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Monnaies françaises · XIXe siècle

5 francs or Napoléon III

1854-1868 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

5 francs or Napoléon III tête laurée, avers5 francs or 1865, atelier BB, revers
Photos : Maison Or & Bijoux.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids1,6129 g (1,61 g en pratique)
Or fin1,4516 g
Diamètreenviron 14,4 mm (petit module 1854-1855) ; 16,7 mm (tête nue 1855-1860) ; 17 mm (tête laurée)
Années de frappe1854-1855 petit module ; 1855-1860 tête nue grand module ; 1862-1868 tête laurée
AteliersA (Paris) et BB (Strasbourg) ; aucune frappe à Rouen (B) ni à Lyon (D)
Tirage total4 499 940 petits modules ; 24 182 654 grands modules tête nue ; 18 006 784 têtes laurées
TrancheLisse (une partie de 1854), puis cannelée
RéférencesLe Franc F.500 et F.500A (petit module), F.501 (grand module), F.502 (tête laurée) ; KM 787 pour la tête nue, KM 803 pour la tête laurée
Catégoriesfrançaises, or

C'est la plus petite pièce d'or du Second Empire : un peu plus d'un gramme et demi, à peine la taille d'un ongle. On la reconnaît à la mention « 5 FRANCS » écrite sur deux lignes dans une couronne de laurier, sous le profil de l'empereur. Près de 47 millions d'exemplaires ont été frappés entre 1854 et 1868, ce qui explique qu'elle revienne souvent dans les boîtes de famille, glissée entre des pièces plus grandes.

Identification

5 francs or Napoléon III : reconnaître la pièce

5 francs or Napoléon III tête laurée, avers

Avers

Profil de Napoléon III à droite, tête nue de 1854 à 1860, tête laurée avec un ruban qui descend sur la nuque de 1862 à 1868. Légende : « NAPOLEON III EMPEREUR ». La signature BARRE figure sous le cou.

5 francs or 1865, atelier BB, revers

Revers

Sur les trois types : « 5 FRANCS » sur deux lignes et le millésime au-dessous, dans une couronne de deux branches de laurier nouées en bas. Légende : « EMPIRE FRANÇAIS ». La lettre d'atelier se trouve sous le nœud, encadrée par deux petits différents.

Tranche
Lisse sur les premiers petits modules de 1854, puis cannelée (striée) sur tout le reste de la production.
Graveur
Jacques-Jean Barre, graveur général, pour la tête nue. Pour la tête laurée, son fils Albert-Désiré Barre, qui lui succède en 1855 et signe aussi BARRE.
Millésimes et tirages

5 francs or Napoléon III : les dates à connaître

Le tableau suit l'ordre des années et sépare les trois types. Les lignes à surveiller sont celles dont le tirage est faible : le grand module de 1855, le 1858 de l'atelier BB et, dans une moindre mesure, le petit module de 1855. Les années 1856 à 1860 à Paris forment le gros des pièces que l'on rencontre. Aucune pièce n'est datée de 1861 : la tête nue s'arrête en 1860 et la tête laurée ne commence qu'en 1862.

5 francs or Napoléon III : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1854A3 562 208Petit module de 14,4 mm, tranche lisse puis cannelée ; flans brunis connus
1855A937 732Petit module, dernière année ; 936 176 chez CGB
1855A1 352Grand module de 16,7 mm, tout premier tirage ; essais connus
1856A2 960 085Variété au 6 regravé sur un 5
1857A3 479 167Paris seul cette année-là
1858A2 982 985Courante
1858BB31 488Premier et plus petit tirage de l'atelier BB sur ce type
1859A5 659 773Plus gros tirage annuel du 5 francs or
1859BB2 247 999Courante
1860A4 798 130Variété au 6 regravé sur un 5 ; variété au différent abeille signalée
1860BB2 021 675Variété au 6 regravé sur un 5 ; dernière tête nue
1862A1 100 515Première tête laurée ; 1 177 494 selon Heritage ; essai sur flan bruni
1862BB882 075Chiffre identique chez BDOR et Heritage
1863A1 590 708
1863BB1 103 564
1864A2 239 561Année la plus abondante de la tête laurée
1864BB899 564
1865A824 020Plus petit tirage parisien de la tête laurée
1865BB927 585
1866A1 948 610
1866BB1 388 489
1867A1 006 173
1867BB1 504 435
1868A1 864 491Dernière année du type
1868BB726 994Plus petit tirage de la tête laurée

