Avers
Profil de Napoléon III à gauche, signé BARRE sous le cou, entouré de la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » encadrée de deux petits différents. Tête nue de 1853 à 1863 ; tête laurée, un ruban tombant sur la nuque, à partir de 1864.
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

| Métal | Argent 900 ‰ (tête nue), puis 835 ‰ (tête laurée) |
|---|---|
| Poids et diamètre | 20 c : 1 g, 15 mm (16 mm pour le grand module de 1867-1868) ; 50 c : 2,5 g, 18 mm ; 1 F : 5 g, 23 mm ; 2 F : 10 g, 27 mm |
| Argent fin du 2 francs | 9 g (tête nue) ; 8,35 g (tête laurée) |
| Années de frappe | Tête nue 1853-1863 (2 F jusqu'en 1859) ; tête laurée 1864-1869 (50 c), 1864-1868 (20 c), 1866-1870 (1 F et 2 F) |
| Ateliers | A (Paris), BB (Strasbourg), D (Lyon, 1856 seulement), K (Bordeaux, têtes laurées de 1864 à 1867) ; aucune frappe à Rouen (B) |
| Tirage total | Environ 71,5 millions de têtes nues ; environ 189 millions de 50 c, 1 F et 2 F laurés, plus les 20 c laurés (tirage complet non relevé) |
| Tranche | Cannelée |
| Références | Le Franc F.148 à F.150 (20 c), F.187 et F.188 (50 c), F.214 et F.215 (1 F), F.262 et F.263 (2 F) |
| Catégories | françaises, argent |
Quatre pièces d'argent de petit module ont servi à la monnaie de tous les jours sous le Second Empire : 20 centimes, 50 centimes, 1 franc et 2 francs. Le profil de l'empereur tourné vers la gauche et la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » les font reconnaître tout de suite. On les retrouve souvent par poignées, car plus de 260 millions d'exemplaires ont été frappés entre 1853 et 1870, et un détail suffit à les trier : la tête nue ou la tête couronnée de laurier.
Profil de Napoléon III à gauche, signé BARRE sous le cou, entouré de la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » encadrée de deux petits différents. Tête nue de 1853 à 1863 ; tête laurée, un ruban tombant sur la nuque, à partir de 1864.
Tête nue : la dénomination (« 20 CENT. », « 50 CENT. », « 1 FRANC », « 2 FRANCS ») et l'année dans une couronne de deux branches de laurier nouées en bas, la lettre d'atelier sous le nœud, légende « EMPIRE FRANÇAIS ». Tête laurée : pour les 20 et 50 centimes, la dénomination, l'année et la lettre d'atelier sous une couronne impériale ; pour le 1 et le 2 francs, un écu à l'aigle sur un foudre, dans le collier de la Légion d'honneur, posé sur un manteau (couronné sur le 2 francs), avec « 1 F » ou « 2 F » de part et d'autre.
Commencez par la colonne « Pièce », puis l'année et la lettre. Les grandes séries de Paris et de Strasbourg forment le tout-venant ; les lignes à moins de 150 000 exemplaires sont celles qu'un collectionneur cherche. La tête nue de 1863 et le 2 francs de 1858 et 1859 sont rares parce que la refonte des pièces à 900 ‰ a fait disparaître une grande partie de ces frappes.
