent le relais. Après 1932, plus aucun souverain n'est émis comme monnaie courante. La pièce revient en 1957, cette fois pour répondre à la demande d'or du Moyen-Orient, s'interrompt de 1969 à 1973, puis est frappée sans interruption depuis 1974. D'autres pièces britanniques figurent dans la rubrique monnaies étrangères.

Copies anciennes et faux modernes

Peu de pièces d'or ont été autant imitées. Après 1945, le souverain reste très demandé en Grèce et au Moyen-Orient, et des ateliers clandestins en produisent en Italie, en Suisse, au Liban et ailleurs. La reprise de la frappe officielle en 1957 visait d'ailleurs à leur couper l'herbe sous le pied ; un procès contre des faussaires avait échoué, le juge estimant que la pièce n'était plus une monnaie courante.

Ces faux posent un problème particulier : beaucoup sont en or à 22 carats et au bon poids. Peser ne prouve donc rien. Il faut regarder le dessin. Un faux trahit souvent sa fabrication par un relief empâté, des lettres aux contours flous, un grain de surface de pièce coulée ou une cannelure irrégulière. Vérifiez aussi la cohérence : un portrait associé à une année où il n'existait pas, ou une lettre d'atelier sur une date que cet atelier n'a jamais frappée, suffit à condamner la pièce.

Le demi-souverain est moins copié, mais les mêmes contrôles s'appliquent. Le guide reconnaître une fausse pièce décrit la méthode pas à pas.

Juger l'usure sur le cavalier et le portrait

Au revers, saint Georges concentre les points hauts. La crinière et la tête du cheval, la jambe et le casque du cavalier s'aplatissent les premiers ; sur une pièce très usée, la musculature de l'animal n'est plus qu'une surface lisse et le dragon perd ses écailles. Sur l'écu, ce sont les quartiers des armoiries, les perles de la couronne et les nervures des feuilles de laurier qu'il faut observer.

À l'avers, chaque règne a ses zones fragiles : la barbe et l'oreille de George V, la joue et les cheveux d'Édouard VII, le ruban qui retient les cheveux de Victoria jeune. Sur un demi-souverain, plus petit, ces détails disparaissent plus vite et une loupe devient nécessaire.

Beaucoup de souverains ont été montés en broche, en pendentif ou en bague. Une trace de soudure, un anneau limé ou une tranche marquée se voient à la loupe. Ne frottez jamais une pièce pour la faire briller : le guide nettoyer une pièce explique les dégâts, et l'échelle de notation est détaillée dans états de conservation.

Au Havre

Souverain et demi-souverain or en Normandie

Le souverain n'a jamais été frappé à Rouen ni été monnaie légale en France, mais Le Havre a longtemps regardé vers l'Angleterre. Des vapeurs reliaient Southampton au Havre dès 1835, et la compagnie du chemin de fer London and South Western assurait au début du XXe siècle une liaison quotidienne. En août 1914, le port devient l'une des bases du corps expéditionnaire britannique. Aujourd'hui, souverains et demi-souverains se retrouvent dans les successions de Normandie, souvent aux côtés du 20 francs Napoléon III.

Souverain et demi-souverain or : questions fréquentes

Le souverain était-il accepté comme monnaie en France ?

Non. C'est une monnaie britannique, qui n'a jamais été monnaie légale en France. Elle y est arrivée par les voyages, le commerce et l'or conservé dans les familles.

Comment savoir si j'ai un demi-souverain ?

Mesurez et pesez : environ 19 mm et 4 g pour le demi-souverain, 22 mm et 8 g pour le souverain. Les dessins étant souvent identiques, la taille est le critère le plus simple.

Pourquoi mon souverain montre-t-il un écu au lieu de saint Georges ?

Entre 1825 et 1871, le saint Georges a été abandonné au profit des armes royales, et Londres a gardé l'écu jusqu'en 1874. Les demi-souverains portent l'écu jusqu'en 1893.

Un souverain au portrait de Charles III est-il une vraie monnaie ?

Oui, il est frappé par la Royal Mint et reste monnaie légale au Royaume-Uni, même s'il ne circule pas. Il intéresse surtout pour son or et comme pièce de collection récente.