Aller au contenu
Monnaies françaises · XIXe siècle

40 francs or

1803-1839 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

40 francs or Napoléon Ier tête laurée, 1808, avers40 francs or de 1808, revers République française : valeur dans une couronne de laurier
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids12,90 g
Or fin11,613 g
Diamètre26 mm
Années de frappeAn XI (1803) à 1839
TypesOnze au catalogue Le Franc, répartis sur cinq règnes
AteliersA (Paris) pour l'essentiel ; B (Rouen) en 1816 et 1832 ; aussi CL, H, I, K, L, M, MA, Q, U et W selon les années
Tirage par règnePremier Consul 479 521 ; Empire, en quatre types, environ 2,84 millions ; Louis XVIII 539 486 ; Charles X 478 824 ; Louis-Philippe 775 252 (BDOR)
Tranche« DIEU PROTEGE LA FRANCE » (Empire, Louis-Philippe), « DOMINE SALVUM FAC REGEM » (Restauration)
RéférencesLe Franc F.536 à F.546 ; Gadoury 1092 (Louis XVIII), 1106 (Louis-Philippe) ; KM 652, 696, 713, 721, 747
Catégoriesfrançaises, or

Plus large qu'un napoléon, plus lourd du double, le 40 francs or tient à part dans une boîte de pièces anciennes. Il a été frappé de 1803 à 1839, sous cinq régimes, avec le portrait de Bonaparte, de Napoléon, de Louis XVIII, de Charles X puis de Louis-Philippe. Le chiffre « 40 » au revers et ses 26 mm suffisent à le reconnaître ; le règne, l'atelier et la tranche font ensuite toute la différence.

Identification

40 francs or : reconnaître la pièce

40 francs or Napoléon Ier tête laurée, 1808, avers

Avers

Le portrait du chef de l'État et sa légende : « BONAPARTE PREMIER CONSUL » (an XI et an 12), « NAPOLEON EMPEREUR » (an 13 à 1813), « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE », « CHARLES X ROI DE FRANCE », puis « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS ». Napoléon est tête nue jusqu'en 1807, lauré ensuite.

40 francs or de 1808, revers République française : valeur dans une couronne de laurier

Revers

Consulat et Empire : « 40 FRANCS » et la date dans une couronne, légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE » puis « EMPIRE FRANÇAIS » à partir de 1809. Louis XVIII et Charles X : écu de France couronné entre deux branches, avec la mention « 40 F. ». Louis-Philippe : retour de la couronne avec « 40 FRANCS » et la date. La lettre d'atelier est en bas.

Tranche
« DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour Napoléon et Louis-Philippe ; « DOMINE SALVUM FAC REGEM », soit « Seigneur, sauvez le roi », pour Louis XVIII et Charles X. Charles X existe en 1830 avec une tranche en relief, moins fréquente que la tranche en creux.
Graveur
Pierre-Joseph Tiolier (Premier Consul), Jean-Pierre Droz (Empire), Auguste-François Michaut (Louis XVIII et Charles X), Joseph-François Domard (Louis-Philippe).
Millésimes et tirages

40 francs or : les dates à connaître

Les deux lignes marquées « Atelier de Rouen » sont les seules frappes normandes de ce module : l'atelier de Rouen ne l'a produit que deux années, 1816 B sous Louis XVIII et 1832 B sous Louis-Philippe. Le reste du tableau suit les règnes, de l'an XI à 1839. Les pièces les plus fréquentes sont les 1811 et 1812 de Paris ; les plus rares sont des dates parisiennes de la Restauration, frappées à quelques centaines d'exemplaires, voire moins.

