Avers
Buste ou tête du roi et titulature latine abrégée, du type « LUD. XV. D. G. FR. ET NAV. REX », c'est-à-dire Louis XV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu. Sur l'écu constitutionnel de 1792-1793, la légende devient française.
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

| Métal | Argent à 11 deniers, soit environ 917 ‰ |
|---|---|
| Poids légal | 27,45 g de 1641 à 1709 ; 30,59 g pour l'écu aux trois couronnes ; 29,488 g de 1726 à 1793 ; poids changeants entre 1716 et 1725 |
| Diamètre | 37 à 41 mm selon le type |
| Nominal | 3 livres à la création, 6 livres à partir de 1726 |
| Années de frappe | 1641 à 1793 |
| Frappes de Rouen (B) | Relevées sous Louis XIV (dont 1651 et 1709), Louis XV (1726-1740, puis au bandeau) et Louis XVI (dont 1789 et l'écu constitutionnel de 1792) |
| Ateliers | A (Paris), B (Rouen), D (Lyon), K (Bordeaux), L (Bayonne), T (Nantes), W (Lille), & (Aix), 9 (Rennes) et une vingtaine d'autres |
| Références | Gadoury 202, 229, 321, 322, 356, 55 ; Droulers ; Davenport ; KM |
| Catégories | françaises, argent |
L'écu d'argent est la plus grosse pièce d'argent de la monarchie, frappée de 1641 à 1793 : près de 40 mm et 27 à 30 g selon l'époque. Un profil royal, une légende latine et, au revers, des L couronnés ou l'écu fleurdelisé suffisent à le reconnaître. L'atelier de Rouen, lettre B, en a frappé sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, et ses pièces se mêlent à celles des autres ateliers dans les héritages.
Buste ou tête du roi et titulature latine abrégée, du type « LUD. XV. D. G. FR. ET NAV. REX », c'est-à-dire Louis XV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu. Sur l'écu constitutionnel de 1792-1793, la légende devient française.
Selon l'époque : huit L couronnés disposés en croix, trois couronnes, ou l'écu ovale aux trois fleurs de lis sous une couronne, entre deux branches. La devise « SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM » entoure le plus souvent le dessin, avec la date. La lettre d'atelier se place sous les armes ou au centre.
Le tableau suit les types, règne par règne, car les dates et ateliers se comptent par centaines. La dernière colonne donne, quand il a été trouvé, un repère pour l'atelier de Rouen. Le poids légal permet un premier contrôle à la balance.
| Type | Règne | Années | Poids légal | Repère à Rouen (B) |
|---|---|---|---|---|
| Écu blanc, dit louis d'argent | Louis XIII | 1641-1643 | 27,45 g | Pas de relevé B trouvé |
| À la mèche courte | Louis XIV | dès 1643 | 27,45 g | Pas de relevé B trouvé |
| À la mèche longue | Louis XIV | 1646-1654 environ | 27,45 g | 1651 B : 447 922 (estimation Droulers) |
| Au buste juvénile | Louis XIV | années 1660-1680 | 27,45 g | Pas de relevé B trouvé |
| Aux huit L, puis aux palmes | Louis XIV | 1690-1701 | 27,45 g | Types de réformation, souvent refrappés |
| Aux trois couronnes | Louis XIV | 1709-1715 | 30,59 g | 1709 B : 1 675 220, date courante |
| Types de la Régence | Louis XV | 1716-1725 | variable | Non détaillé |
| Aux branches d'olivier | Louis XV | 1726-1740 | 29,488 g | Rouen frappe le type sur toute sa durée ; 1727 B : 260 255 |
| Au bandeau | Louis XV | 1740-1770 | 29,488 g | Rouen : 1741-1752 et 1755-1771 ; 1748 B : 41 415 |
| À la vieille tête | Louis XV | 1770-1774 | 29,488 g | Pas de relevé B trouvé |
| Aux branches d'olivier, buste habillé | Louis XVI | 1774-1792 | 29,488 g | 1789 B : 235 000, le 9 regravé sur un autre chiffre |
| Écu constitutionnel, « REGNE DE LA LOI » | Louis XVI | 1792-1793 | 29,48 g | 1792 B : tirage n. c., Gadoury 55 |
Tirages et années de Rouen d'après Coinvarieties, qui cite le répertoire Droulers, Gadoury et Davenport. Poids légaux d'après Coinvarieties ; Wikipédia (EN) donne l'argent fin : environ 24,93 g en 1641 et 27,03 g en 1726. Les bornes des types de Louis XIV varient selon les ateliers ; la Régence, le type à la cravate et le type aux insignes ne sont pas détaillés.
Sur les écus du XVIIIe siècle, la lettre d'atelier se lit au revers, sous les armes de France. Un B désigne Rouen. Attention aux pièces où la lettre est doublée : depuis 1693, ce double B appartient à un autre atelier, justement parce que le B seul était déjà celui de Rouen.
Coinvarieties signale un second indice : comme la plupart des monnaies frappées à Rouen au XVIIIe siècle, l'écu aux branches d'olivier de 1727 porte un petit losange après REX, à la fin de la légende de l'avers. Quand la lettre d'atelier est usée, ce signe peut aider.
