Avers
Profil tourné vers la gauche. Légende « BONAPARTE PREMIER CONSUL » sur le premier type (an XI et an 12), puis « NAPOLEON EMPEREUR » à partir de l'an 12. La tête reste nue jusqu'en 1807 ; elle est ensuite couronnée de laurier.
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

| Métal | Or 900 ‰ |
|---|---|
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | An XI (1803) à 1815, Cent-Jours compris |
| Types | Sept, du Premier Consul à la tête laurée « EMPIRE FRANÇAIS » |
| Ateliers | A (Paris), H (La Rochelle), I (Limoges), K (Bordeaux), L (Bayonne), M (Toulouse), Q (Perpignan), T (Nantes), U (Turin), W (Lille), CL (Gênes), R couronné (Rome), mât (Utrecht) ; pas de Rouen (B) |
| Tirage du dernier type | 13 833 717 de 1809 à 1814, puis 463 682 en 1815 |
| Tranche | « DIEU PROTEGE LA FRANCE » |
| Références | Le Franc F.510 à F.516A ; Gadoury 1020 et 1025 ; KM 651, 674, 695 |
| Catégories | françaises, or |
Toutes les pièces de 20 francs or françaises descendent de celle-ci, née avec le franc germinal en 1803. Un profil de Bonaparte ou de l'Empereur, une date parfois écrite en « AN XII » ou « AN 13 », la mention « 20 FRANCS » dans une couronne : c'est le premier napoléon. Sa légende et sa date permettent de le classer parmi sept dessins successifs, frappés au total à un peu plus de 18 millions d'exemplaires.
Profil tourné vers la gauche. Légende « BONAPARTE PREMIER CONSUL » sur le premier type (an XI et an 12), puis « NAPOLEON EMPEREUR » à partir de l'an 12. La tête reste nue jusqu'en 1807 ; elle est ensuite couronnée de laurier.
Au centre, « 20 FRANCS » et la date, dans une couronne ; la lettre d'atelier est placée sous la couronne. Légende : « REPUBLIQUE FRANÇAISE » jusqu'en 1808, « EMPIRE FRANÇAIS » de 1809 à 1815. Jusqu'à l'an 14 (1805), la date suit le calendrier révolutionnaire ; elle passe ensuite au calendrier ordinaire.
Vous ne trouverez pas la lettre B de Rouen dans ce tableau : aucune des listes consultées ne la mentionne pour ce type. Le classement suit l'ordre des dates. Paris domine partout ; les petits ateliers ont souvent travaillé quelques semaines seulement, d'où des chiffres de quelques centaines de pièces. Les lignes à retenir : l'an XI, les ateliers dont le tirage reste sous les 5 000 pièces et les pièces de 1815.
| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| An XI | A | 58 262 | Bonaparte Premier Consul, toute première date |
| An 12 | A | 988 244 | Premier Consul, seconde date |
| An 12 | A | 428 143 | « NAPOLEON EMPEREUR » avec revers République |
| An 13 | A | 518 871 | Tête nue de Droz |
| An 13 | Q | 522 | Perpignan |
| An 13 | T | 918 | Nantes |
| An 14 | A | 148 308 | Dernière date révolutionnaire |
| An 14 | I | 1 646 | Limoges |
| 1806 | A | 963 896 | Tête nue, millésime ordinaire |
| 1806 | U | 17 278 | Turin |
| 1807 | A | 581 934 | Tête nue dite « grosse tête » |
| 1807 | A | 244 476 | Tête laurée, revers République |
| 1808 | A | 1 449 781 | Tête laurée, revers République |
| 1808 | K | 281 | Bordeaux, tirage le plus faible du tableau |
| 1809 | A | 688 252 | Revers « EMPIRE FRANÇAIS » |
| 1809 | H | 501 | La Rochelle |
| 1810 | A | 1 936 194 | Grand coq ou petit coq |
| 1810 | W | 222 620 | Lille |
| 1811 | A | 3 705 489 | Année la plus abondante |
| 1812 | A | 3 072 365 | Fréquente |
| 1812 | R couronné | 13 693 | Rome, date large ou serrée |
| 1813 | A | 2 798 409 | Fréquente |
| 1813 | Mât | 90 183 | Utrecht, « 1813 » ou « 18 13 » |
| 1813 | U | 925 | Turin |
| 1814 | A | 327 603 | Avant la première abdication |
| 1814 | CL | 887 | Gênes |
| 1815 | A | 435 981 | Cent-Jours ; existe avec 5 sur 4 |
| 1815 | L | 18 332 | Cent-Jours, Bayonne |
| 1815 | W | 9 369 | Cent-Jours, Lille |
Chiffres d'après les tableaux de BDOR, type par type ; la liste des ateliers du dernier type concorde avec Le Franc (F.516, 42 combinaisons). Le tableau n'en retient qu'une partie. Écarts relevés chez Coinvarieties : 962 929 pour 1806 A, 3 702 681 pour 1811 A. Les totaux par type de Wikipédia (1 046 506 pour le Premier Consul, 428 143 pour l'an 12 Empereur) concordent avec BDOR.