Tirages relevés sur les tableaux de BDOR pour les trois types ; les totaux de BDOR correspondent à la somme des lignes. Recoupements : 1855 A petit module (936 176 chez CGB), 1855 A grand module (même chiffre chez CoinVarieties), 1862 A et 1862 BB (Heritage, cité par Stash of Coins). Le chiffre du 1858 BB vient de BDOR seul : CGB ne le chiffre pas et le donne pour rare. Une ligne regroupe toutes les variétés d'une même année et d'un même atelier. Variétés d'après Le Franc (F.500 à F.502).

Trois types sur un même poids

Le poids ne change jamais : 1,61 g d'or à 900 millièmes, soit le quart d'un 20 francs Napoléon III. Ce qui change, c'est la taille et le portrait.

Le petit module, créé par décret du 12 janvier 1854, ne mesure qu'environ 14,4 mm. Les premiers exemplaires ont une tranche lisse ; un décret de juillet 1854 impose ensuite une tranche cannelée. Ce format minuscule ne dure pas. Dès juillet 1855, une décision ministérielle fait verser à la refonte 888 000 de ces pièces, et le type est démonétisé en 1859. Les survivants sont donc peu nombreux, surtout pour 1855.

Le grand module à tête nue le remplace en 1855. Même poids, mais un flan plus large et plus mince, de 16,7 mm. Paris en frappe quelques centaines la première année, puis des millions par an jusqu'en 1860.

La tête laurée arrive en 1862 avec un diamètre arrondi à 17 mm. Contrairement au 20 francs de la même époque, son revers ne passe pas aux armoiries : il garde la couronne de laurier. Pour distinguer les deux grands modules, regardez donc la tête, pas le revers. La frappe s'arrête en 1868, deux ans avant la fin de l'Empire.

Ne pas confondre avec un 10 francs ou une pièce d'argent

La confusion la plus fréquente se fait avec le 10 francs or du même règne. Dans un lot, la taille ne suffit pas : le premier 10 francs à tête nue, frappé en 1854 et 1855, mesure 17 mm, presque exactement comme un 5 francs grand module. Deux contrôles tranchent sans hésitation. D'abord, lisez le chiffre dans la couronne. Ensuite, pesez : un 10 francs fait le double, environ 3,22 g, contre 1,61 g.

Deuxième piège, les petites pièces d'argent de Napoléon III. Le 50 centimes a une taille voisine (18 mm) et un profil identique ; il est blanc, porte « 50 C » et pèse 2,5 g. Ces pièces sont présentées sur la fiche des divisionnaires en argent. Le 5 francs en argent, lui, ne prête guère à confusion : 37 mm et 25 g.

Enfin, un 5 francs or au type Cérès existe sous la Troisième République, entre 1878 et 1889. Il ne porte aucun portrait d'empereur.

Variétés, pièces montées et faux

Les catalogues signalent quelques variétés de date. Le 6 regravé sur un 5 existe en 1856 à Paris et en 1860 dans les deux ateliers : à la loupe ×10, on devine la boucle de l'ancien chiffre sous le nouveau. BDOR mentionne aussi, pour 1860 A, une variété au différent abeille. Cette abeille est la marque d'Alfred Renouard de Bussière, directeur de l'atelier BB jusqu'en 1860, qui prend ensuite la direction de la Monnaie de Paris. Des flans brunis de 1854 et des essais de 1855 et de 1862 complètent la liste ; on ne les croise guère hors des grandes collections.

Le défaut le plus courant n'est pas une contrefaçon mais une transformation. Petite et légère, la pièce a souvent été montée en bijou : pendentif, breloque, bouton de manchette. Cherchez sur la tranche une trace de soudure, une cannelure aplatie ou un trou rebouché, et sur les faces une zone polie. Un collectionneur s'en détourne.

Pour les copies, appliquez les contrôles de base : 1,61 g, le bon diamètre selon le type, une tranche cannelée régulière, une signature BARRE nette. Une pièce dorée en laiton est trop légère à taille égale, et une surface qui laisse voir un autre métal sous une rayure ne trompe pas. Le guide sur les fausses pièces décrit d'autres méthodes.

