Par où commencer
Posez la pièce sur une balance de cuisine précise : une vraie 100 francs en argent affiche 15 g. Regardez ensuite le dessin. Le Panthéon, reconnaissable à son dôme, exige de lire la date avec attention, car quelques années n'ont été produites qu'à quelques milliers d'exemplaires. Une commémorative se reconnaît à son sujet, qui suffit à la dater puisque chaque thème correspond à une seule année.
Enfin, observez l'aspect. Une pièce à fond miroir, ou restée dans un écrin avec son certificat, appartient à une finition de collection : ne la sortez pas de son emballage.
Les confusions fréquentes
- La 100 francs Cochet (1954-1958) : même valeur faciale, mais c'est une pièce de l'ancien franc, sans argent. Elle est présentée avec les francs Guiraud et Cochet.
- Les Hercule de 10 et 50 francs : argent à 900 ‰ également, mais 25 g et 30 g, et des dates antérieures à 1982.
- Les 100 francs diffusées en coffret par la Monnaie de Paris, d'un autre format ou en or : la Marie Curie frappée en or à 5 000 exemplaires, ou la Louvre de 1993, tirée à 20 000 en argent.
- Les essais : gravés du mot ESSAI et tirés, pour chaque sujet, entre quelques centaines et quelques milliers.
Marques du graveur et éditions soignées
Graveur général entre 1974 et 1994, Émile Rousseau signait les pièces d'un dauphin. Son successeur Pierre Rodier a choisi l'abeille, que l'on voit sur le Panthéon dès 1995. À dessin égal, la marque indique donc la période.
La Monnaie de Paris a aussi réservé quelques sujets à des qualités supérieures, à petits tirages : flan bruni pour 1 000 Marie Curie et 5 000 Zola, fleur de coin pour 50 000 Zola, brillant universel pour 25 000 La Fayette. Les Panthéon en belle épreuve couvrent les années 1991 à 2001.
Ce qui abîme ces pièces
L'usure de circulation est rare : ces pièces ont peu changé de main. Les dégâts viennent du stockage. Le champ lisse, très étendu, se raye dès qu'il frotte contre une autre pièce ; la tranche lisse marque les chocs ; l'argent fonce ou s'irise dans les sachets et rouleaux anciens. Sur le Panthéon, observez d'abord le haut du dôme et le fronton ; sur les portraits, la joue, le nez, les cheveux.
Pas de nettoyage : même doux, il laisse des traces fines. Lire nettoyer une pièce et les états de conservation. Contre les copies, retenez trois signaux : poids sous 15 g, réaction à l'aimant, relief mou ou surface piquée ; voir reconnaître une fausse pièce.
Vingt ans d'argent dans le franc
La création de la 100 francs en argent, en 1982, tranche avec le reste de la monnaie, frappée en métaux non précieux. Le dessin du Panthéon par Jean-Claude Dieudonné sert de type courant. Thésaurisée presque aussitôt, la pièce voit son tirage fondre : 81 000 Panthéon seulement en 1987.
De 1984 à 1997, une commémorative différente sort chaque année. Les sujets mêlent personnages, valeurs républicaines et anniversaires historiques. Jusqu'en 1992, les tirages restent proches de 4 à 5 millions ; ils passent ensuite sous 2 millions, et la Malraux finale reste sous les 500 000.
Les derniers Panthéon, jusqu'en 2001, sont destinés aux coffrets. Avec l'euro, la pièce perd son cours en 2002 ; la Banque de France ne l'échange plus après février 2005. Plus largement : les pièces du nouveau franc.