Beaucoup de familles pensent avoir une pièce mal frappée en lisant « AN 13 » à la place d'une année. C'est la date du calendrier républicain, en usage jusqu'à la fin de 1805. L'an XI couvre 1802-1803, l'an 12 1803-1804, l'an 13 1804-1805, l'an 14 les derniers mois de 1805. Les pièces datées « 1806 » et au-delà suivent le calendrier ordinaire.
Les premières dates s'écrivent en chiffres romains (AN XI), les suivantes en chiffres arabes (AN 12, AN 13, AN 14). Le passage d'une écriture à l'autre ne change rien au poids ni au titre.
La date se combine avec la légende. Si l'avers dit « BONAPARTE PREMIER CONSUL », votre pièce date du Consulat. Si l'avers dit « NAPOLEON EMPEREUR » et le revers « REPUBLIQUE FRANÇAISE », elle a été frappée entre l'an 12 et 1808 : l'Empire existe déjà, mais le revers n'a pas encore changé. Si le revers dit « EMPIRE FRANÇAIS », la pièce date de 1809 à 1815. Ces trois lectures suffisent pour ranger la plupart des exemplaires.
Le premier type, gravé par Tiolier, présente Bonaparte Premier Consul tête nue. Le sacre amène en l'an 12 un deuxième type, au nom de l'Empereur, avec un revers resté républicain. Droz grave ensuite une tête nue pour l'an 13 et l'an 14, reprise en 1806 avec la date nouvelle.
L'année 1807 est chargée : une tête nue plus volumineuse, appelée « grosse tête », précède la première tête laurée. Celle-ci garde le revers républicain jusqu'en 1808. Un décret d'octobre 1808 impose ensuite « EMPIRE FRANÇAIS » au revers à partir de 1809 ; ce septième type est de loin le plus courant.
Il reprend du service en 1815, après le retour de l'île d'Elbe. Les pièces des Cent-Jours, frappées à Paris, Bayonne et Lille, ne diffèrent des précédentes que par leur date. Les catalogues signalent aussi de petites particularités : un coq de grand ou de petit module à Paris en 1810, une marque en forme de corne sous le laurier à Toulouse en 1808, des dates larges ou serrées à Rome, Turin et Lille, et un 5 regravé sur un 4 à Paris en 1815.
La lettre d'atelier raconte la géographie du régime. Paris (A) frappe chaque année, à des centaines de milliers ou des millions d'exemplaires. Autour, une dizaine d'ateliers de province travaillent à petite échelle : La Rochelle, Limoges, Bordeaux, Bayonne, Toulouse, Perpignan, Nantes et Lille, ce dernier étant le plus productif d'entre eux après 1810.