Les relevés montrent un atelier actif sur toute la période. Sous Louis XIV, Rouen frappe par exemple l'écu à la mèche longue en 1651 et l'écu aux trois couronnes en 1709, ce dernier à plus d'un million et demi d'exemplaires. Sous Louis XV, l'écu aux branches d'olivier sort chaque année de 1726 à 1740, puis l'écu au bandeau sur la plupart des années suivantes, en quantités souvent modestes. Sous Louis XVI, on relève 1789 B et l'écu constitutionnel de 1792. Voir la page de l'atelier de Rouen et le guide des ateliers monétaires.
L'écu d'argent est créé fin 1641, dans la réforme de Louis XIII qui a déjà remplacé l'écu d'or par le louis d'or l'année précédente. On l'appelle d'abord écu blanc ou louis d'argent. Il pèse 27,45 g d'argent à 11 deniers et compte pour 3 livres. Frappé au balancier, il a une tranche régulière qui rend la rognure visible.
Sous Louis XIV, le poids tient jusqu'en 1709, mais le nombre de livres qu'il représente augmente et le roi multiplie les réformations : de 1690 à 1709, les écus en circulation sont rapportés aux ateliers et refrappés au nouveau dessin. En 1709, l'écu aux trois couronnes passe à 30,59 g. Les années de Law, au début du règne de Louis XV, font encore varier les poids.
À partir de 1726, l'écu est fixé à 29,488 g et compte pour 6 livres. Il ne bouge plus jusqu'à la fin de la monarchie. Cet écu stable voyage loin : en Allemagne du Sud et en Suisse, on l'appelle Laubtaler. La dernière émission, l'écu constitutionnel, date de 1793 ; la pièce de 5 francs prendra ensuite le relais. Pour le contexte, voyez les monnaies royales.
Un écu des années 1690-1709 laisse souvent voir, sous le dessin, des traces d'un type plus ancien : lettres fantômes, contour d'un portrait. Ce n'est ni une erreur moderne ni un signe de faux, c'est la marque de la refrappe. Les catalogues distinguent ces pièces réformées.
Les différents, petits signes du directeur et du graveur glissés dans la légende, séparent des pièces de même date et de même atelier. À Rouen, l'écu de 1789 montre en plus un 9 frappé par-dessus un autre chiffre : les coins de l'année précédente étaient corrigés plutôt que refaits.
Les contrefaçons d'époque, coulées ou en métal argenté, trahissent un poids trop faible, une surface piquée et une tranche aux lettres molles. Les copies récentes visent surtout les types recherchés ; elles ont un relief flou, un son mat et un diamètre approximatif. Comparez toujours le poids à celui du type dans le tableau, puis suivez le guide pour reconnaître une fausse pièce.
L'écu d'or d'avant 1640 est une petite monnaie d'or sans portrait : rien à voir avec l'écu d'argent. À l'inverse, après la Révolution, les Français ont continué d'appeler « écus » les pièces de 5 francs en argent, reconnaissables à leur légende française et à leur date du XIXe siècle.
Le demi-écu reprend le dessin de l'écu avec un module réduit, environ 14,7 g sous Louis XVI. Les petites divisions, cinquième, dixième ou vingtième, se confondent entre elles : seule la balance tranche.
Les écus marqués d'un poinçon étranger, par exemple bernois, sont de vrais écus français contremarqués après leur départ du royaume. Leur métal et leur style sont ceux de l'atelier d'origine, seul le poinçon ajouté trahit le voyage. Et pour l'or de la même époque, voyez le louis d'or.
À l'avers, les reliefs hauts partent d'abord : la chevelure au-dessus de l'oreille, le ruban du bandeau ou la couronne de laurier, puis la joue et l'épaule. Sur les bustes habillés de Louis XVI, les broderies de l'habit sont un bon témoin.
Au revers, observez la couronne posée sur l'écu de France et les trois fleurs de lis. Si les perles de la couronne se fondent et si les branches ne forment plus qu'une masse, la pièce a beaucoup servi.
Beaucoup d'écus ont été percés pour être portés en pendentif, ou frottés pour briller. Le nettoyage laisse des rayures fines et un blanc artificiel qui font baisser l'état ; une patine grise ou dorée régulière est au contraire recherchée. Ne touchez à rien et consultez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
L'atelier de Rouen, lettre B, a frappé l'écu d'argent sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI : on relève notamment 1651 B, 1709 B, toute la série 1726-1740 aux branches d'olivier, l'écu au bandeau et l'écu constitutionnel de 1792. Ces pièces normandes circulaient avec celles des autres ateliers, et l'on retrouve les unes comme les autres dans les successions du Havre et de toute la Normandie. La page de l'atelier de Rouen retrace son histoire.
Cherchez un B seul au revers, sous les armes. Sur les écus du XVIIIe siècle, un petit losange après REX à l'avers est un indice supplémentaire signalé par Coinvarieties.
Le poids légal dépend de l'époque : 27,45 g avant 1709, 30,59 g pour l'écu aux trois couronnes, 29,488 g après 1726. Un écart supplémentaire vient de l'usure, d'un perçage ou d'une copie.
Un écu refrappé sur une pièce plus ancienne entre 1690 et 1709. On voit parfois l'ancien dessin sous le nouveau ; un numismate identifie les deux types lors d'une estimation gratuite.
Cela dépend de la date. Le 1709 B est courant, alors que la plupart des écus au bandeau de Rouen sont peu courants, comme le 1748 B (41 415 exemplaires).