Liberty ou Saint-Gaudens : trier en quelques secondes
Le premier tri se fait sur l'avers. Une tête de profil avec un diadème : c'est un Liberty, frappé de 1850 à 1907. Une femme en pied qui avance vers vous : c'est un Saint-Gaudens, de 1907 à 1933. Le bord confirme : cannelures pour le premier, inscription en relief pour le second.
Le Liberty se subdivise ensuite selon le revers. Sans devise au-dessus de l'aigle et avec « TWENTY D. », il s'agit du type I (1850-1866). Avec « IN GOD WE TRUST » mais toujours « TWENTY D. », du type II (1866-1876). Avec « TWENTY DOLLARS » écrit en entier, du type III (1877-1907), de loin le plus fréquent.
Pour le Saint-Gaudens, regardez la date et le revers. Un millésime en chiffres romains, MCMVII, signale le haut relief de 1907, au modelé très profond. Une date en chiffres arabes sans devise au revers désigne les frappes de fin 1907 et du début de 1908. Ensuite, la devise est toujours là, et les deux étoiles supplémentaires de 1912 rappellent l'entrée du Nouveau-Mexique et de l'Arizona dans l'Union.
De l'Amérique aux coffres européens
Le 20 dollars est né de la ruée vers l'or : la loi du 3 mars 1849 crée à la fois le dollar d'or et cette grosse pièce, double de l'aigle de 10 dollars. Les ateliers de San Francisco, de La Nouvelle-Orléans et de Carson City, au plus près des mines, s'ajoutent à Philadelphie.
À partir des années 1880, la pièce devient un instrument de paiement international. Des millions d'exemplaires partent vers l'Europe dans des sacs de toile de 250 pièces. Beaucoup y sont fondus : ceux envoyés au Royaume-Uni ont souvent fini transformés en souverains. Une partie dort pourtant dans les chambres fortes des banques.
En 1933, Franklin Roosevelt suspend les paiements en or le 6 mars, puis, le 28 décembre, les Américains doivent remettre leurs pièces au Trésor. Celles restées aux États-Unis sont refondues par millions. Les pièces conservées en Europe échappent à la fonte et reviennent sur le marché à partir des années 1940. C'est pourquoi le 1924 de Philadelphie, longtemps jugé difficile, est aujourd'hui l'un des plus courants. Voir aussi les monnaies d'or.
Faux, copies et pièces modernes à écarter
Le 20 dollars a été massivement contrefait, surtout dans les années 1960 et 1970 pour satisfaire la demande d'or du Moyen-Orient. Ces pièces sont souvent en or, parfois au poids exact : la balance ne tranche donc pas. Les indices sont ailleurs : relief boursouflé et sans netteté, initiales du graveur et chiffres de la date empâtés, petites bulles ou creux dans le champ, éclat trop vif, couleur du métal qui ne correspond pas. Sur une date rare, une lettre d'atelier ajoutée ou effacée est un piège classique. Le guide reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
D'autres pièces prêtent à confusion sans être des faux. Le 10 dollars or, ou eagle, a la moitié du poids et environ 27 mm de diamètre. L'American Gold Eagle frappé depuis 1986 reprend la Liberté de Saint-Gaudens, mais avec une famille d'aigles au revers et la mention d'une once : il est présenté dans la fiche des onces d'or et d'argent. Le 20 dollars ultra haut relief de 2009, daté MMIX, est une émission de collection en or pur. Restent les copies souvenirs dorées, bien trop légères.
Usure et marques de sac
Sur un Liberty, l'usure commence par les cheveux au-dessus du front et de l'oreille, puis gagne le diadème, dont les lettres de « LIBERTY » s'effacent par le haut. Au revers, la tête de l'aigle, son cou et l'extrémité des ailes perdent leurs plumes les premiers.
Sur un Saint-Gaudens, observez la poitrine et le genou gauche de la Liberté, son visage, puis le flambeau. Le Capitole, minuscule, se brouille dès les premiers frottements. Au revers, ce sont les plumes de l'aile et du corps de l'aigle.
La plupart des pièces trouvées en Europe ont peu circulé, mais elles ont voyagé et dormi en sacs de 250. Elles portent donc des marques de contact : petites entailles dans le champ, chocs sur le bord. Pour un collectionneur, ces marques pèsent autant que l'usure. N'essayez jamais de les atténuer : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi, et le guide états de conservation présente l'échelle utilisée.