| Année | Pièce | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| 1853 | 2 F | A | 48 968 | Première année du 2 francs |
| 1853 | 50 c | A | 153 830 | Première année, petit tirage |
| 1856 | 20 c | BB | 13 342 | Plus petit tirage de toute la série |
| 1856 | 2 F | D | 288 758 | Lyon ne frappe que cette année-là |
| 1856 | 2 F | BB | 693 369 | Lettre normale ou petit BB |
| 1858 | 1 F | A | 5 606 916 | Année courante |
| 1858 | 2 F | A | 1 288 | Rarissime |
| 1859 | 2 F | A | 894 | Dernière tête nue du 2 francs ; 886 selon une autre source |
| 1860 | 20 c | A | 6 536 391 | Dont la variété 1860 sur 1850 |
| 1860 | 50 c | BB | 2 917 472 | Différent abeille ou croix tréflée |
| 1862 | 20 c | A | 53 926 | Petit tirage |
| 1863 | 1 F | A | 41 102 | Dernière tête nue, très peu conservée |
| 1863 | 1 F | BB | 54 173 | Même cas |
| 1863 | 50 c | BB | 137 011 | Même cas |
| 1864 | 50 c | A | 7 597 756 | Première tête laurée, déjà à 835 ‰ |
| 1864 | 50 c | K | 1 827 936 | Bordeaux entre dans la série |
| 1866 | 2 F | A | 3 225 798 | Premier 2 francs lauré |
| 1866 | 2 F | K | 437 055 | Plus petit tirage du 2 francs lauré |
| 1867 | 50 c | A | 14 528 438 | Année la plus abondante du 50 centimes |
| 1867 | 20 c | BB | 3 114 264 | Grand module de 16 mm |
| 1868 | 1 F | A | 14 942 298 | Le plus gros tirage du 1 franc lauré |
| 1868 | 2 F | BB | 733 227 | Petit tirage strasbourgeois |
| 1869 | 50 c | BB | 1 800 000 | Dernière année du 50 centimes |
| 1870 | 1 F | BB | 1 991 998 | Fin du type |
| 1870 | 2 F | A | 3 187 168 | Fin du type |
Tirages d'après les tableaux de BDOR, recoupés pour plusieurs lignes avec Coinvarieties (2 F 1859 A et 1866 A et K), CGB (50 c 1867 BB, 20 c 1867 BB) et Numista (1 F 1867) ; liste des combinaisons d'après Le Franc. Un chiffre couvre toutes les variétés de l'année et de l'atelier. Le tirage du 50 c 1868 BB n'est pas connu (n. c.). Écarts relevés : 886 ou 894 pour le 2 F 1859 A, 703 812 (CGB) ou 704 356 (BDOR) pour le 20 c 1858 A.
Ces pièces ont été frappées à deux titres d'argent, et c'est le portrait qui vous dit lequel. Tête nue : 900 millièmes, comme les écus de 5 francs. Tête laurée : 835 millièmes. Il n'y a pas de poinçon ni de chiffre de titre sur la pièce ; le changement de dessin a justement servi à séparer les deux séries.
Au revers, la différence se confirme. Les têtes nues portent leur dénomination dans une couronne de laurier. Les têtes laurées de 20 et 50 centimes la placent sous une couronne impériale, et les 1 et 2 francs montrent un écu à l'aigle sur un manteau. Si la pièce est trop usée pour juger le profil, regardez donc d'abord le revers.
Le basculement s'est fait en deux temps. La loi du 25 mai 1864 abaisse d'abord les 20 et 50 centimes à 835 ‰ : toutes les têtes laurées de ces deux pièces, dès 1864, sont donc au nouveau titre. Le 1 franc et le 2 francs suivent après la convention de l'Union latine, signée le 23 décembre 1865 avec la Belgique, l'Italie et la Suisse : leur tête laurée n'apparaît qu'en 1866. Pour un 2 francs, l'écart représente 9 g d'argent fin contre 8,35 g, pour le même poids de 10 g.
Ce titre abaissé avait un but : une pièce qui contient un peu moins de métal que sa dénomination ne part plus à la fonte ni à l'étranger. Les anciennes têtes nues, plus riches en argent, ont été retirées à la fin des années 1860.
La lettre d'atelier se trouve au revers : sous le nœud de la couronne sur la tête nue, sous l'année sur la tête laurée. Paris (A) et Strasbourg (BB) frappent presque toutes les années. Lyon (D) n'apparaît qu'en 1856, sur les quatre pièces. Bordeaux (K) ne frappe que des têtes laurées, de 1864 à 1867. Le guide des ateliers monétaires présente toutes ces lettres.
À la différence des pièces d'or, les deux petits différents se trouvent à l'avers, de part et d'autre de la légende. Ils changent avec le graveur général et avec le directeur de chaque atelier : tête de chien, main, ancre, lion pour Lyon, abeille ou croix tréflée pour Strasbourg. En 1855 et 1856, plusieurs combinaisons coexistent pour la même date.
Trois groupes de dates retiennent l'attention. Le 2 francs tête nue d'abord : 894 pièces en 1859, 1 288 en 1858, moins de 50 000 en 1853. Ensuite les dernières têtes nues de 1862 et 1863, peu frappées et en partie refondues après la réforme. Enfin quelques couples isolés, comme le 20 centimes 1856 BB, le 2 francs 1856 D ou le 2 francs 1866 K. Les variétés 1860 sur 1850 (le 6 regravé sur un 5) existent pour les 20 centimes, 50 centimes et 1 franc, à Paris et à Strasbourg.