40 francs or : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
An XIA226 115Premier Consul, avec ou sans olive au revers
An 12A253 406Premier Consul
An 13A251 707Napoléon Empereur, tête nue
An 14U1 199Turin, « 14 » large ou serré
1806A196 429Tête nue, date ordinaire
1806U58 512Turin
1807U619Turin ; Coinvarieties donne 613
1808U346Turin, tête laurée, revers République
1810K886Bordeaux
1811A1 261 764Tirage le plus élevé de la série
1812A692 625Fréquente
1813CL3 070Gênes
1816B767Atelier de Rouen : Louis XVIII ; 755 d'après Le Franc
1818W352 878Lille, tirage le plus élevé de Louis XVIII
1822A373Très petit tirage
1822H611La Rochelle
1823A161Le Franc donne 155
1826A62Charles X, plus petit tirage de la série
1827A106Charles X
1830A353 112Charles X ; Coinvarieties donne 380 612
1830A1 324Tranche en relief
1830MA1 026Marseille, unique 40 francs de cet atelier
1832B3 947Atelier de Rouen : Louis-Philippe ; 3 929 d'après Le Franc ; existe sur flan bruni
1834A331 495Louis-Philippe, l'année la plus abondante
1834L12 451Bayonne
1835A7 450Petit tirage
1839An. c.Dernière année du 40 francs

Chiffres d'après les tableaux de BDOR par type, recoupés avec Coinvarieties (qui cite le catalogue Le Franc) pour les deux années de Rouen et quelques autres dates. Liste des ateliers conforme à Le Franc (F.536 à F.546). BDOR donne 23 pièces pour 1839 A, chiffre isolé que nous ne reprenons pas. Le tableau ne reprend pas toutes les combinaisons année et atelier.

Un même module pour cinq régimes

La loi du 7 germinal an XI crée deux pièces d'or au titre de 900 millièmes : le 20 francs et son double, taillé à 77,5 exemplaires au kilogramme. Sous le Consulat et l'Empire, le 40 francs change de dessin en même temps que le 20 francs : Premier Consul, tête nue de l'Empereur, type de 1807, tête laurée avec revers républicain, enfin revers impérial de 1809 à 1813. Aucun 40 francs n'est daté de 1814 ni des Cent-Jours.

La Restauration conserve le module. Louis XVIII le fait frapper à partir de 1816, avec ses armes au revers et une prière latine sur la tranche. Charles X le reprend de 1824 à 1830, en plusieurs types. Louis-Philippe le maintient de 1831 à 1839, avant que la frappe ne s'arrête.

Pour les grosses pièces d'or suivantes, il faut attendre le Second Empire et les monnaies d'or de 50 et 100 francs. Sur l'ensemble de la période, il est sorti un peu plus de 5 millions de 40 francs, bien moins que de 20 francs : on en trouve donc moins dans les successions. Voyez aussi les monnaies françaises du XIXe siècle.

Les deux 40 francs de Rouen

L'atelier de Rouen n'a frappé ce module que deux fois, et à chaque fois en petite quantité. Le premier est un 40 francs Louis XVIII daté 1816, lettre B. BDOR et un catalogue de vente Künker donnent 767 pièces ; le catalogue Le Franc en compte 755 et ajoute que le chiffre réel est sans doute un peu plus élevé. C'est l'un des plus faibles tirages du règne, et la pièce est rare.

Le second est un 40 francs Louis-Philippe daté 1832, lettre B. Son tirage atteint 3 947 exemplaires selon BDOR, 3 929 selon Le Franc. Le reste du règne a été frappé à Paris, à l'exception de 1834 à Bayonne. Des exemplaires de 1832 B sur flan bruni sont aussi signalés, sans tirage connu.

Pour trouver la lettre, retournez la pièce : sous Louis XVIII, elle se place sous l'écu ; sous Louis-Philippe, sous la date, dans la couronne. Attention à ne pas prendre un A usé pour un B. Rouen n'a frappé aucun 40 francs au nom de Bonaparte, de Napoléon ou de Charles X, d'après les tableaux consultés. L'histoire de l'atelier est racontée sur la page de l'atelier de Rouen.

Tranches, points et lettres regravées

Sur ce module, les variétés se cachent dans de petits détails. La tranche d'abord : en 1830, Charles X existe avec des lettres en creux, des lettres en relief (1 324 exemplaires) ou une tranche lisse, dont le tirage n'est pas connu. Faites tourner la pièce sous une lampe pour voir si les lettres dépassent ou s'enfoncent.

La ponctuation ensuite : sur le Louis XVIII de 1824, on trouve la légende suivie de trois points ou sans point. Sur l'an XI, le revers existe avec ou sans olive dans la couronne. À Paris en 1811, la lettre d'atelier a parfois été gravée par-dessus le coq qui servait de différent. Le Louis-Philippe de 1831 existe avec ou sans étoile.

