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Monnaies françaises · XIXe siècle

Les 50 francs or, de l'Empire à la République

1855-1904 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Le Havre · mise à jour le

50 francs or Napoléon III tête nue, avers50 francs or daté 1857, atelier de Paris (A), revers aux armes impériales
Photos : Maison Or & Bijoux.
Fiche technique
MétalOr 900 millièmes
Poids16,13 g
Or fin14,516 g
Diamètre28 mm
Années de frappe1855 à 1859 et 1862 à 1868 (Napoléon III) ; 1878 à 1904 (Génie)
AteliersA, BB sous Napoléon III ; A pour le Génie
GraveurJacques-Jean ou Désiré-Albert Barre ; Génie d'après Dupré
TrancheInscrite (relief) : DIEU PROTEGE LA FRANCE
Tirage totalNapoléon III : 764 385 + 166 989 ; Génie : 26 975 dont 30 flans brunis
RéférencesF.547 / F.548 / F.549 (Le Franc) ; Gadoury 1111, KM 785, Gadoury 1113 (d'après CoinVarieties)
Catégoriesfrançaises, or

Deux fois et demie plus lourde que le napoléon, la 50 francs or (16,13 g, 28 mm, or à 900 ‰) a été frappée de 1855 à 1904 sous trois effigies. Napoléon III en fournit presque toute la production, tête nue puis tête laurée, dans les ateliers A et BB. Le Génie républicain, réservé à Paris, ne totalise qu'un peu moins de 27 000 pièces.

Identification

Les 50 francs or, de l'Empire à la République : reconnaître la pièce

50 francs or Napoléon III tête nue, avers

Avers

Empire : Napoléon III de profil à droite, sans couronne jusqu'en 1859, lauré ensuite ; le nom BARRE est gravé sous le cou et « NAPOLEON III EMPEREUR » court autour du portrait. République : Génie ailé en train d'écrire sur une tablette, flanqué d'un faisceau et d'un coq ; autour, les mots « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».

50 francs or daté 1857, atelier de Paris (A), revers aux armes impériales

Revers

Empire : écu à l'aigle sur foudre, collier de la Légion d'honneur, manteau à l'arrière-plan ; « EMPIRE FRANÇAIS » en légende ; « 50 FR » de chaque côté de l'écu ; en bas, l'année et la lettre d'atelier. République : une couronne autour du montant et du millésime.

Tranche
« DIEU PROTEGE LA FRANCE » en relief sur les pièces courantes ; tranche lisse sur certaines 1855 et sur les essais ou flans brunis de 1862, 1868 et 1878.
Graveur
Tête laurée : Désiré-Albert Barre. Tête nue : Désiré-Albert selon BDOR et Abacor, Jacques-Jean selon CoinVarieties. Génie : gravure de Désiré-Albert Barre d'après un dessin d'Augustin Dupré remontant à 1792.
Millésimes et tirages

Les 50 francs or, de l'Empire à la République : les dates à connaître

Le tableau suit le classement de Le Franc et ne laisse de côté aucune combinaison. Sous l'Empire, les volumes se comptent en dizaines de milliers, avec un sommet de 319 501 pièces en 1857 A ; les exceptions sont 1865 A, 1868 A et 1868 BB. Sous la République, il faut attendre 1904 pour dépasser 20 000 exemplaires.

Les 50 francs or, de l'Empire à la République : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1855A151 754Tranche lisse possible
1855BB6 854Ouverture de BB
1856A96 564Atelier unique : A
1857A319 501Sommet de la série
1858A85 140
1858BB9 135Petit tirage
1859A34 025Dernière tête nue A
1859BBenviron 61 400Plus fort que A ; chiffre discuté
1862A24 418Tête laurée, première date
1862BB7 310
1863BB8 251Seul atelier actif
1864A28 682
1865A3 740Très faible, à nuancer
1866A39 155Maximum lauré
1866BB17 307
1867A11 671Moins que BB
1867BB20 437Maximum BB lauré
1868A4 223Très faible
1868BB1 795Minimum absolu, fin de BB
1878A5 294Génie, 30 flans brunis inclus
1887A301Rare (Génie)
1889A100Génie de l'Exposition
1896A800Génie, peu frappé
1900A200Génie, rare
1904A20 250Génie, dernière date

Chiffres de BDOR et d'Abacor, d'accord entre eux sauf pour 1859 A (34 025 ou 34 063) ; combinaisons selon Le Franc (8 variétés pour F.547, 11 pour F.548, 6 pour F.549). Le tirage de 1859 BB est arrondi car les auteurs divergent : 61 374 chez BDOR comme chez Abacor, 61 354 pour CGB, 61 534 pour CoinVarieties, 32 000 dans le Krause selon Greysheet. Total Génie : 26 975 avec les 30 flans brunis de 1878, 26 945 sans eux d'après CoinVarieties, qui indique d'ailleurs 6 850 pièces pour 1855 BB.

De 1854 à 1904, un module à éclipses

Un décret du 12 décembre 1854, mentionné par BDOR et Abacor, institue la 50 francs or. Paris et l'atelier BB commencent la frappe l'année suivante, au portrait nu de l'empereur. Le laurier apparaît en 1862 sur toutes les monnaies d'or du règne, et la 50 francs suit le mouvement jusqu'à son arrêt en 1868.

