De 1854 à 1904, un module à éclipses
Un décret du 12 décembre 1854, mentionné par BDOR et Abacor, institue la 50 francs or. Paris et l'atelier BB commencent la frappe l'année suivante, au portrait nu de l'empereur. Le laurier apparaît en 1862 sur toutes les monnaies d'or du règne, et la 50 francs suit le mouvement jusqu'à son arrêt en 1868.
Moins d'un million de pièces impériales en quatorze ans : à l'échelle du Second Empire, c'est peu. La République, après 1870, ne relance la valeur que par à-coups avec le Génie : 1878 et 1889, deux années d'Exposition universelle, puis 1887, 1896, 1900 et enfin 1904, seule émission vraiment fournie. Pour situer la période, lisez la page consacrée aux monnaies du XIXe siècle.
Avers, revers, date : la méthode
À l'avers, distinguez trois figures : l'empereur sans couronne (1855-1859), l'empereur lauré (1862-1868), le Génie ailé (1878-1904).
Au revers, la lettre placée au bas de l'écu impérial, près de la date, indique l'atelier : A pour Paris, BB pour le second atelier retenu. Le Génie, lui, n'a jamais été frappé ailleurs qu'à Paris. Pour les autres lettres de l'époque, voyez le guide des ateliers.
Pour la date, gardez en tête les absences : pas de 50 francs en 1860 ni en 1861, aucune entre 1869 et 1877, pas de BB en 1856, 1857, 1864 ni 1865, pas de Paris en 1863. Le Génie se limite à 1878, 1887, 1889, 1896, 1900 et 1904.
La place de la 50 francs parmi les pièces d'or
Le diamètre est le meilleur repère. Le 5 francs or Napoléon III, d'environ 17 mm, et le 20 francs Napoléon III, de 21 mm pour 6,45 g, portent les mêmes portraits. La 100 francs or (35 mm, 32,26 g, mention « 100 FRS ») existe elle aussi à l'effigie de Napoléon III et au Génie. À 28 mm, la 50 francs se place entre les deux.
Deux autres pièces prêtent à confusion par leur nom ou leur dessin : le 20 francs Génie, très courant, qui réduit la scène de la 50 francs républicaine, et la 50 francs Hercule (1974-1980), une grande pièce d'argent de 41 mm. Avant 1855, la 40 francs or, de 26 mm, tenait le haut de la gamme ; sa dernière frappe date de Louis-Philippe.
Essais, flans brunis et faux
Les pièces qui sortent de l'ordinaire sont avant tout des frappes de présentation : tranche lisse et flan bruni à Paris en 1855, essais laurés à tranche lisse en 1862 et 1868, puis, pour le Génie, 30 flans brunis et deux essais en 1878 (dont un à « grande écriture ») et les 100 pièces de 1889. Abacor attire l'attention sur un problème de comptage : une partie du tirage attribué à 1866 A porterait la date 1865, ce qui laisse planer un doute sur le chiffre de 1865.
Les faux suivent la logique de la rareté : les Génie de 1887 et 1900 sont les plus exposés, qu'il s'agisse de copies en or, de pièces en métal doré ou d'une 1904 dont le 4 a été transformé en 0. Contrôles de base : 16,13 g sur la balance, 28 mm au pied à coulisse, une inscription de tranche nette et régulière, des détails fins sur le visage ou les ailes et, à la loupe, un dernier chiffre de date sans trace de reprise. Le guide des fausses pièces va plus loin.
Apprécier l'état d'une 50 francs
Les points hauts s'usent dans le même ordre que sur un 20 francs, avec un peu plus de marge grâce au module de 28 mm. Napoléon III nu-tête : cheveux au-dessus de l'oreille, pommette. Napoléon III lauré : feuilles de la couronne, qui perdent vite leurs nervures. Revers impérial : aigle, foudre, collier, aux détails fins.
Le Génie montre d'abord l'usure sur son torse et son épaule, ensuite sur les ailes et le coq ; au revers, ce sont les nervures de la couronne qui partent en premier.
Une pièce aussi lourde se marque au contact des autres : tranche cabossée, champs marqués de chocs, défauts qui entrent dans l'évaluation de l'état au même titre que l'usure. Ne la nettoyez sous aucun prétexte. Repères : états de conservation et pourquoi éviter le nettoyage.