Les pièces de l'Union latine. La Belgique, la Suisse, l'Italie puis la Grèce ont frappé des pièces de 50 centimes, 1 et 2 francs (ou lire, ou drachmes) au même poids et au même diamètre. Elles circulaient en France à égalité avec les françaises et se retrouvent dans les mêmes lots. Lisez la légende : un portrait de Léopold II ou de Victor-Emmanuel II n'est pas Napoléon III.
Les essais et les « grosses têtes ». En 1853, des pièces d'essai à la tête plus grande ont été frappées pour les 20 centimes, 50 centimes et 1 franc ; elles sont cataloguées à part (F.147, F.186, F.213). D'autres essais à tranche lisse, et des épreuves en or de 1854, ne se rencontrent qu'en vente spécialisée.
Les faux. Des faux d'époque du 2 francs lauré sont signalés. Un faux se trahit en général par un poids trop faible, un son mat, un relief mou ou des cannelures irrégulières. Contrôlez le poids au centième (10 g pour un 2 francs, 5 g pour un 1 franc, un peu moins après usure) et le diamètre. Une date rare, surtout un 2 francs 1858 ou 1859, doit aussi faire regarder le dernier chiffre à la loupe pour écarter une date retouchée. Le guide des fausses pièces détaille ces contrôles.
Ces pièces ont circulé intensément, souvent jusqu'à la Première Guerre mondiale. La plupart sont aujourd'hui en état B à TB, et l'usure se lit vite sur un module aussi réduit.
À l'avers, regardez la chevelure au-dessus de l'oreille et la barbiche. Sur la tête nue, les mèches se fondent d'abord en une surface lisse ; sur la tête laurée, les nervures des feuilles disparaissent avant que la couronne ne se confonde avec les cheveux. Le ruban sur la nuque reste lisible plus longtemps.
Au revers, les détails fins cèdent avant les lettres : nervures des feuilles de laurier sur les têtes nues, perles et croisillons de la couronne impériale sur les 20 et 50 centimes, plumes de l'aigle et maillons du collier sur les 1 et 2 francs. Une pièce encore TTB garde ces maillons distincts.
Sur le 20 centimes, qui ne pèse qu'un gramme, la lettre d'atelier et les différents s'effacent parfois avant le reste : lisez-les à la loupe ×10 avant de classer la pièce. Une patine grise ou dorée est normale ; un argent blanc et brillant sur une pièce usée signale presque toujours un nettoyage, qui laisse des rayures fines. Voyez les guides des états de conservation et du nettoyage, ainsi que la page des monnaies en argent.
Aucune petite pièce d'argent de Napoléon III ne porte la lettre B de Rouen : les catalogues Le Franc et les tableaux de tirages ne connaissent pour ces quatre pièces que Paris, Strasbourg, Lyon et Bordeaux. Sous le Second Empire, l'atelier normand n'a frappé que la nouvelle monnaie de bronze, des pièces datées de 1853 à 1857, avant de fermer en 1858, avant même la tête laurée. Les 50 centimes et 1 franc retrouvés au Havre ou ailleurs en Normandie viennent donc d'autres ateliers, Paris le plus souvent. L'histoire de l'atelier est racontée sur la page de l'atelier de Rouen.
Regardez le portrait : tête nue, 900 ‰ ; tête laurée, 835 ‰. Au revers, la couronne de laurier correspond à la tête nue, l'écu à l'aigle sur un manteau à la tête laurée. Aucun chiffre de titre n'est gravé sur la pièce.
K est la lettre de Bordeaux. Pour ces pièces, elle n'existe que sur des têtes laurées datées de 1864 à 1867. Le 2 francs 1866 K, avec 437 055 exemplaires, est l'un des petits tirages de la série.
Elles ont été peu frappées, et la réforme de 1864 a conduit à retirer et refondre les pièces à 900 ‰. Beaucoup d'exemplaires de ces dernières années ont disparu dans l'opération.
Séparez d'abord les pièces françaises de celles de l'Union latine, puis les têtes nues des têtes laurées. Notez ensuite l'année et la lettre de chaque pièce. Un numismate peut regarder le lot lors d'une estimation gratuite.