Ces différences ne se voient qu'avec une loupe ×10 et en comparant avec une photo de catalogue. Elles ne changent rien au métal, mais elles intéressent les collectionneurs qui suivent les variétés. Les ateliers éloignés, comme Turin (U) ou Gênes (CL), ajoutent leurs propres particularités, par exemple un « 14 » large ou serré pour l'an 14 de Turin.

Ni un napoléon, ni un 50 francs

Le 40 francs se confond d'abord avec le 20 francs du même règne. Mêmes portraits, même dessin de revers : seuls la taille, le poids et le chiffre diffèrent. Les fiches du 20 francs Napoléon Ier et des 20 francs de la Restauration et de Louis-Philippe présentent ces pièces de 21 mm et 6,45 g.

Le 50 francs or du Second Empire et de la IIIe République est un peu plus grand, 28 mm pour 16,13 g, et ses dates commencent en 1855 : aucun recouvrement possible avec un 40 francs, qui s'arrête en 1839. Le double louis de l'Ancien Régime a un format voisin, mais sa légende est latine et sa date antérieure à la Révolution ; voyez la fiche du louis d'or.

Pour les faux, partez de 12,90 g et 26 mm, puis examinez la tranche lettre par lettre. Un relief mou, des cheveux sans détail ou des champs granuleux doivent alerter. Une date très rare, comme 1823, 1826 ou 1827, se vérifie chiffre par chiffre : le maquillage d'une date courante est un procédé connu. Le guide des fausses pièces complète ces contrôles.

Juger l'usure d'une pièce de 26 mm

Sur un module aussi large, les défauts se voient bien. Côté portrait, l'usure touche d'abord la chevelure au-dessus de l'oreille, puis la joue. Pour Napoléon lauré, suivez les nervures des feuilles ; pour Louis XVIII et Charles X, les mèches du front et de la tempe ; pour Louis-Philippe, les boucles sur la nuque.

Côté revers, la couronne de feuillage, sous Napoléon et Louis-Philippe, ou l'écu aux fleurs de lis, sous la Restauration, servent de repère. Les fleurs de lis et les perles de la couronne royale sont parmi les premiers détails à s'effacer.

Une pièce lourde s'abîme aussi au contact des autres : chocs sur le listel, marques dans les champs, bords légèrement aplatis. Une monture, un trou ou une trace de soudure réduisent nettement l'intérêt d'un exemplaire. Gardez-le tel quel, sans le frotter, et reportez-vous aux guides sur les états de conservation et le nettoyage.

Au Havre

40 francs or en Normandie

Le 40 francs est l'une des rares pièces d'or françaises de ce module frappées en Normandie. L'atelier de Rouen, lettre B, l'a produit deux fois : 767 exemplaires de Louis XVIII en 1816 et 3 947 de Louis-Philippe en 1832, d'après BDOR. Ce sont deux petits tirages, qui font de ces pièces des dates suivies par les collectionneurs de la région, du Havre à Rouen. L'atelier a cessé de frapper en 1857 et fermé en 1858 ; son histoire est présentée sur la page de l'atelier de Rouen.

40 francs or : questions fréquentes

Mon 40 francs porte la lettre B : vient-il de Rouen ?

Oui, si la pièce date de 1816 (Louis XVIII) ou de 1832 (Louis-Philippe) : ce sont les deux seules années de 40 francs frappées à Rouen. Sur une autre date, un B doit faire penser à une lettre mal lue ou à une pièce retouchée.

Combien de 40 francs Rouen a-t-il frappés ?

767 en 1816 et 3 947 en 1832 selon BDOR ; le catalogue Le Franc donne 755 et 3 929. Dans les deux cas, ce sont de petits tirages.

Pourquoi n'y a-t-il plus de 40 francs après 1839 ?

La frappe s'arrête sous Louis-Philippe. Les grosses pièces d'or reviennent sous le Second Empire, avec des pièces de 50 et 100 francs.

Comment savoir sous quel roi ma pièce a été frappée ?

Lisez la légende de l'avers : LOUIS XVIII, CHARLES X ou LOUIS PHILIPPE I. Sur les pièces de Louis XVIII et Charles X, le revers montre un écu couronné et la tranche une prière latine ; sur celles de Louis-Philippe, une couronne de feuillage entoure « 40 FRANCS ».