Juger l'usure sur une si petite pièce

Sur un flan de 17 mm, les détails sont minuscules : travaillez avec une loupe ×10 et une lumière rasante. Sur la tête nue, l'usure apparaît d'abord sur les cheveux au-dessus de l'oreille et sur la pommette, puis la barbiche se fond dans le cou. Sur la tête laurée, les feuilles de la couronne perdent leurs nervures et se mélangent avec la chevelure.

Au revers, observez les branches de laurier : sur une pièce peu usée, chaque feuille garde sa nervure centrale. Le nœud du bas et les deux différents qui encadrent la lettre d'atelier s'effacent ensuite.

Beaucoup d'exemplaires de famille se situent entre TB et TTB. Une pièce SUP conserve un brillant d'origine autour des lettres. Ne la nettoyez pas : sur une surface aussi petite, la moindre rayure se voit. Les degrés sont expliqués dans le guide des états de conservation, et les risques d'un nettoyage dans celui sur le nettoyage des pièces.

Une pièce d'or pour les petites sommes

Les arrivées massives d'or de Californie puis d'Australie, au début des années 1850, rendent le métal jaune abondant en France. Après un premier 10 francs au type Cérès en 1850, le gouvernement impérial complète la gamme vers le bas : le 5 francs or naît en 1854, la même année que le 10 francs à l'effigie de l'empereur. Le 5 francs or circule alors à côté de l'écu d'argent de même dénomination, bien plus encombrant.

Après le faux départ du petit module, le grand module s'impose. Paris assure l'essentiel des frappes ; l'atelier BB n'intervient qu'à partir de 1858. En 1865, la convention de l'Union latine fixe les normes communes des pièces d'or de la France, de la Belgique, de l'Italie et de la Suisse, et le 5 francs or fait partie des dénominations prévues.

La production cesse en 1868. Les pièces restent en circulation jusqu'à la Première Guerre mondiale et ne sont retirées officiellement qu'en 1928. Pour situer ce type parmi ses contemporaines, consultez les pages des monnaies françaises du XIXe siècle et des monnaies en or.

Au Havre

5 francs or Napoléon III en Normandie

Le 5 francs or de Napoléon III n'a pas été frappé à Rouen : le catalogue Le Franc (F.500 à F.502) et les tableaux de tirages ne connaissent que les lettres A et BB. Dans ses dernières années, l'atelier normand ne frappait plus que du bronze, jusqu'en 1857. Le fait régional se trouve plutôt du côté de la banque : la Banque du Havre, fondée en 1837, a été absorbée par la Banque de France en 1848 et la ville a reçu l'une de ses succursales. C'est cette même Banque de France qui, en 1855, a reversé à la refonte 888 000 petits modules, sans que l'on sache combien venaient de Normandie. L'histoire de l'atelier est racontée sur la page de l'atelier de Rouen.

5 francs or Napoléon III : questions fréquentes

Mon 5 francs or ne mesure que 14 mm : est-ce normal ?

Oui, si la pièce est datée de 1854 ou 1855 et porte la tête nue : c'est le petit module, frappé avant l'agrandissement du flan. Il est moins courant que le grand module, car une grande partie a été refondue dès 1855. Un numismate peut le confirmer lors d'une estimation gratuite.

Comment être sûr qu'il s'agit d'un 5 et non d'un 10 francs ?

Lisez le chiffre dans la couronne et pesez la pièce. Un 5 francs fait 1,61 g, un 10 francs environ 3,22 g. La taille seule peut tromper, car le 10 francs de 1854-1855 mesure 17 mm, comme un 5 francs grand module.

Existe-t-il des 5 francs or Napoléon III frappés à Rouen ?

Non. Les catalogues ne recensent que Paris (A) et l'atelier BB. Une lettre lue comme un B isolé est en général un BB dont une lettre est usée, ou un A mal frappé.

Pourquoi ne trouve-t-on aucune pièce datée de 1861 ?

La tête nue s'arrête en 1860 et la tête laurée n'est frappée qu'à partir de 1862. Aucun tirage n'est recensé pour 1861 sur ce type.

Pour aller plus loin
Sources