Dater la pièce en quatre gestes
- Mesurer : 35 mm et 32,26 g signent une 100 francs ; à 28 mm, c'est une 50 francs du même dessin.
- Regarder l'avers : un empereur sans laurier, c'est 1855 à 1859 ; avec laurier, 1862 à 1870 ; un Génie ailé, 1878 à 1914.
- Chercher la lettre sous les armes impériales : A pour Paris, BB pour l'autre atelier ; le Génie n'a que A.
- Lire la tranche d'un Génie : l'ancienne formule s'arrête en 1906, la devise républicaine commence en 1907.
Le guide des ateliers monétaires reprend les lettres de toutes les monnaies françaises.
Pourquoi les pièces impériales sont rares
Pour une monnaie d'or, l'Empire a peu frappé ce module : moins de 450 000 pièces en seize ans, deux types confondus. La tête laurée, de 1862 à 1870, n'atteint pas 100 000 exemplaires au total. Certaines dates de Paris descendent à quelques milliers de pièces, comme 1865 (1 517) ou 1868 (2 315), et l'atelier BB ne dépasse jamais 15 000 pièces par an.
La dernière année ajoute une perte : selon BDOR, les 10 460 pièces de 1870 ont presque toutes été refondues. La pièce elle-même avait été créée, avec la 50 francs, par un décret du 12 décembre 1854, d'après BDOR et Abacor. Le 5 francs or Napoléon III et le 20 francs or Napoléon III appartiennent à la même famille de portraits, sur de bien plus petits modules.
1907 : la tranche change, comme sur le Coq
Repris en 1878 par la République, le module reçoit le Génie de Dupré. Les premières décennies sont irrégulières : les années d'Exposition universelle, 1878 et 1889, encadrent des millésimes à quelques centaines de pièces. Puis, de 1899 à 1913, Paris frappe chaque année de 10 000 à 30 000 exemplaires environ.
En 1907, l'inscription de tranche abandonne « DIEU PROTEGE LA FRANCE » pour « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Le 20 francs or au Coq connaît le même changement la même année. Une tranche qui ne correspond pas à la date doit éveiller la méfiance.
Le millésime 1914 n'est frappé qu'en 1921, à 1 281 exemplaires, puis la loi du 25 juin 1928 sur le franc Poincaré démonétise la pièce, toujours d'après BDOR et Abacor. Les monnaies de la IIIe République présentent le reste de la période.
Essais, épreuves et imitations
Plusieurs pièces sortent de l'ordinaire. Pour 1855, Le Franc et BDOR citent une épreuve de Paris sans inscription de tranche, avec un A sur l'avers, et des essais. Pour 1861, BDOR seul décrit des épreuves sur flan bruni où une étoile remplace l'abeille du cou (cinq branches) et la lettre d'atelier (six branches). Des essais de 1862 et 1868 complètent l'Empire.
Sous la République, on relève 30 flans brunis et deux essais en 1878, une frappe sur flan bruni datée 1900, et pour 1879 deux différents : l'ancre simple et l'ancre barrée.
Les imitations existent, en or de faible titre comme en métal doré. Une pièce trop légère ou trop épaisse pour son diamètre, une teinte inhabituelle, des lettres de tranche mal alignées ou un relief mou doivent faire douter. Voir le guide pour reconnaître une fausse pièce.
Lire l'état de conservation
Napoléon III tête nue : surveillez les mèches au-dessus de l'oreille et le relief de la joue. Tête laurée : les nervures des feuilles. Revers impérial : plumes de l'aigle, faisceau du foudre, maillons du collier. Génie : l'épaule et la poitrine s'usent avant les ailes et le coq ; au revers, les feuilles de la couronne se lissent.
Les grosses pièces d'or portent aussi des chocs de manipulation, sur la tranche comme dans les champs. Même sans usure, de nombreuses marques font baisser l'état. Ne cherchez pas à nettoyer la pièce. Le guide des états de conservation détaille la méthode ; la page sur le nettoyage des pièces dit pourquoi s'en abstenir.
Même nom, autre pièce
Trois pièces au moins portent la même valeur sans être la même monnaie. La 100 francs or Bazor (1929-1936) mesure 21 mm pour 6,55 g et montre une tête de la République au bonnet phrygien ; elle n'a jamais servi dans la vie courante. Les 100 francs en argent commémoratives de 1982 à 2001 et les 100 francs en or de collection de la Monnaie de Paris sont des émissions modernes. Monaco a enfin frappé à Paris, sous Charles III et Albert Ier, des 100 francs or au même module, reconnaissables aux armes princières et à la mention « CENT FRANCS ».
Pour replacer la pièce parmi ses contemporaines, consultez les monnaies françaises du XIXe siècle et les monnaies d'or.