Moins d'un million de pièces impériales en quatorze ans : à l'échelle du Second Empire, c'est peu. La République, après 1870, ne relance la valeur que par à-coups avec le Génie : 1878 et 1889, deux années d'Exposition universelle, puis 1887, 1896, 1900 et enfin 1904, seule émission vraiment fournie. Pour situer la période, lisez la page consacrée aux monnaies du XIXe siècle.

Avers, revers, date : la méthode

À l'avers, distinguez trois figures : l'empereur sans couronne (1855-1859), l'empereur lauré (1862-1868), le Génie ailé (1878-1904).

Au revers, la lettre placée au bas de l'écu impérial, près de la date, indique l'atelier : A pour Paris, BB pour le second atelier retenu. Le Génie, lui, n'a jamais été frappé ailleurs qu'à Paris. Pour les autres lettres de l'époque, voyez le guide des ateliers.

Pour la date, gardez en tête les absences : pas de 50 francs en 1860 ni en 1861, aucune entre 1869 et 1877, pas de BB en 1856, 1857, 1864 ni 1865, pas de Paris en 1863. Le Génie se limite à 1878, 1887, 1889, 1896, 1900 et 1904.

La place de la 50 francs parmi les pièces d'or

Le diamètre est le meilleur repère. Le 5 francs or Napoléon III, d'environ 17 mm, et le 20 francs Napoléon III, de 21 mm pour 6,45 g, portent les mêmes portraits. La 100 francs or (35 mm, 32,26 g, mention « 100 FRS ») existe elle aussi à l'effigie de Napoléon III et au Génie. À 28 mm, la 50 francs se place entre les deux.

Deux autres pièces prêtent à confusion par leur nom ou leur dessin : le 20 francs Génie, très courant, qui réduit la scène de la 50 francs républicaine, et la 50 francs Hercule (1974-1980), une grande pièce d'argent de 41 mm. Avant 1855, la 40 francs or, de 26 mm, tenait le haut de la gamme ; sa dernière frappe date de Louis-Philippe.

Essais, flans brunis et faux

Les pièces qui sortent de l'ordinaire sont avant tout des frappes de présentation : tranche lisse et flan bruni à Paris en 1855, essais laurés à tranche lisse en 1862 et 1868, puis, pour le Génie, 30 flans brunis et deux essais en 1878 (dont un à « grande écriture ») et les 100 pièces de 1889. Abacor attire l'attention sur un problème de comptage : une partie du tirage attribué à 1866 A porterait la date 1865, ce qui laisse planer un doute sur le chiffre de 1865.

Les faux suivent la logique de la rareté : les Génie de 1887 et 1900 sont les plus exposés, qu'il s'agisse de copies en or, de pièces en métal doré ou d'une 1904 dont le 4 a été transformé en 0. Contrôles de base : 16,13 g sur la balance, 28 mm au pied à coulisse, une inscription de tranche nette et régulière, des détails fins sur le visage ou les ailes et, à la loupe, un dernier chiffre de date sans trace de reprise. Le guide des fausses pièces va plus loin.

Apprécier l'état d'une 50 francs

Les points hauts s'usent dans le même ordre que sur un 20 francs, avec un peu plus de marge grâce au module de 28 mm. Napoléon III nu-tête : cheveux au-dessus de l'oreille, pommette. Napoléon III lauré : feuilles de la couronne, qui perdent vite leurs nervures. Revers impérial : aigle, foudre, collier, aux détails fins.

Le Génie montre d'abord l'usure sur son torse et son épaule, ensuite sur les ailes et le coq ; au revers, ce sont les nervures de la couronne qui partent en premier.

Une pièce aussi lourde se marque au contact des autres : tranche cabossée, champs marqués de chocs, défauts qui entrent dans l'évaluation de l'état au même titre que l'usure. Ne la nettoyez sous aucun prétexte. Repères : états de conservation et pourquoi éviter le nettoyage.

Au Havre

Les 50 francs or, de l'Empire à la République en Normandie

L'année 1868, dernière frappe impériale de la 50 francs et l'une des plus maigres (4 223 pièces à Paris, 1 795 à l'atelier BB), est aussi celle de l'Exposition maritime internationale du Havre. La médaille qui lui est consacrée, signée Hamel et Trotin et décrite par CGB, réunit les bustes de Napoléon III et du prince impérial, avec au revers les armes du Havre soutenues par deux dauphins. L'atelier de Rouen, en revanche, n'a jamais frappé la 50 francs or : sous le Second Empire, il ne produit plus que des bronzes, jusqu'à sa fermeture en 1858, comme le raconte la page sur l'atelier de Rouen.

Les 50 francs or, de l'Empire à la République : questions fréquentes

Ma 50 francs or est datée 1868 : est-ce une bonne date ?

C'est l'une des plus faibles de l'Empire : 4 223 pièces à Paris (A) et 1 795 seulement à l'atelier BB, le plus petit tirage impérial du module. L'état et l'authenticité restent à vérifier pièce en main.

Existe-t-il une 50 francs or frappée à Rouen ?

Non. Seuls Paris (A) et l'atelier BB ont frappé ce module. Une lettre B isolée sur une 50 francs or doit faire douter de la pièce.

Le Génie de 50 francs se rencontre-t-il souvent ?

Rarement. La date de 1904 représente à elle seule plus de 20 000 des quelque 27 000 Génie frappés ; 1887, 1889, 1896 et 1900 se comptent en centaines.

Quelle différence entre la 50 francs or et la 50 francs Hercule ?

Presque tout : la pièce d'or date de 1855-1904 et mesure 28 mm ; la Hercule, frappée de 1974 à 1980, est en argent et mesure 41 mm.