Les conquêtes ajoutent des ateliers hors des frontières actuelles. Turin (U) frappe dès l'an 14. Rome, marquée d'un R surmonté d'une couronne, s'y ajoute en 1812 ; Gênes (CL) et Utrecht, dont la marque est un mât, en 1813. Les pièces de ces villes portent bien une légende française, puisqu'elles appartiennent alors à l'Empire.
Pour un collectionneur, ces lettres comptent plus que la date. Un 20 francs 1811 de Paris est l'une des pièces d'or les plus fréquentes du règne ; le même millésime à Toulouse ou La Rochelle se compte en milliers d'exemplaires. Le guide des ateliers monétaires donne la liste complète des lettres françaises.
Trois confusions reviennent souvent. La première concerne le 40 francs or, frappé avec les mêmes portraits : il pèse le double, 12,90 g, et mesure 26 mm. Posées côte à côte, les deux pièces ne se ressemblent plus.
La deuxième vient de Louis XVIII. Pendant la Restauration de 1814 puis après Waterloo, il fait frapper ses propres 20 francs, avec son buste habillé et ses armes. Une pièce datée 1815 peut donc appartenir à l'un ou à l'autre ; la légende tranche. Voyez la fiche des 20 francs de la Restauration et de Louis-Philippe.
La troisième touche le 20 francs Napoléon III, que l'on appelle aussi napoléon. Le « III » de la légende et les dates de 1853 à 1870 suffisent à les séparer.
Côté faux, la règle reste simple : 6,45 g, 21 mm, une tranche aux lettres régulières. Méfiez-vous des lettres rares ou de l'an XI : un chiffre ou une lettre retouchés sur une pièce courante se repèrent à la loupe. Le guide des fausses pièces détaille les contrôles.
Ces pièces ont plus de deux siècles et beaucoup ont circulé longtemps. L'usure commence sur la chevelure, au-dessus de l'oreille, puis gagne la tempe et la joue. Sur les types laurés, comptez les nervures encore visibles sur les feuilles. Au revers, la couronne et son nœud servent de repère ; les légendes, près du bord, résistent bien plus longtemps.
Le premier napoléon a souvent été porté en pendentif ou en broche. Une soudure enlevée laisse un petit défaut sur la tranche, en général au-dessus du portrait. Des chocs sur le bord ou des rayures dans le champ trahissent aussi un ancien montage. Ces traces font baisser l'état, quelle que soit la date.
Ne tentez pas de les effacer. Frotter une pièce d'or crée un réseau de fines rayures et lui retire son aspect d'origine. Les guides sur les états de conservation et le nettoyage expliquent comment la conserver telle quelle.
L'atelier de Rouen, lettre B, est absent de toutes les listes de 20 francs Napoléon Ier consultées, du Premier Consul aux Cent-Jours. Il n'était pourtant pas fermé : sous l'Empire, Rouen frappait de l'argent, par exemple des 5 francs datés 1811 et 1812 marqués B. Les premiers napoléons retrouvés au Havre et en Normandie viennent donc de Paris ou des autres ateliers de la liste. Un 20 francs de ce type marqué B serait à examiner avec beaucoup de soin. L'activité de l'atelier normand est présentée sur la page de l'atelier de Rouen.
À la période de septembre 1803 à septembre 1804, selon le calendrier républicain. Les pièces passent au calendrier ordinaire avec le millésime 1806.
Les tableaux consultés (BDOR, catalogue Le Franc pour le dernier type) n'en mentionnent aucun. Rouen frappait alors des pièces d'argent, pas ce 20 francs.
Non. De l'an 12 à 1808, l'avers porte « NAPOLEON EMPEREUR » et le revers garde « REPUBLIQUE FRANÇAISE ». Le revers « EMPIRE FRANÇAIS » n'apparaît qu'en 1809.
Parmi les chiffres relevés : Bordeaux en 1808 (281 pièces), La Rochelle en 1809 (501), Perpignan en l'an 13 (522), Gênes en 1814 (887) et Nantes en l'an 13 (918).